28 avril 2012 6 28 /04 /avril /2012 11:00

 

J’ai eu l’occasion de découvrir, pour la première fois, l’écriture de Véronique Ovaldé (« Ce que je sais de Vera Candida », « Des vies d’oiseaux », etc.) à travers ce petit roman de 73 pages, « La salle de bains du Titanic ».

 

http://www.livraddict.com/biblio/couverture/couv29123613.jpg

Le résumé m’a tout de suite plu et j’étais très curieuse de connaitre le lien entre ce dernier et le titre. Puis hier matin, j’ai lu une chronique assassine (mais vraiment assassine) de ce roman et j’ai alors eu très « peur » de ce que j’allais découvrir.  


Et bien, pour ma part, j’ai été tout à fait séduite par ce « roman » aussi court que singulier. Parce que oui, certains lecteurs parlent de 3 nouvelles, mais je préfère parler d’un roman, divisé en 3 instants, comme le dit très justement la quatrième de couverture.


Vienna aimerait redevenir une toute petite fille. Juste avant l'été de ses six ans. L'été où elle s'est perdue dans les dunes. Et où un homme l'a finalement ramenée à ses parents. Elle voudrait revenir avant. Juste avant. Avant l'été où. Et où le monde a changé sa révolution. Trois instants où s'est joué le destin de Vienna.


Et je ne vous en dirai pas plus car parler davantage de ce qui se déroule dans cette histoire serait prendre le risque de vous gâcher le plaisir tant le roman est court.


On ne peut parler de « La Salle de Bains du Titanic » sans évoquer son style tout à fait singulier. Il émane tellement de choses de ces mots que si je m’étais écoutée, j’aurais, dans ce billet, recopié des dizaines de citations. En un mot, une phrase, une page, Véronique Ovaldé créé une atmosphère ou nous décrit une scène, qui aurait nécessité 10 pages à d’autres. C’est à la fois envolé, et à la fois lourd de sens. C’est empreint de poésie mais c’est aussi tout à fait moderne dans la langue. Les mots s’envolent, mais ce qu’ils impliquent vous cloue au sol.

 

L’auteure a un talent certain pour jouer avec le non-dit, l’allusif, l’implicite et l’indicible, qui sont au cœur de la narration. Pas besoin de décrire l’horreur, pas besoin de palabrer : l’horreur se dessine d’elle-même dans les blancs du texte. Un mot, une phrase et le ciel nous tombe sur la tête tant l’image évoquée est forte, puissante, voire insoutenable. Puis il y a toutes ces parenthèses qui sont tour à tour amusantes, étonnantes, éclairantes, et qui amènent une force supplémentaire à l’histoire. On peut dire que les mots sont aussi légers que l’histoire est pesante. Et j’ai trouvé ce mélange très heureux !

 

« Tous ceux qui n’ont pas de nombril sont des martiens. C’est ce que nous avions décrété Jules et moi quand Jules avait neuf ans et moi six. » Voici les premiers mots de ce roman. Deux phrases qui suffisent à nous laisser entendre les rires des enfants, à percevoir l’insouciance et l’émerveillement face au monde. Et cette impression de puissance évocative des mots, je n’ai cessé de la ressentir tout au long de ma lecture.


Les thèmes abordés par l’histoire de Vienna sont variés, tantôt légers, tantôt lourds, parfois insoutenables. L’enfance, la maladie, l’abus, ou encore les cicatrices indélébiles.

 

Quant au titre, on en comprend le sens dans la dernière partie. Vienna n’a pas croisé de monstre de glace sur la mer, Vienna l’a rencontré dans les dunes et elle est, elle aussi, devenue naufragée de la vie.


Je sais que certains sont tout à fait imperméables au style d’Ovaldé, mais en ce qui me concerne, même si la fin m’a laissée tout à fait dubitative (huh ???), je me suis régalée de ses mots et de sa plume, malgré l’histoire dramatique qui nous est contée.


Ma note : 4 b pn


Merci beaucoup à toute l’équipe de Livraddict et aux Éditions J’ai Lu pour ce partenariat qui fut une très jolie découverte.


Voici le billet de Myiuki22 qui a trouvé ce livre sans AUCUN intérêt,

Celui de Benjamin, qui n’a pas vraiment apprécié sa lecture,

Karline qui s'est laissée bercer par ce roman,

Et enfin, celui de Lise qui, comme moi, a été tout à fait séduite.


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commentaires

Marie Claire Berthou 24/06/2012 20:36


Premier livre que je lis de cette auteure. La fluidité et la subtilité de son écriture me donnent envie de découvrir ces autres romans.


Ici, trois nouvelles correspondant à trois moments marquants de la vie de l'héroïne. Les trois sont bien reliées, d'ailleurs le titre de la troisième partie est le même que celui de l'opus....
 l'insouciance de la jeunesse bascule dans l'angoisse . Je l'ai lu très vite sans pouvoir m'en détacher, "happée" par le destin tragique de Vienna. Pas besoin d'un long opus pour y déceler
toutes les douleurs. Rien n'est dit explicitement, un livre empli  de non-dits qui en filigrane laissent transparaître petit à petit  le destin dramatique de Vienna. Et c'est d'ailleurs
l'un des points forts de ce livre qui sans conteste m'a beaucoup ému.

BenoitD67 16/05/2012 15:34


Merci pour ton commentaire et je viens donc lire ta chronique; assez semblable à la mienne effectivement.


Je n'ai pas trouvé le style si hermétique mais cela demande un peu de patience pour entrer en communion avec le texte. Et je suis certain qu'une re-lecture donnerait encore plus d'ampleur à ce
court roman.


A bientôt pour d'autres chroniques...

Cajou 17/05/2012 18:58



EN effet, nos avis se rejoignent. Et comme toi, je le relirai !


Merci pour ta visite et à bientôt :)



Ramettes 09/05/2012 21:46


J'aime bien ta chronique elle ne dévoile rien. 


Comme promis je te fais part de la publication de ma critique où j'espère ne pas trop dévoiler d'info sur l'histoire. Même si pour moi tout est dit dans la 4 e de couv.


J'ai aimé ce que je nomme un triptyque (au départ elle avait publié chaque partie dans une publication  différente). 


http://ramettes.canalblog.com/archives/2012/05/09/24224744.html


 


A bientôt


 

Elise 29/04/2012 13:40


Je ne connais pas du tout cet auteur. Pourquoi des avis aussi tranchés d'un lecteur à l'autre ? cela m'interpelle beaucoup. Et ça fait longtemps que je n'ai pas eu de lecture courte, c'est
parfait pour un voyage en train :)

Cajou 29/04/2012 21:50



Le style est vraiment tout à fait particulier donc je comprends les avis divergents... mais quand j'ai lu les avis négatifs et après avoir lu moi-même le livre, je pense que ces lecteurs n'ont
pas bien compris l'histoire... ils ont pris ça comme 3 nouvelles alors que non...


Je pense aussi que c'est une bonne manière de découvrir la plume d'Ovaldé avec ces 73 petites pages :)


Bisous bisous



Frankie 28/04/2012 19:01


Apparemment, l'histoire n'a aucun rapport avec le Titanic du titre, me trompé-je ?

Cajou 29/04/2012 00:03



Aucun rapport non, juste une phrase que dit l'héroïne au sujet de sa salle de bain et la métaphore :)
Bisous Frankie ^^



lasardine 28/04/2012 18:18


j'ai beaucoup aimé l'écriture de "Ce que je sais de Vera Candida", mon premier de l'auteur! je pense continuer alors peut être avec celui ci...

Cajou 29/04/2012 00:04



Je pense lire ce titre cette année, car j'en entends très souvent parler et j'ai très envie de relire la plume de l'auteure :)


Merci pour ta visite !



Jacqueline 28/04/2012 17:00


Une auteure qui a le sens de la formule, de la description ..... mais ..... J'ai lu "Des vies d'oiseaux" et, après un début prometteur,  j'ai peiné pour le terminer : il m'est resté une
impression de vide et d'ennui .... Pourtant le thème était intéressant, les personnages auraient pu m'accrocher .....

Cajou 29/04/2012 00:06



J'ai lu beaucoup d'avais négatifs sur "Des vies d'oiseaux", ce qui fait qu'il est tout au fond de ma PAL héhé ^^ L'avantage de celui-ci, c'est qu'il fait moins de 100 pages donc je n'ai pas eu le
temps de me lasser !


Bisous Jaqueline :)



Ys 28/04/2012 13:22


On dirait qu'il est grand temps que je découvre cette auteur.

jocelyne 29/01/2015 11:40

ouais ben moiii ausi

Cajou 29/04/2012 00:09



Les avis sur cette auteure son très variés, du pire au meilleur. Je pense que ce titre peut être une bonne façon de voir si on adhère, puisque ce ne sont que 70 petites pages. Mais 70 pages
pleines de force.


Biz Ys et merci de ta visite :)


 



Le petit grain de sel de Cajou

http://yelims1.free.fr/Animaux/Animaux23.gifPour chaque livre sur lequel j'écris un billet, j'attribue une note de plaisir (ou déplaisir) de lecture.


1_b_pn.jpg = J'ai détesté http://smileys.sur-la-toile.com/repository/M%E9chant/fache-censure.gif
 2_b_pn.jpg= Je n'aime pas http://smileys.sur-la-toile.com/repository/Triste/tristounet.gif
 3 b pn = J'ai apprécié mais... http://smileys.sur-la-toile.com/repository/Content/smile.png
4_b_pn.jpg = J'aime http://smileys.sur-la-toile.com/repository/Amour/0060.gif
 5_b_pn.jpg= J'adore !  http://smileys.sur-la-toile.com/repository/Respect/respect1.gif 

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