18 septembre 2016 7 18 /09 /septembre /2016 11:50

 

 

 

Résumé : Ce soir, Caumes a 17 ans et attend le déluge. Il ne sait qu'une chose : à la fin de l'année, il quittera sa ville natale pour rejoindre son frère aîné à Paris. Paris, la ville rêvée. Ce soir, Caumes a 17 ans et attend aussi le miracle qui, à son grand étonnement, survient : Esther – sujet de tous ses fantasmes – se décide enfin à lui adresser plus de trois mots, à le regarder droit dans les yeux et à laisser deviner un « plus si affinités »... Nous sommes le mardi 6 janvier 2015 et le monde de Caumes bascule : le premier amour s'annonce et la perspective obsédante de la « première fois ». Sauf que le lendemain, c'est la France qui bascule à son tour : deux terroristes forcent l'entrée du journal Charlie Hebdo et font onze victimes...
 

 

 

Dans ce roman, on suit donc Caumes, lycéen de 17 ans, durant 6 jours. Six jours durant lesquels il vit son premier amour. Six jours de janvier 2015 où la France bascule dans l'effroi. Six jours entre amour et mort, six jours entre bonheur et terreur.

 

Le pitch me tentait beaucoup et pourtant, même s'il n'est pas mauvais, je ressors un peu déçue par cette lecture à laquelle je suis restée assez extérieure en raison de plusieurs éléments.

 

Tout d'abord il y a la langue : ça parle (faussement) djeuns, c'est parfois inutilement vulgaire ("Ma bite enfle et commence à mouiller" ou "Mes doigts seraient quand même bien plus utiles dans la chatte d'Esther") et j'ai trouvé que ce style artificiel décrédibilisait ces portraits d'ados. Ajoutons encore plusieurs dialogues (notamment entre adultes et ados) qui sonnaient tout à fait faux à mon oreille, et vous comprendrez que j'ai eu du mal à me laisser porter par l'histoire.

 

Quant aux personnages, si j'ai beaucoup aimé le personnage d'Esther, sa sensibilité et son humour, je les ai trouvés trop caricaturaux : on a Hakim, l'Arabe racketé et harcelé, Caumes, le petit Français bien blanc, Esther, l'amoureuse juive, Kevin le complotiste, sans oublier Nicolas, le petit facho-raciste-FN de service. Je comprends bien qu'à travers tout cela, l'auteur nous raconte la mixité sociale de la France, mais j'ai trouvé que ça manquait de finesse.

 

Quant à la réflexion sur le rôle des médias, sur cette overdose d'informations qui anesthésie la population devant son téléviseur, elle est intéressante mais reste en surface, tout comme cette réflexion sur le vivre ensemble et la France "black-blanc-beur" : survolé.

 

Je me rends compte que j'énumère ce qui m'a dérangée mais que j'oublie de vous dire que c'est quand même une jolie histoire d'amour ("Comment garder le goût d'un baiser ?") et que ça touchera plus d'un lecteur de revivre ces terribles jours noirs de janvier 2015.

 

En bref, il n'y a pas eu d'étincelle entre ce roman et moi.

 

 

Ma note :

 

 

D'autres avis : tous les lecteurs sont unanimes, coup de coeur pour Karen ICI, Pretty Books a adoré ICI, un énorme coup de coeur pour Kaecilia ICI, une claque monumentale pour Mademoiselle Bouquine ICI, et un coup de coeur pour Enjoybooks ICI.

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12 septembre 2016 1 12 /09 /septembre /2016 15:28

 

 

 

 

Résumé : Ils sont gardiens de la paix. Des flics en tenue, ceux que l’on croise tous les jours et dont on ne parle jamais, hommes et femmes invisibles sous l’uniforme. Un soir d’été caniculaire, Virginie, Érik et Aristide font équipe pour une mission inhabituelle : reconduire un étranger à la frontière. Mais Virginie, en pleine tempête personnelle, comprend que ce retour au pays est synonyme de mort. Au côté de leur passager tétanisé, toutes les certitudes explosent. Jusqu’à la confrontation finale, sur les pistes de Roissy-Charles-de-Gaulle, où ces quatre vies s’apprêtent à basculer. En quelques heures d’un huis clos tendu à l’extrême se déploie le suspense des plus grandes tragédies. Comment être soi, chaque jour, à chaque instant, dans le monde tel qu’il va ?

 

 

J'ai beaucoup aimé le portrait psychologique très fin de ces 4 personnages, 3 hommes et une femme, tous remplis de désillusions chacun à leur façon. J'ai trouvé que Virginie, cette policière, sonnait très juste sous les mots d'un auteur masculin : vie de couple, vie intime, vie professionnelle... tous les pans de sa vie sont on ne peut plus crédibles et loin de toute caricature. Quant au personnage de ce réfugié Tadjik dramatiquement mutique, waouh, quelle intensité derrière ce silence.

 

Aux côtés de ces trois flics, Hugo Boris nous plonge dans un huis clos intelligent, tout en non-dits, riche en émotions, en nous donnant l'impression d'être le cinquième passager de cette voiture de police sous tension. Virginie, Aristide et Érik font juste leur travail, mais leur conscience les titille, peut-être parce que leurs propres vies ne sont pas à la hauteur de leurs aspirations : ils vont alors se mettre à tergiverser et à douter...

 

Quant à la plume, je l'ai trouvée très élégante et fluide, un vrai plaisir de lecture durant ces 32 chapitres très courts.

 

Malgré toutes ces qualités certaines, j'ai terminé ce roman avec un sentiment d'incomplètude : on découvre les personnages, on s'attache vite à eux et on les quitte abruptement, avec l'impression de les avoir juste croisés le temps de quelques tours de gyrophare, ... et on reste là les bras ballants au bord de la route.

 

 

En bref, très bien fichu, très bien écrit, mais un goût de trop peu pour moi.

 

 

Ma note :

 

 

D'autres avis : coup de coeur pour Antigone ICI, un roman passionnant pour Alex ICI, et La Fée Lit totalement convaincue aussi ICI.

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6 septembre 2016 2 06 /09 /septembre /2016 16:04

 

 

 

Résumé : À Ridgedale, petite ville aisée du New Jersey, le corps d’un bébé est retrouvé dans les bois voisins de l’université. Malgré toutes les rumeurs et les hypothèses que ne manque pas de susciter le drame, personne ne connaît l’identité de la fillette et encore moins les raisons de sa mort. Molly Anderson, journaliste indépendante récemment arrivée avec son mari et sa fille, est recrutée par le journal local pour couvrir le fait divers. Une affaire, pour la jeune femme, qui réveille un tourment douloureux. En effet, elle a perdu un bébé et ne s’est jamais vraiment remise de cette épreuve… Or, ses investigations vont mettre à jour certains secrets bien enfouis de cette petite communauté aux apparences si convenables.

 

 

Lors de la rentrée littéraire 2015, j'avais beaucoup aimé le premier roman de Kimberly McCreight "Amelia" (mon avis ICI) et c'est donc pleine d'enthousiasme que je me suis lancée dans la lecture de son second thriller.

 

Et je vous le dis tout de go, je crois que j'ai encore préféré celui-ci à son précédent !

 

Tout d'abord, parce que je trouve que l'auteur jongle parfaitement avec les genres : on est dans du thriller, mais c'est aussi un roman contemporain, et psychologique, et l'aspect Young-Adult est également présent. Un mélange des genres très agréable pour le lecteur.

 

Cette hétérogénéité est également présente dans la construction même du roman puisqu'en plus de la narration, nous avons droit à des articles de journaux et leurs commentaires en ligne, des retranscriptions de séance chez le psy, des chats estudiantins, ou encore des extraits de journal intime, de quoi rendre l'ensemble très dynamique.

 

Ajoutons encore que les personnages sont habilement développés ce qui fait qu'on entre en empathie immédiate avec eux, que ce soit Molly, Sandy () ou même Jenna (un peu moins Stella et Barbara ). En outre, le suspense est très bien maîtrisé car une fois découverte la terrible scène du prologue (un bébé assassiné), on ne peut s'empêcher d'échafauder mille et une hypothèses et chaque protagoniste devient un suspect potentiel aux yeux du lecteur, ce qui rend ce thriller vraiment très addictif !

 

 

En bref, je me suis régalée.

 

 

Ma note : 4 b pn

 

 

Et si vous avez envie de lire ce roman, ça tombe bien, vous pourrez peut-être gagner un exemplaire via les matchs de la rentrée littéraire de Priceminister par ICI !

 

 

  

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5 septembre 2016 1 05 /09 /septembre /2016 10:04

 

 

 

Oyé Oyé

 

Ça y est, Priceminister revient avec ses "matchs de la rentrée littéraire", cru 2016.

 

Je participe aux matchs depuis leur création, et cette année est un peu particulière pour moi car on m'a demandé d'être l'une des marraines de cette édition . Quel honneur et quel bonheur ! C'est pourquoi depuis juillet, j'enchaîne avec joie les lectures de la rentrée littéraire, afin de trouver 3 romans qui me semblent à la hauteur pour vous plaire et pour être dignes de ces matchs.

 

Je vous rappelle le principe des matchs : vous choisissez 1 roman parmi ces 15 titres de la rentrée littéraire (3 titres choisis par chacune des 5 marraines), et après le tirage au sort, vous aurez peut-être la chance de faire partie des centaines d'heureux élus (de France, Belgique, Suisse et Luxemboug) qui recevront ce roman gratuitement, en l'échange d'une critique.

 

Ma sélection

 

(hé oui, pour une fois vous voyez ma tête puisque j'ai du faire

des photos pour le site Internet de l'opération)

 

Pourquoi ces 3 titres ?

 

 

"Chanson douce", parce que l'atmosphère de ce roman est noire à souhait : un malaise palpable et quelques scènes aussi anodines que glaçantes.

Mon avis : ICI

 

 

 

 

 

 

"Là où elle repose" parce que j'ai encore préféré ce roman à "Amelia" (1er roman de l'auteur) et que j'ai trouvé que c'était un thriller très addictif offrant une belle galerie de personnages.

Mon avis : ICI

 

 

 

 

"Je m'appelle Leon" parce que c'est un premier roman et qu'il mélange habilement rires et larmes pour offrir un récit très touchant.

Mon avis : ICI

 

 

 

 

 

 

 

 

Et les 12 autres romans …?

 

 

Retrouvez dès maintenant les sélections des autres marraines sur leur blog (en cliquant sur leur nom) : Leiloona, Antigone, Sylire et Moka. Et sachez que nous avons toutes mis beaucoup de soin, de sérieux et de coeur pour choisir cette sélection dont la grande variété n'est pas due au hasard. Et encore un énorme merci à Alexia et Leiloona pour leur confiance, car c'est une très belle aventure que vous m'avez offerte.

 

Pour les règles de participation, les délais, le formulaire d'inscription, et toutes les modalités, c'est sur le blog de Priceminister que ça se passe :  ICI.

 

Et s'il vous plaît, n'oubliez pas de me dire en commentaire ce que vous allez choisir comme titre, je suis trèèèès curieuse de le savoir

 

 

 

 

Enfin, un petit bonus, Monsieur Cajou a du jouer au paparazzi pour réussir à obtenir un cliché "satisfaisant" pour envoyer à Priceminister, avec des poses naturelles ou pas du tout, souriante ou pas du tout, avec les yeux ouverts ou pas du tout, bizarre ou pas du tout, sérieuse ou pas du tout, figée ou pas du tout, avec les cheveux hors du visage ou pas du tout, etc. ... alors voilà un petit aperçu de cette séance photo

 

(et on ne se moque pas, s'il vous plaît )

 

 

 

Et n'oubliez, dites-moi en commentaire ce que vous allez choisir comme titre

 

 

 

 

 

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4 septembre 2016 7 04 /09 /septembre /2016 10:59

 

 

Hello Hello ami(e)s bibliophiles,

 

J'ai hâte d'être demain matin pour pouvoir vous parler d'un projet littéraire auquel j'ai pris part depuis juillet et qui me tient fort à coeur. Mais en attendant, voici mon In My Mailbox, avec tous les livres que j'ai adoptés ces derniers jours.

 

 

Police, rentrée littéraire chez Grasset, parce qu'Antigone a adoré.

 

Une bouche sans personne, rentrée littéraire chez Aux forges de Vulcain, parce que Noukette a adoré.

 

Mauvais coûts, rentrée littéraire chez La Fosse aux Ours, parce que j'ai vu passer plusieurs avis hyper élogieux, que le résumé me plaît beaucoup et que j'adore cette couverture.

 

Le bal mécanique, rentrée littéraire chez Anne Carrière, parce que Stephen Carrière m'a donné une furieuse envie de le lire avec ses statuts Facebook.

 

Les contes défaits, rentrée littéraire chez Belfond, parce que Julie D. en a parlé avec des mots auxquels je ne pouvais pas résister.

 

Coeurs Artificiels, rentrée littéraire chez Bragelonne, parce que le résumé de ce roman SF est irrésistible.

 

Elephant Island, parce que La Fée Lit m'a appris que cet auteur était liégeois et que le résumé m'émeut.

 

Olivia de Dorothy Bussy, parce que j'ai complètement craqué sur son résumé lors de notre virée librairies avec les "lectrices belges compulsives"

 

 

Et chez vous, qu'est-ce qui est arrivé cette semaine ?

 

Bonne rentrée à tous mes collègues enseignants et bonne semaine à tous les autres !

 

 

 

 

 

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3 septembre 2016 6 03 /09 /septembre /2016 14:48

 

 

 

 

Résumé : « J’ai passé plus de temps que toi sur cette Terre. Et notre différence, c’est que moi, je t’ai perdue. C’est parce que j’ai continué à vivre que je le sais. J’ai voulu être seul souvent pour être avec toi. Il faut bien donner son temps aux amours invisibles. S’en occuper un peu. Encore maintenant je me demande comment tu vas. Ce que tu fais. Je cherche de tes nouvelles. J’invoque la colère pour que tu la calmes. Quelques rires où tu me rejoindrais. Et le soleil a changé, puisqu’il manque une ombre. Mais je suis heureux. Et c’est à ton absence que je dois de le savoir. ». Le temps d'une nuit, le narrateur est visité par sa femme disparue sous les coups d'un homme. Il lui parle et l'emmène dans une déambulation dans les rues parisiennes. Sur les lieux de leur amour et de leurs déchirures, il s'adresse à elle et convoque, au fil de pages intenses, les blessures et les joies de leur destinée tragique, leurs souvenirs communs, leur fils merveilleux et la difficulté de vivre sans elle.

 

 

 

 

Dans ce petit livre (170 pages), Samuel Benchetrit s'adresse à Marie Trintignant, disparue depuis 13 ans déjà, et il lui livre ses pensées, ses peurs, et ses questionnements. Il y est question du passé et du présent, mais n'espérez pas trouver entre ces lignes des révélations ou des détails sordides. Car Samuel y parle surtout (très bien) d'amour... pour Marie, pour son fils, pour A., pour la vie, ou pour la nuit. Et même si forcément ce récit est très intime (on y reconnait aisément tous les protagonistes malgré la discrétion de l'auteur), il est aussi très pudique. Intime et universel aussi puisque ces thèmes nous touchent tous un jour ou l'autre : la perte, la tristesse, l'absence et la douleur.

 

Si le contenu est forcément émouvant, c'est néanmoins surtout la plume qui m'a touchée. C'est très parlé tout en étant très écrit, comme une parole spontanée, magnifiée par un vernis poétique. J'ai eu l'impression de lire un monologue, vif et hanté, et parfois apaisé. Des phrases courtes, très très courtes, de la narration, quelques dialogues, beaucoup de non-dits aussi... et des allusions qu'on ne peut pas toujours comprendre car elles n'appartiennent qu'à cet homme et à son histoire.

 

L'ensemble se lit d'une traite, c'est lancinant et poétique, c'est triste mais c'est beau. Tantôt comme un cri d'amour susurré à l'oreille. Tantôt comme un mot d'amour hurlé à pleins poumons.

 

En bref, un très touchant moment de poésie douce-amère.

 

 

Ma note : 4 b pn

 

 

 

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26 août 2016 5 26 /08 /août /2016 03:22

 

 

 

 

Résumé : Nord de la Californie, fin des années 1960. Evie Boyd, quatorze ans, vit seule avec sa mère. Fille unique et mal dans sa peau, elle n'a que Connie, son amie d'enfance. Lorsqu'une dispute les sépare au début de l'été, Evie se tourne vers un groupe de filles dont la liberté, les tenues débraillées et l'atmosphère d'abandon qui les entoure la fascinent. Elle tombe sous la coupe de Suzanne, l'aînée de cette bande, et se laisse entraîner dans le cercle d'une secte et de son leader charismatique, Russell. Caché dans les collines, leur ranch est aussi étrange que délabré, mais, aux yeux de l'adolescente, il est exotique, électrique, et elle veut à tout prix s'y faire accepter. Tandis qu'elle passe de moins en moins de temps chez sa mère et que son obsession pour Suzanne va grandissant, Evie ne s'aperçoit pas qu'elle s'approche inéluctablement d'une violence impensable...

 

 

"The Girls" est le premier roman d'Emma Cline, et je pense qu'il va faire grand bruit dans cette rentrée littéraire tant il est souvent percutant, notamment en raison de son sujet. En effet, l'auteure a choisir de s'inspirer librement de la tristement célèbre secte de Charles Manson.

 

Ce roman psychologique nous propulse donc en 1969, près de San Francisco, dans cette vague de vie en communauté, où règnent amour et harmonie, sexe et drogues à gogo et liberté insolente. On y découvre Evie, une jeune fille sans éclat de 14 ans, mal dans sa peau, à la vie  morne, qui va croiser le chemin d'une bande de jeunes filles, nimbées d'une aura mystérieuse, presque surnaturelle et magnétique. Et Evie, flattée et grisée par cet intérêt, constitue une proie idéale et une cible enthousiaste pour Russel, gourou solaire, admiré et idolâtré.

 

Et cette histoire est servie par une plume très belle, tout aussi soignée que maîtrisée (bravo au traducteur), mais surtout très forte, car l'auteure réussit très rapidement à plonger le lecteur dans un état de malaise poisseux et collant (que j'ai beaucoup aimé), qui ne se dissipera pas avant d'avoir tourné la dernière page.

 

En effet, ce roman est tout sauf lisse : on est toujours dans l'avidité, le besoin, la pulsion, et l'excès. L'atmosphère est souvent malsaine et dérangeante, et certaines scènes sont dures, comme celle d'une adolescente offerte dans l'espoir d'un contrat, ou celle d'une fillette qui prend de l'acide. Un livre à ne pas mettre entre des mains innocentes.

 

Cependant pour que ce roman m'emporte, il m'a manqué un rythme plus resserré car j'ai trouvé que certaines parties tiraient un peu en longueur, perdant ainsi parfois un peu mon intérêt, et me donnant l'impression d'observer cette histoire en spectatrice plutôt que de la vivre comme je l'aurais souhaité.


En bref, un premier roman fort.

 

 

Ma note :

 

 

Pour Noukette, avec qui je partage cette lecture, c'est "féroce et brillant, à lire d'urgence !". Son avis complet ICI.

 

D'autres avis : Pretty Books a abandonné sa lecture à cause du malaise ressenti ICI, Léa Touch Book a apprécié ICI et un coup de coeur à lire d'urgence pour Tachas ICI.

 

 

 

"Pauvre Sasha. Pauvres filles. Le monde les engraisse

avec des promesses d'amour. Elles en ont terriblement

besoin et la plupart d'entre elles en auront si peu"

(p. 142)

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24 août 2016 3 24 /08 /août /2016 07:00

 

 

 

 

Résumé : Leon, 9 ans, est un garçon courageux. Quand un jour sa mère n’arrive plus à se lever le matin, il s’occupe de son demi-frère Jake. Quand l’assistante sociale emmène les deux garçons chez Maureen au gros ventre et aux bras de boxeur, c’est lui qui sait de quoi le bébé a besoin. Mais quand on lui enlève son frère et qu’on lui dit que chez ses nouveaux parents il n’y a pas de place pour un grand garçon à la peau sombre, c’en est trop... [résumé éditeur coupé car il en dit trop]

 

 

Entre ces pages, vous croiserez un BMX rouge, des Raiders, un cou du dos, des Actions Man, des pièces de 10 pence chapardées ça et là, des risque-le-coup, un kanetsune, des graines d'Haricot d'Espagne Empereur Ecarlate, une zèbre, des jardins partagés ou encore un Ours qui s'essuie le cul sur un Lapin (si, si !)... Et tout cela ne manquera pas de vous donner le sourire malgré le triste destin de ce petit homme.

 

Heureusement, sur la plaie béante qu'est la vie de Leon, Monsieur Devlin, Maureen, ou encore Tufty viendront coller des petits bouts de sparadrap d'affection et de bienveillance pour le rafistoler chacun à leur façon, parfois bourrue, parfois maladroite, parfois grossière, mais toujours sincère. Des personnages secondaires attachants, tous un peu originaux et "bras cassés". Et évidemment, vous serez touché par ce petit garçon de presque 10 ans qui aime sa maman (complètement paumée, égoïste, et inconsciente) envers et contre tout, et qui est viscéralement lié à son tout petit frère, Jake, qu'il aime d'un amour magnifique. Vraiment une belle histoire de liens fraternels, très émouvante.

 

Alors, oui, il y a quelques longueurs par ci par là, puis c'est parfois un peu fantasque dans le côté décalé des personnages secondaires, mais c'est tout de même une jolie bouffée de tendresse que nous offre Kit de Waal. Je pense d'ailleurs que c’est un roman qui séduira de nombreux lecteurs car il oscille habilement entre le drame et la légèreté, ainsi qu’entre le désespoir et l’espoir.

 

En bref, vous allez être touché par ce petit Leon !

 

 

Ma note : 4 b pn

 

D'autres avis : Argali beaucoup apprécié ICI, tout comme Lectriceinthetrain ICI.

 

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22 août 2016 1 22 /08 /août /2016 10:45

 

 

 

Résumé : Lorsque Myriam, mère de deux jeunes enfants, décide malgré les réticences de son mari de reprendre son activité au sein d'un cabinet d'avocats, le couple se met à la recherche d'une nounou. Après un casting sévère, ils engagent Louise, qui conquiert très vite l'affection des enfants et occupe progressivement une place centrale dans le foyer. Peu à peu le piège de la dépendance mutuelle va se refermer, jusqu'au drame. À travers la description précise du jeune couple et celle du personnage fascinant et mystérieux de la nounou, c'est notre époque qui se révèle, avec sa conception de l'amour et de l'éducation, des rapports de domination et d'argent, des préjugés de classe ou de culture. Le style sec et tranchant de Leïla Slimani, où percent des éclats de poésie ténébreuse, instaure dès les premières pages un suspense envoûtant.

 

 

Aujourd'hui, mon avis sur un titre de la rentrée littéraire de chez Gallimard, un roman qui n'a de doux que son titre, car si c'est une berceuse, elle appartient définitivement au monde des contes horrifiques.

 

"Le bébé est mort", c'est de cette façon que s'ouvre "Chanson douce", et grâce à l'écriture tranchante de l'auteur, on a l'impression d'être plongé de force au coeur de cette scène de crime, un peu comme si on se trouvait dans la lumière agressante des flashs d'appareil photo des enquêteurs.

 

Mais plus que l'histoire de ce terrible drame annoncé dès les premiers mots, c'est le chemin qui a mené là que nous conte avec talent Leïla Slimani. Le fait de savoir comment tout va se terminer n'enlève rien à la tension dramatique car le mystère et le suspense ne font que s'épaissir au fil de notre rencontre avec ces personnages. L'atmosphère est pesante, de plus en plus étouffante, et le malaise palpable de l'appartement finit par envahir complètement le lecteur.

 

Les personnages ne sont pas manichéens et l'auteur ne tombe pas dans le jugement, elle nous offre des portraits justes et nuancés. A commencer par celui de Louise, celle dont le visage est comme une mer paisible dont personne ne pourrait soupçonner les abysses. Car si au début elle apparait comme la perle rare indispensable, petit à petit, le lecteur découvre sa part d'ombre, effrayante, derrière des choses aussi anodines qu'un ongle qui gratte un carreau, une partie de cache-cache ou une carcasse de poulet. Glaçant.

 

Puis derrière ce drame, il y a une réflexion intéressante sur l'argent et le temps, sur la solitude, et surtout, sur toutes ces domestiques, souvent étrangères, plus ou moins bien traitées par leurs patrons choisissant de satisfaire leurs ambitions professionnelles, parfois au détriment de leur vie de famille.

 

En bref, un roman aussi dérangeant que prenant.

 

Ma note : 4 b pn

 

 

D'autres avis : uniquement des avis enthousiastes sur Babelio ICI et un coup de coeur pour Myriam Leroy ICI.

 

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18 août 2016 4 18 /08 /août /2016 07:00

 

 

 

Résumé : New York, Greenwich Village, années 1970. Rainey Royal, quatorze ans, habite une maison autrefois élégante mais aujourd'hui délabrée. Elle vit avec son père, musicien de jazz culte, qui mène une existence bohème dans cette grande demeure ouverte à tous. Sa mère ayant déserté le foyer pour aller vivre dans un ashram, Rainey est livrée à elle-même, proie facile pour les protégés de son père qui vont et viennent dans la maison. À l'extérieur, l'adolescente rebelle se révèle forte et cruelle, violente même, jouant du pouvoir de séduction qu'elle exerce sur les autres pour trouver son chemin.

 

 

Dans ce premier roman, Dylan Landis nous offre un aller simple direct pour le New York bohème des années 1970 : les odeurs de bois de santal et de rose thé, le jazz et l'art omniprésents, le vent de liberté, la vie en communauté, sex & drugs... on s'y croirait. D'ailleurs, j'ai souvent eu l'impression -notamment en raison des nombreuses ellipses- de parcourir un album photo rempli de polaroïds délicieusement vintages, comme des instantanés de vie. Immersion garantie.

 

Cette histoire repose entièrement sur son héroïne, Rainey Royal, que l'on rencontre à 14 ans et que l'on voit grandir pendant une douzaine d'années. Jeune fille délaissée (c'est le moins qu'on puisse dire) par sa famille, qui se cherche et qui veut à tout prix vivre des émotions fortes. Elle est sublimissime (et elle le sait), une déesse à la beauté sauvage et étincellante qui a un besoin viscéral de susciter le désir et d'être au centre de l'attention. La tentation incarnée. Elle dégage un parfum de scandale et elle hypnotise tout son entourage : tous succombent au charme vénéneux de Rainey. Provocante, attachante, troublante, énervante, fascinante, effrayante, bouleversante, insolente... Rainey Royal est un personnage qui ne vous laissera pas indifférent. On a parfois envie de la baffer ou de la secouer, mais on a surtout envie qu'elle trouve son bonheur.

 

Certaines scènes sont dures, dont une qui m'a particulièrement heurtée, celle de la réaction d'un père face à un événement que vit sa fille. Un coup de poing dans le ventre du lecteur. Speechless. Et si j'ai aimé cette atmosphère parfois malsaine, il me faut toutefois souligner que cela en fait un roman qui ne plaira pas à tous les lecteurs.

 

Mon seul regret sera un petit goût de trop peu, j'aurais tellement voulu en apprendre encore davantage sur Rainey, Leah et Tina, j'aurais voulu que l'album ait encore quelques pages.

 

En bref, un portrait intense d'une jeune femme des années 70.

 

 

Ma note : 4 b pn

 

 

D'autres avis : un coup de coeur chez Le Chat du Cheshire ICI, et Léa Touch Book moins convaincue ICI.

 

Et pour Rainey, une peinture-patchwork de Sainte Cath(erine) de Bologne, patronne des artistes peintres.

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15 août 2016 1 15 /08 /août /2016 16:01

 

Hello Hello,

 

Voilà déjà quelques semaines que je n'ai pas fait d'"In My Mailbox" mais durant ces 15 derniers jours de vacances dans le Sud-Ouest de la France, ma boite aux lettres s'est bien remplie, et j'ai trouvé tout ceci à mon retour (de quoi adoucir la fin des vacances).

 

 

 

Et voici donc en images les titres de la rentrée littéraire qui ont rejoint ma pile à lire : certains sont déjà lus, d'autres en cours de lecture, et mes billets commenceront à arriver dès le 18 août, ouverture officielle de la rentrée littéraire 2016.

 

 

La ronde des livres

 

Et des photos individuelles

 

 

 

Si vous voulez connaître les résumés et les dates de sortie, ou si vous avez envie de  découvrir les 50 romans de la rentrée littéraire qui me font le plus envie, c'est dans ce billet : ICI.

 

 

Je vous souhaite un bon lundi férié et bonne fête à toutes les Marie,

 

Cajou

 

 

 

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12 août 2016 5 12 /08 /août /2016 11:02

 

 

 

 

 

Résumé : S’il fallait décrire Juliette en un seul mot, transparente serait sans nul doute le bon. Oui, c’est ça, transparente. Depuis qu’elle est toute petite Juliette a toujours fait ce que l’on attendait d’elle. Pour ne pas déplaire, pour ne pas décevoir. Mettant de côté ses rêves et celle qu’elle est vraiment. Résultat, à 30 ans, elle mène une vie sans relief et ennuyeuse au possible. Une vie dans laquelle choisir entre lasagnes et sushis est un événement. Pourtant, elle se sent de plus en plus à l’étroit dans cette vie, dans cette peau. Elle a envie de crier qu’elle n’est pas cette fille sans personnalité. Elle a envie d’aborder celui qu’elle croise tous les jours dans son immeuble. Pour lui dire qu’il lui plait. Et par dessus tout, elle a envie d’enfin réaliser son rêve, celui de devenir écrivain. Il n’est jamais trop tard pour devenir soi. C’est ce que va découvrir Juliette au détour d’un merci, un merci de trop. Même si elle est loin d’imaginer ce qui va en découler !

 

 

J'ai eu envie de lire ce premier roman de Carène Ponte car je pensais qu'il serait parfait pour la saison : une petite comédie romantique comme je les aime pour la plage, sucrée et légère. Et je suis désolée de dire que, alors que mes attentes étaient quasi nulles (juste passer un agréable moment), j'ai été déçue par cette histoire, que j'ai trouvée non pas légère mais totalement creuse. A l'instar de son héroïne, ce roman m'a semblé inodore, incolore et insipide.

 

L'histoire est remplie de clichés plus lourds les uns que les autres : sur les relations entre chef/employé, sur le célibat, sur la grossesse, sur le métier d'auteur, sur l'amour, sur l'amitié... 240 pages avec du déjà vu, vu, revu et re-revu, sans qu'aucune scène n'apporte sa touche personnelle et inédite (bon, la rencontre entre les parents de Juliette et le pseudo-futur-père pourrait être qualifiée d'inédite si elle n'était pas autant tirée par les cheveux).

 

En fait, l'ensemble m'a donné l'impression d'un Bridget Jones de série Z. L'humour semble toujours forcé (mention spéciale à ces notes de bas de page pseudo-drôles, qui font presque pitié) et les situations pseudo-cocasses n'ont même pas réussi à m'arracher un sourire.

 

Ajoutons encore que l'héroïne passe d'une fille morne et fadasse à une femme qui prend sa vie en main en un coup de cuillère à pot : ce n'est pas crédible pour un sou tant tout est sans cesse précipité, tant dans les péripéties que dans la construction du portrait des personnages et de leurs relations.

 

Et le pire, ce sont toutes ces coïncidences à 2 balles : pitié quoi, le livre en est truffé, et même si l'auteur accompagne toujours ces pathétiques heureux hasards d'un "On ne voit ça que dans les romans", ça ne suffit pas à faire passer la pilule. Je pense que c'est d'ailleurs ce point qui m'a rendu tout le reste presque insupportable.

 

En bref, j'ai terminé le front plein de rides tant j'ai passé mon temps à lever les yeux au ciel.

 

 

Ma note : 1 b pn

 

 

D'autres avis (ils sont tous très enthousiastes, partout, sur tous les blogs) : "d'une originalité extraordinaire à vous faire mourir de rire" pour MyLittleAnchor ICI, 20/20 pour L'antreduBonheur ICI, un joli coup de coeur pour LesInstantsVolésàlaVie ICI, Lecturesd'uneVie a été transporté par l'écriture ICI, un excellent moment pour CarnetParisien ICI, "un petit bijou truculent et divin" pour DesLivresetMoi ICI, coup de coeur pour Échappée Littéraire ICI, "un livre parfait pour l'été" pour Justine ICI, Ninisbook a adoré ICI, Lily est conquise ICI, 18/20 pour L'EdendesRêves ICI, et enfin, Thalyssa, pas vraiment convaincue ICI.

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Le petit grain de sel de Cajou

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1_b_pn.jpg = J'ai détesté http://smileys.sur-la-toile.com/repository/M%E9chant/fache-censure.gif
 2_b_pn.jpg= Je n'aime pas http://smileys.sur-la-toile.com/repository/Triste/tristounet.gif
 3 b pn = J'ai apprécié mais... http://smileys.sur-la-toile.com/repository/Content/smile.png
4_b_pn.jpg = J'aime http://smileys.sur-la-toile.com/repository/Amour/0060.gif
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