4 juin 2012 1 04 /06 /juin /2012 20:28

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Après « Les 10 enfants que Madame Ming n’a jamais eus »  (que j’ai beaucoup apprécié), je suis à nouveau tombée sous le charme de l’écriture, de l’imagination et de la poésie d’Eric-Emmanuel Schmitt, qui est en train de devenir un auteur cher à mon cœur.


Résumé : Paris, années 60. Momo, un garçon juif de 11 ans, devient l’ami du vieil épicier arabe de la rue Bleue, pour échapper à une famille sans amour. Mais les apparences sont trompeuses : Monsieur Ibrahim n’est pas arabe, la rue Bleue n’est pas bleue, et la vie ordinaire peut-être pas si ordinaire…


Dans ce petit roman (75 pages), ou plutôt devrais-je dire dans ce conte, vous découvrirez des personnages hautement attachants. Il y a le petit héros, Momo (Moïse), petit garçon juif qui vit un peu livré à lui-même, avec pour seul compagnon un père bien terne, et qui n'a de père que le nom. Puis il y a Monsieur Ibrahim, qui va apprendre à Momo les beautés du monde, et surtout, le sourire, qui change la vie et qui la rend si belle.


Ce petit Momo du haut de ses 11 ans est vraiment un adorable héros et le décor est planté dès la première ligne « A onze ans, j’ai cassé mon cochon et je suis allée voir les putes ». Tout un programme n’est-ce pas !


« Monsieur Ibrahim et les fleurs du Coran », c’est un livre arc-en-ciel. Il y a le père de Momo, tout triste et tout gris ; il y a Momo, un véritable rayon de soleil qui s"épanouit et qui devient de plus en plus chaleureux au contact de l’épicier, Monsieur Ibrahim, cet homme haut-en-couleurs et plein de sagesse. Puis il y a toutes les couleurs des religions, que l’auteur rassemble en un coup de cuillère à pot. Vous rosirez de plaisir, vous rougirez devant l’audace de Momo, vous aurez aussi quelques bleus au cœur … un arc-en-ciel, je vous le disais !  


J’ai un peu ressenti pour Momo la même affection que pour le petit Alan Tuvache du « Magasin des Suicides » de Jean Teulé » : des héros qui vivent, qui respirent, qui bougent, qui changent la vie, qui ne demandent qu’à être heureux, ... Et qui vous donnent le sourire !


Eric-Emmanuel Schmitt nous offre un regard différent, sans aucun tralala, sur les religions : des Chrétiens, aux Musulmans ou aux Juifs, en passant par les Derviches tourneurs. Puis il nous offre aussi de l’émotion, du rire, de la légèreté et de la profondeur, de la réflexion… le tout en 75 pages !

 

Petite digression. La seule fois où j'avais entendu parler des Derviches Tourneurs, c'était dans la chanson de Souchon que j’adore, "La vie ne vaut rien" et hasard ou pas, cette chanson sied à merveille à l'histoire de Momo ! Lui aussi, sa vie ne vaut rien, ou pas grand chose, lui aussi, il demande son avis sur la vie à Monsieur Ibrahim et, lui aussi, quand il tient les deux petits seins de ses amies de la Rue Bleue, il se rend compte que, finalement... rien ne vaut la vie. Écoutez...

 


 

Bref, je me rends compte que tout ce que je dis est assez décousu et donc, il faudra vous contenter de ces bribes et ne retenir qu’une chose : si vous avez ce livre dans votre PAL, faites-moi le plaisir de l’en sortir car en retour, vous vivrez une très jolie heure de lecture.


Ma note : 4 b pn

 


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2 juin 2012 6 02 /06 /juin /2012 21:20

 

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http://smileys.sur-la-toile.com/repository/Content/0042.gif Books On The Beach – Eté 2O12 http://smileys.sur-la-toile.com/repository/Content/0042.gif

 

C’est reparti !


Alors, qu’est-ce que c’est que ce B.O.B. ?


C’est un Challenge reposant mais enrichissant.

Un challenge où il ne faut pas acheter de livres.

Ni s’interdire d’en acheter.

Ni en lire le plus possible.

Ni respecter un thème.


Non, non, non, Books On The Beach, c’est le challenge des vacances http://smileys.sur-la-toile.com/repository/Nature/soleil-brille.gif, celui où on regarde « bosser » les autres !

 

http://smileys.sur-la-toile.com/repository/Messages/vacances-powaaaa.gif


En quoi ça consiste alors ?


Durant vos vacances, vous devez  prendre en photo les lecteurs que vous croisez au bord de la piscine, sur la plage, au détour d’un sentier en montagne, dans un camping, sur un banc dans un parc à l'ombre d'un saule-pleureur, etc. En bref, où que vous soyez en vacances ! Et ensuite, à votre retour de vacances, vous rédigez un billet avec vos photos pour présenter vos "Books On The Beach".


L’an passé, j’avais eu l’idée durant mes vacances tant j’étais étonnée d’être entourée de dizaines de lecteurs au bord de la piscine !! Je m’étais follement amusée à engager la conversation avec ces  lecteurs que je croisais (pas toujours dans ma langue d’ailleurs !) afin de leur expliquer mon blog, le challenge et ils avaient tous accepté d’être pris en photo avec leur livre (souvent je cadrais l’ambiance estivale/le livre et les mains pour éviter d’exposer sur la toile le visage de ces gentils co-lecteurs de vacances).


En 2O11, nous fûmes 3 à relever le défi et j'espère que d'autres nous rejoindront cette année. Ici, le billet de Lisalor, celui d'Argali et puis le mien.

 


Quand ? Du 1er juin (bah oui, hier) au 1er jour de l’automne, le 21 septembre 2O12.



Que faire si vous voulez participer ?

  • Vous inscrire ici-même en commentaire (entre le 1er juin et le 21 septembre donc) et je rajoute votre nom/blog dans le billet et pour échanger durant le challenge, sur le topic créé à cet effet sur Livraddict, par ICI.

  •  Au choix : présenter le challenge à l’avance sur votre blog dans un billet puis faire un second billet avec vos photos en rentrant de vacances. Ou uniquement le billet de photos à votre retour.

  • Insérer dans votre (ou vos) billet(s) le logo du challenge.

  •  Ne pas oublier votre appareil photo http://smileys.sur-la-toile.com/repository/Sport_et_loisirs/photo.gif en vacances, vous munir de votre plus beau sourire http://smileys.sur-la-toile.com/repository/Content/couleur-content-3.gif et engager la conversation http://smileys.sur-la-toile.com/repository/Divers/0001.gif avec tous les lecteurs que vous croisez pour prendre une photo du livre qu’ils tiennent entre leurs mains http://t3.gstatic.com/images?q=tbn:ANd9GcRiE-LuBW2FfzoJPzkmZA07OZOK37WWQhZbquupxk0DQByVYt5rbbVq2eE (visages ou pas visages, à vous de voir avec eux).

  •  Et en revenant de vacances, venir, si vous le voulez bien, mettre en commentaire le lien vers votre billet, que j’insérerai dans mon billet, que tout le monde puisse admirer les lecteurs de plage du monde entier !

 

J'espère que nous serons nombreuses et nombreux à partager nos photos-livres de vacances !

 


 

Liste des participant(e)s  (mise à jour le 27/07)

 

 

- Argali : Le blog d'Argali  
- Céline : Qu'importe le flacon, pourvu qu'on ait l'ivresse
- Philippe : D’un livre à l’autre --> Billet 1
- Aymeline : Au coeur de mes lectures et mes rêveries

- Lux Oxa : La fée des livres

- Stéphanie : Plaisir de Lire

- Morgouille : Les divagations livresques de Morgouille

- Sandy : C'est en lisant...

- Myiuki22 : Coeur de Libraire

- Cline 612 : A mon rythme

- Mademoiselle Globe Lectrice : Globe-Lecteur

- Hélène Choco : Littérature et Chocolat

- Patacaisse : Patacaisse 

- Alanysfolle : Unyvert  

- Ophélie : Feedback-baby 

- Syl : Thé, lectures et macarons 

- Mystig : L’oiseau-lire 

- Coffee : Coffee’s corner 

- Enna : Enna lit 

- George : Les livres de George 

- Liliba : Liliba 

- Vive les bêtises : Vive les bêtises 

- Didi : Les curiosités de Didi 

- Lisalor : Les lectures de Laure

- Mélo : Les mots de Mélo (peut-être)

- Ela : Les amoureux de la lecture (peut-être)

- Nanieblue : Quand Nanie lit (peut-être)

- Anna : Anna’s Bookshelf (peut-être)

- Métaphore : Métaphore (peut-être)

- Cajou

 

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1 juin 2012 5 01 /06 /juin /2012 15:07

 

 

Pierre Benoit est un auteur phare de la Maison Albin Michel, qui a connu un grand succès de son vivant en France. Pour commémorer le 50ème anniversaire de sa disparition, plusieurs de ses titres ont été réédités, dont celui que je viens de lire : « La Châtelaine du Liban ». Le roman a également la chance d’être préfacé par Amélie Nothomb, qui souligne notamment le fait que l’on reproche souvent aux romans « d’avoir vieilli » mais qu’elle souhaite à tous les vivants d’avoir d’aussi belles rides que celui-ci.


http://www.mollat.com/cache/Couvertures/9782226240026.jpg

 

En effet, ce roman a vieilli. Ou, plus exactement, c’est le goût des lecteurs qui a changé (quoi de plus normal en 100 ans ?). Dans « La Châtelaine du Liban », on trouve une profusion de descriptions (un peu désuètes), de longues pages contemplatives (un peu poussiéreuses) sur les paysages du Liban, sur les mœurs du pays et des officiers qui y sont exilés. L’écriture est très soignée mais je dois bien avouer que je ne fus guère emportée par cette écriture que j’ai trouvée étouffante (et même parfois fatigante http://smileys.sur-la-toile.com/repository/Endormi/fatigue-baille.gif) car elle prenait le pas sur l’intrigue elle-même. Et c’est bien là la seule critique que je puisse faire à ce livre, cette place énorme que l’auteur a donnée au Liban, à ses paysages et ses habitants, car je me suis retrouvée telle une étrangère, un peu perdue, parmi ces contrées. Mais quand on lit la préface, on comprend les raisons de cette prédominance du cadre : on y apprend en effet que Pierre Benoit a séjourné de longs mois sur place et que c’est là que son histoire a pris vie.


Résumé : Dans les années 1920, le capitaine Lucien Domèvre est muté à Beyrouth. Habitué à la vie spartiate du désert, le jeune officier est happé par un tourbillon de mondanités. Dans les cercles très fermés de cette ville cosmopolite, il croise une troublante comtesse anglaise, Athelstane Orloff, veuve d'un diplomate russe. Elle s'identifie à une célèbre aventurière anglaise du début du XIXe siècle, Lady Stanhope, au point d'habiter, comme elle, une forteresse inaccessible dans les montagnes. Fou amoureux, Lucien est prêt à tout sacrifier à cette femme fatale: sa fiancée, sa fortune, et pourquoi pas, son honneur…


Le héros de ce livre, Lucien Domèvre, est donc un jeune homme tout à fait attachant, qui se fait littéralement envouter par une croqueuse d’hommes tout à fait consciente de son charme, une femme qui mène une vie de luxe et de volupté, qui n’a que peu (voire pas) de scrupules, et qui aime à se jouer du sexe fort (qui ne l’est plus du tout en sa présence, soit dit en passant). La Comtesse Athelstane Orloff, sans conteste le personnage le plus fort du roman.


Athelstane est aussi belle et envoutante que manipulatrice et cruelle… elle est nimbée de mystère ce qui lui donne encore plus d’aura, et on comprend tout à fait qu’elle fasse tourner la tête des hommes, et tout spécialement de notre Domèvre. Pierre Benoit nous dresse là un très beau portrait de femme et il excelle dans la narration des choses de l’amour : la rencontre, la fascination, l’envie, la tentation, la passion, la jalousie… tout est conté de fort adroite manière.


Pierre Benoit nous relate également, avec tout autant de talent, la peur de l’amour finissant, les sacrifices qu’est prêt à faire l’être aimant pour ne pas perdre l’être aimé … non sans rappeler le célèbre couplet de Brel « Laisse-moi devenir l'ombre de ton ombre, l'ombre de ta main, l'ombre de ton chien ». Désolant, affligeant… et tellement triste.


Même si Domèvre et sa châtelaine prennent toute la place, mon personnage préféré fut le meilleur ami de Domèvre, l’officier Walter. Un héros, un vrai, un homme droit et intègre, un personnage éminemment viril, que j’aimerais beaucoup découvrir dans une adaptation cinématographique. Sa place n’est pas importante dans le roman en nombre de pages, mais elle se révèle tout à fait centrale dans l’intrigue. Vraiment, il m’a tout à fait charmée (miam miam, oserais-je ajouter http://smileys.sur-la-toile.com/repository/Amour/0038.gif).


Mais il n’y a pas que de l’amour dans ce roman, vous y trouverez également  des manigances, de l’espionnage, des liens familiaux, des mondanités, de l’amitié et de la camaraderie… un mélange tout à fait exotique.

 

Il me faut préciser que tout le monde ne pourra être charmé par ce roman, parce qu’il faut lui laisser le temps, parce qu’on n’est pas dans l’immédiateté de l’action, mais plutôt dans la contemplation. Amateurs  de « Quick Easy Reading », de récits modernes, de bit-lit, de littérature jeunesse légère, passez votre chemin car je doute que vous y trouviez votre compte (j’en suis même certaine).


Par contre, si vous êtes amateur de romanesque, de réalisme (au sens de celui des auteurs du 19ème siècle), de style, d’aventures et d’exotisme, de belle littérature (non que les genres précités ne soient pas beaux, loin de moi cette idée), alors vous aimerez partir à la découverte de ces paysages et de ces personnages aussi forts qu’émouvants.


Ma note : 3 b pn

 


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22 mai 2012 2 22 /05 /mai /2012 20:20

 

C’est tout à fait sous le charme de Katie que je viens vous parler de ce livre reçu grâce à Lire en Live (Nathan)et qui sortira ce 24 mai.

 

Katie Sutton, 13 ans, experte mondiale du comportement des Adultes, décide d'écrire un guide (à travers son journal) qui permettra à tous les adolescents de faire fonctionner leur Adulte.Tout va très bien pour Katie jusqu'au jour où sa mère subit une panne majeure: elle a un petit-ami ! Katie doit réparer tout ça, mais aussi s'occuper d'elle, car si elle excelle dans le fonctionnement des adultes, elle possède quelques lacunes dans son propre fonctionnement...

 

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Alors, qu’est-ce pourrait vous plaire si vous lisez ce livre ? Hé bien, beaucoup de choses.

  • Katie, une héroïne hyper attachante, un vrai petit bout de femme !
  • Brindleton, un petit village anglais paumé dans lequel tout le monde semble être lié par des liens de sang : des oncles, des tantes, des grands-mères insupportables, des cousines, et même une double cousine (la fille d'une femme mariée avec un homme dont la sœur est mariée avec le frère de son épouse et a également une fille…. Hahahah je vous ai perdu en chemin là http://smileys.sur-la-toile.com/repository/Rires/0003.gif ).
  • De l’humour : c’est drôle, drôle, drôle. J’ai souri presque tout au long de ma lecture et j’ai plusieurs fois ri tant Katie a le don de cerner le fonctionnement des Adultes.
  • Et alors, quand on ne rit pas ? Et bien on a parfois la gorge serrée d’émotion, parce que cette petite Katie nous parle avec ses mots de son quotidien, et notamment de la disparition de son papa, qui m’a tordu le cœur en 18 !
  • Une écriture spontanée, pleine de vie et rose bonbon comme la couverture.
  • Un savoureux guide qui nous explique donc comment gérer ses parents sans peine. Vous découvrirez ainsi les Modes par lesquels les parents passent avec leur progéniture : Mode Crise de la Quarantaine, Mode Stressé, Mode Compatissant, Mode Furieux, Mode Faisons Un Truc Sympa, Mode Embarrassant, Mode Bonne Figure, Mode J’ai Connu ça, etc.
  • C’est léger, frais, pétillant, sans prise de tête. Puis c’est plein de clichés mais les clichés qu’on aime : les vilains qui finissent par payer (vous savez, genre les pétasses méchantes qui sévissent en bande dans les cours de récré) et les gentils qui finissent par triompher.  Ca fait du bien de temps en temps !

 

Bref, si vous avez envie de découvrir une mini Brigdet Jones avec un regard plein de bon sens sur la vie, si vous avez envie d’une perfusion de légèreté, n’hésitez pas. Certes le public cible est plutôt adolescent (et féminin) mais je ne me suis pas ennuyée ! Puis surtout, si vous avez dans votre entourage des jeunes filles de 12 à 18 ans, je suis sûre qu’elles retrouveront toutes un peu (beaucoup) leurs parents entre les lignes du journal de Katie.



Ma note : 4 b pn

 

Puis moi, ce que je retiendrai, c’est le Mode Amour du papa de Katie. Vraiment, même si c’est une petite lecture légère sans prétention, je sais que je ne l’oublierai pas.

 


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17 mai 2012 4 17 /05 /mai /2012 15:59

 

Hier est sorti le premier roman de Karen Thompson Walker, « L’âge des miracles », aux Presses de la Cité. Petite particularité, il est sorti chez nous en avant-première (oui oui avant les USA !) avec 2 couvertures distinctes : une pour le public adulte et une autre en « Young Adult » (et si j’en crois les visuels sur Amazon, il en sera de même lors de sa sortie le 26 juin 2012 aux USA). Le livre s’est arraché chez les Éditeurs de nombreux pays et les droits cinématographiques ont d’ores et déjà été achetés.

    L'äge des miracles -YA          L-Age-des-miracles.jpg


Résumé : Et si nos journées commençaient à s'allonger, d'abord de quelques minutes, puis de plusieurs heures, jusqu'à ce que le jour devienne la nuit et la nuit le jour ?


Une journée d'octobre apparemment comme les autres, l'humanité découvre avec stupeur que la rotation de la Terre a ralenti. Les jours atteignent progressivement 26, 28, 30 heures, etc. Tandis que certains voient dans ce changement inexpliqué un signe que la fin est proche et cèdent à la panique, d'autres, au contraire, s'accrochent coûte que coûte à leur routine, comme pour nier l'évidence. Bientôt, la gravité est modifiée et certaines personnes sont touchées par un syndrome provoquant des malaises à répétition, les oiseaux sont désorientés et s'écrasent, les marées se dérèglent et les baleines s'échouent... En Californie, Julia est le témoin de ce bouleversement, et de ses conséquences sur la communauté, sa famille, et elle-même. Adolescente à fleur de peau, elle entre dans l'âge où son corps, son rapport aux autres et sa vision du monde changent : l'âge des miracles.


Entre roman d'anticipation et d'apprentissage, L'Age des miracles est un livre visionnaire sur la capacité d'adaptation de l'Homme, poussée ici à son paroxysme.

Voilà un roman qui ne pouvait sortir qu’en 2012 avec tout ce qui nous attend en décembre (la fin du monde) (ou pas http://smileys.sur-la-toile.com/repository/Content/0007.gif) (ou si http://smileys.sur-la-toile.com/repository/Triste/pas-content-54.gif).

 

C’est Julia qui nous raconte son histoire, à partir du tout premier bouleversement, un jour d'octobre : le ralentissement de la rotation de la Terre, qui a (notamment) pour conséquence l’allongement de la durée des journées. Elle nous conte cette histoire a posteriori, ce qui est un choix de narration très intelligent. En effet, au début de ces changements, Julia a 12 ans mais le fait que ce soit une Julia plus âgée qui nous raconte les faits lui donne une maturité et un regard sur les événements bien plus intéressant.


On suit plusieurs personnages dans le roman, à commencer par ses parents : son père, médecin qui semble faire face aux événements avec sérénité, et sa mère, bien plus fragile. Puis il y a les (rares) amies de Julia, mais aussi Sylvia, son professeur de piano, et enfin et surtout, Seth, le garçon qui fait battre son cœur et lui donne des papillons dans le ventre. Je dois dire que j’ai apprécié tous ces personnages, mais ils souffrent tous, selon moi, du même défaut : le manque de développement. J’aurais voulu en savoir plus sur Sylvia, sur son amie Hanna, et surtout sur Seth http://smileys.sur-la-toile.com/repository/Amour/0001.gif


Pourtant, j’ai vraiment apprécié suivre Julia, ses questionnements, ses peurs, ses doutes puis ses quêtes, de l’amitié et de l’amour. Une petite héroïne de 11-12 ans mais, comme je vous le disais, puisqu’elle nous conte les événements des années plus tard, cela nous offre un mélange intelligent de naïveté et de maturité. Bref, j’ai beaucoup aimé Julia, tant la narratrice que la jeune fille en devenir, au cœur de ces bouleversements.


Cependant, si j’ai ressenti de l’empathie pour cette Julia esseulée, j’ai trouvé le récit des événements parfois un peu trop chirurgical, manquant un brin de passion et d’intensité, que l’on aurait pu espérer davantage avec un cadre aussi dramatique et inquiétant.


Mais inquiétant, ça, on ne peut le lui enlever : le roman l’est bel et bien ! Et le tout est encore rendu plus stressant par le fait que les personnages fassent allusion à des dérèglements précurseurs de ce ralentissement : le trou dans la couche d’ozone, les virus pandémiques, des chutes d’oiseaux par centaines sans raison, ou encore la disparition en masse des abeilles… De quoi flipper un bon coup et regarder le ciel d’un autre œil durant la lecture http://smileys.sur-la-toile.com/repository/Surpris/hoo2.gif !


De plus, l’atmosphère s’alourdit au fur et à mesure (oui, un crépuscule à midi ou le soleil au zénith à minuit, il y a de quoi se sentir un peu effrayé ! http://smileys.sur-la-toile.com/repository/Surpris/yeux-ecarquilles.gif), pour devenir presque suffocante à la fin du livre, car la paranoïa qui gagne les personnages, finit par contaminer le lecteur.


Quant à la fin, elle m’a serré la gorge, et même si elle est tout à fait ouverte, j’étais assez étonnée que l’auteure ait décidé de terminer de cette façon. Je dois dire que ça m’a vraiment mis les larmes aux yeux et qu’il fut presque douloureux de me sentir aussi démunie face aux événements. Sans aucun doute la même impuissance qu’ont dû ressentir les protagonistes de cette histoire face à la toute-puissance de la Nature.


Donc, de manière générale, si je dois résumer mon ressenti (il parait que ce mot n’existe pas, je l’ai lu hier dans un billet sur un autre blog, tant pis, je l’aime bien moi) : voilà une lecture qui m’a plu et qui m’a fait pas mal réfléchir, avec de nombreux « Et moi qu’aurais-je fait ? Aurais-je été de ceux qui suivent le « rythme solaire » ? Aurais-je préféré conserver les sacro-saintes 24h pour rythmer les journées ? Une histoire que j’ai trouvée originale même si je déplore un peu le manque d’intensité et de développement des relations entre les personnages.


Un roman qui plaira donc à un large public, autant adulte qu’ado ; et si l’absence d’avenir de notre planète Terre est un sujet qui vous intéresse, ne passez pas à côté de cette lecture. Quant à moi, je ne raterai le film sous aucun prétexte.

 

Et le mot de la fin : pourvu que tout cela n’arrive jamais ! http://smileys.sur-la-toile.com/repository/Confus/3d-parano-sueur.gif


Ma note : 3 b pn1 b pn


 

Vous trouverez ici l'avis de Mélo, assez similaire au mien, puis l'avis de Stéphanie-Plaisir-de-Lire qui a été captivée par ce roman, ainsi que le coup de coeur de Alittlematterwhatever.


 

Des petits BONUS  

 

  • Un petit mot de l’auteure en vidéo :  

 
  • Trailer du livre, en VO (j’adore la voix choisie pour Julia, c’est tout à fait elle !) :
 
  • Des avis (très très positifs) sur GoodReads, en anglais (de lectrices qui ont lu les EPN, je suppose) : par ici.
  • Les 2 couvertures VO :

    the-age-of-mira1.jpg      the-age-of-mira2.jpg

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9 mai 2012 3 09 /05 /mai /2012 14:57

 

La nouvelle est un genre que j’apprécie, surtout parce que c’est très pratique pour travailler avec mes élèves. Mais les recueils de nouvelles, un amas –parfois improbable- d’histoires diverses, sans véritable fil conducteur, très peu pour moi.


Et pourtant, sans crier gare, voilà que la lecture de « Nouvelles contemporaines. Regards sur le monde » m’a totalement convaincue. Il s’agit un bref recueil (94 pages) d’une dizaine d’histoires, tour à tour contées par Delphine de Vigan (qu’il n’est plus besoin de présenter), Timothée de Fombelle et Caroline Vermalle, deux auteurs que je ne connaissais point, même pas de nom.

 

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On débute la lecture avec la nouvelle « Comptes de Noël » qui nous présente une petite fille très attachante qui surmonte les difficultés émotionnelles de son quotidien, notamment dues à l’absence de son papa, en comptant tout ce qu’elle peut. Comme pour ma lecture de « No et Moi », j’ai été tout à fait charmée par la façon de raconter de Delphine de Vigan. Puis cette fin, tellement mignonne, sur un ton tellement juste… J’ai été totalement séduite.


Ensuite, c’est Timothée de Fombelle qui prend le relai. Il nous offre 7 très courtes nouvelles, qui sont autant de photographies d’un instant, d’un moment. Un peu à la façon des « Je me souviens » de Georges Perec, on a l’impression qu’il nous conte des souvenirs de scènes aperçues çà et là.  On y trouve des petites leçons de vie, des regards plein de sagesse sur notre humanité, sur l’enfance, la précarité, ou encore le besoin de reconnaissance et d’exister à travers les yeux des autres. Et si Delphine de Vigan dans sa nouvelle arrivait sans aucun souci à nous plonger dans son histoire en quelques pages, Timothée de Fombelle réussit le pari de nous immerger dans ces bribes de destins en quelques phrases seulement.


Et enfin, la cerise sur le gâteau, c’est ma découverte de Caroline Vermalle, qui nous offre les deux dernières nouvelles du recueil. Sa première nouvelle « Un dernier tour » met en scène Gaston et Louis. Un père. Un fils. Qui ne sont pas ceux que l’on croit. La nouvelle, qui se déroule aux abords du vieux manège en bois que possède Gaston, est pleine de douceur et la fin m’a autant surprise qu’émue. Sa seconde nouvelle, la plus longue du recueil, s’intitule « La Fille du déménageur ». Alors que cette histoire ne fait que 35 pages, quand j’ai eu tourné la dernière page (et quelle ravissante dernière page http://smileys.sur-la-toile.com/repository/Amour/0016.gif), j’ai eu l’impression que je venais de lire un roman entier tant les personnages avaient pris vie durant ma lecture ! Ce père par intermittence, qui essaye de trouver le moyen de renouer le contact avec sa fille et de lui montrer combien la vie vaut la peine d’être vécue, est vraiment touchant par sa maladresse et son désarroi.  Bref, 10/10 car  mon cœur a fait BOUM à plusieurs reprises devant l’amour de ce père pour sa petite KPop de fille.


Caroline Vermalle a donc vraiment su me transporter et je reste assez stupéfaite devant son talent à créer une atmosphère, des personnages, et des émotions en si peu de mots http://smileys.sur-la-toile.com/repository/Respect/respect-prosterne.gif

 


Si je devais nommer le fil conducteur de ce recueil, je dirais que c’est un petit manuel du « Carpe Diem ». Au-delà de notre quotidien, de sa grisaille, de ses défaillances, de nos mauvaises humeurs, des coups durs, il y a tant de petits moments privilégiés, tant de bulles de légèreté, de douces attentions, de gestes gratuits… qui ne demandent qu’à être saisis, et qui rendent la vie moins dure, et même plus belle. Mais tout n’est pas rose, alors, on y trouve aussi quelques drames, comme la nouvelle de Timothée de Fombelle « Il travaille » qui ne pourra vous laisser insensible.


Et pour terminer ce billet, une qua-dé-lité-faut (pas mal hein http://smileys.sur-la-toile.com/repository/Content/0009.gif) (oui oui je m’auto-congratule http://smileys.sur-la-toile.com/repository/Rires/laugh.gif) : la force des émotions ressenties est à la mesure de la frustration engendrée par la brièveté des textes.

 

Ma note : 4 b pn

 

D'autres avis tout aussi positifs, chez Stephie et chez Leiloona.


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7 mai 2012 1 07 /05 /mai /2012 21:11

http://www.livraddict.com/biblio/couverture/couv72435664.jpg

 

Ce jeudi 10 mai sort, chez Nathan, un nouveau roman de John Green intitulé « Le théorème des Katherine ». Un auteur que je ne connaissais pas mais qui est visiblement assez connu, notamment pour son « Qui es-tu Alaska ? ».


Alors, en quelques mots, pour les pressé(e)s : c’est frais, c’est drôle, c’est léger… une jolie petite lecture détente.


Pour Colin Singleton, jeune homme surdoué, la femme idéale s'appelle Katherine. Depuis son enfance, il est sorti avec 19 Katherine… et il s'est fait larguer à chaque fois. Lorsque sa 19ème Katherine le quitte, il part noyer son chagrin dans un voyage sur la route avec son ami Hassan. Alors qu’il élabore une formule mathématique pour prédire la date de rupture avec sa prochaine Katherine, une rencontre va remettre en cause son idéologie de l’amour. Et si l’amour ne respectait pas le théorème des Katherine ?


Alors qu’est-ce qui m’a plu dans ce roman ?


Tout d’abord, de nombreux thèmes intéressants : les enfants à haut potentiel (je crois que c’est comme cela que l’on dit maintenant, parce qu’on ne peut plus dire « surdoué » ce qui est has been), les premières amours, les relations familiales, et surtout, l’amitié. Quant au côté « équations mathématiques, démonstration, théorème », héhé, ça m’a fait rire de me rendre compte (une fois de plus http://smileys.sur-la-toile.com/repository/Rires/0003.gif) que je n’étais pas douée http://smileys.sur-la-toile.com/repository/Confus/roule-yeux.gif pour lire des graphiques, des formules et autres bizarreries en tout genre (je vous rassure, on est loin du traité de mathématiques, c’est juste un aspect assez drôle -et intéressant aussi d’ailleurs- de l’histoire).


Un autre aspect qui m’a totalement séduite : la multitude de notes de bas de page, dans lesquelles le narrateur s’adresse à nous, afin de nous éclairer, de nous donner plus de détails, souvent sur un ton très drôle http://smileys.sur-la-toile.com/repository/Rires/icon_biggrin.gif. C’est vraiment très réussi et ça donne une touche de peps en plus, à une histoire qui n’en manque pas.


Ensuite, des personnages tout à fait sympathiques. En effet, j’ai pris plaisir à voir évoluer sous mes yeux l’amitié du héros, Colin, avec son meilleur ami Hassan, qui est vraiment le « good guy », l’ami fidèle, drôle, et tellement gentil (et plein de bourrelets craquants http://smileys.sur-la-toile.com/repository/Amour/0011.gif). Puis, il est tout aussi plaisant de découvrir la vie de Colin, son enfance et la découverte de ses capacités hors normes, ses premières Katherine… les flash-backs amènent vraiment une épaisseur supplémentaire au héros.


En outre, une fois n’est pas coutume, je tiens à souligner le travail de la traductrice. Vraiment, chapeau bas http://smileys.sur-la-toile.com/repository/Respect/respect-chapeau.gif. En effet, le héros, Colin, est passionné par les anagrammes et il passe son temps à en trouver par dizaine. Il excelle dans ce domaine mais il n’est pas le seul ! En effet, j’ai été vraiment impressionnée par le temps qu’a du consacrer Catherine Gibert (bah oui, citons-la !) à trouver des anagrammes en français, qui puissent s’intégrer dans le contexte !


Je dirais enfin que cette lecture jeunesse ne souffre pas du « trop simple, trop gniangnian, trop téléphoné,  etc. », ce qui m’a vraiment permis de l’apprécier sans avoir l’impression d’être prise pour une attardée.

 

Bref, une petite lecture que je ne regrette pas.

 

Ma note : 4 b pn


 

Et pour d'autres avis : MyaRosa qui a été charmée par les mêmes aspects que moi, et ApertoLibro qui est plus mitigée.



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1 mai 2012 2 01 /05 /mai /2012 10:32

 

Une fois n'est pas coutume, voici un minuscule (révolution n°1 http://smileys.sur-la-toile.com/repository/Content/0081.gif) billet, qui ne sera pas consacré aux livres (révolution n°2 http://smileys.sur-la-toile.com/repository/Content/0081.gif). Chaque année, j'espère http://smileys.sur-la-toile.com/repository/Amour/0038.gif... puis je désespère http://smileys.sur-la-toile.com/repository/Triste/0061.gif.... puis j'espère de nouveau http://smileys.sur-la-toile.com/repository/Amour/0038.gif recevoir un brin de ces si jolies petites clochettes... mais (presque) chaque année... Niet http://smileys.sur-la-toile.com/repository/Confus/spamafote.gif

 

Alors, pour toutes celles qui seront oubliées par ces Messieurs en ce 1er Mai (à moins que je ne sois la seule à ne jamais en recevoir), ...

 

Voici un petit brin de Muguet Porte-Bonheur en ce 1er Mai ♥

 

un-muguet-de-bonne-qualite-pour-ce-1er-mai_large.jpg

 

 

Et pour les quelques Messieurs qui me lisent... si vous faites partie des rustres distraits, allez, hop http://www.developpez.net/forums/images/smilies/rouleau.gif on prend sa voiture, son vélo, son chameau ou ses jambes à son cou et on file chercher un brin de clochettes à offrir à sa moitié, sa maman, sa grand-maman, etc. !

 

Bonne journée sous le soleil http://smileys.sur-la-toile.com/repository/Content/0050.gif

 

Cajou


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29 avril 2012 7 29 /04 /avril /2012 08:00

 

http://smileys.sur-la-toile.com/repository/Respect/0027.gif

http://smileys.sur-la-toile.com/repository/Respect/0027.gif

http://smileys.sur-la-toile.com/repository/Respect/0027.gif

 

Nous sommes le dernier dimanche du mois, une excellente raison de vous présenter un "In My Mailbox" http://smileys.sur-la-toile.com/repository/Content/0045.gif Comme annoncé, suite à la fin de mon challenge "Pas d'achat de livres durant 100 jours" avec Nanapomme, j'ai enfin pu valider, raisonnablement (http://smileys.sur-la-toile.com/repository/Content/0052.gif), un petit (http://smileys.sur-la-toile.com/repository/Content/0038.gif) panier Amazon !

 

Avec plaisir. Avec bonheur. Avec délectation.

 

Trève de blabla, voici les petits nouveaux arrivés dans ma PAL.

 

http://www.livraddict.com/biblio/couverture/couv25869874.gif http://www.livraddict.com/biblio/couverture/couv68438918.gif http://www.livraddict.com/biblio/couverture/couv18635050.jpg http://www.livraddict.com/biblio/couverture/couv37640807.jpg

 

http://www.livraddict.com/biblio/couverture/couv28302611.jpg http://www.livraddict.com/biblio/couverture/couv50601180.jpg http://www.livraddict.com/biblio/couverture/couv964307.jpg  http://www.livraddict.com/biblio/couverture/couv24129396.jpg

 

http://multimedia.fnac.com/multimedia/images_produits/ZoomPE/9/0/2/9782253117209.jpg http://www.livraddict.com/biblio/couverture/couv19474780.jpg  http://polars.pourpres.net/img/uploads/51mPBa9BJ9L._SL500_.jpg http://www.mollat.com/cache/Couvertures/9782258091795.jpg

 

http://www.livraddict.com/biblio/couverture/couv32149445.gif http://www.resumedelivre.eu/wp-content/uploads/2010/11/rage_couv.jpg http://www.livraddict.com/biblio/couverture/couv29123613.jpg http://www.livraddict.com/biblio/couverture/couv11383407.jpg

 

 

Du contemporain, du français, du roman, du belge, de la nouvelle, de l'italien, du classique, du jeunesse, de l'américain, de l'ovni, du thriller, de l'autrichien, de la chick-lit, de l'espagnol, du roman noir,... voilà une moisson on ne peut plus cosmopolite et éclectique !

 

Et vous, quels sont les derniers arrivages dans votre PAL ?

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28 avril 2012 6 28 /04 /avril /2012 11:00

 

J’ai eu l’occasion de découvrir, pour la première fois, l’écriture de Véronique Ovaldé (« Ce que je sais de Vera Candida », « Des vies d’oiseaux », etc.) à travers ce petit roman de 73 pages, « La salle de bains du Titanic ».

 

http://www.livraddict.com/biblio/couverture/couv29123613.jpg

Le résumé m’a tout de suite plu et j’étais très curieuse de connaitre le lien entre ce dernier et le titre. Puis hier matin, j’ai lu une chronique assassine (mais vraiment assassine) de ce roman et j’ai alors eu très « peur » de ce que j’allais découvrir.  


Et bien, pour ma part, j’ai été tout à fait séduite par ce « roman » aussi court que singulier. Parce que oui, certains lecteurs parlent de 3 nouvelles, mais je préfère parler d’un roman, divisé en 3 instants, comme le dit très justement la quatrième de couverture.


Vienna aimerait redevenir une toute petite fille. Juste avant l'été de ses six ans. L'été où elle s'est perdue dans les dunes. Et où un homme l'a finalement ramenée à ses parents. Elle voudrait revenir avant. Juste avant. Avant l'été où. Et où le monde a changé sa révolution. Trois instants où s'est joué le destin de Vienna.


Et je ne vous en dirai pas plus car parler davantage de ce qui se déroule dans cette histoire serait prendre le risque de vous gâcher le plaisir tant le roman est court.


On ne peut parler de « La Salle de Bains du Titanic » sans évoquer son style tout à fait singulier. Il émane tellement de choses de ces mots que si je m’étais écoutée, j’aurais, dans ce billet, recopié des dizaines de citations. En un mot, une phrase, une page, Véronique Ovaldé créé une atmosphère ou nous décrit une scène, qui aurait nécessité 10 pages à d’autres. C’est à la fois envolé, et à la fois lourd de sens. C’est empreint de poésie mais c’est aussi tout à fait moderne dans la langue. Les mots s’envolent, mais ce qu’ils impliquent vous cloue au sol.

 

L’auteure a un talent certain pour jouer avec le non-dit, l’allusif, l’implicite et l’indicible, qui sont au cœur de la narration. Pas besoin de décrire l’horreur, pas besoin de palabrer : l’horreur se dessine d’elle-même dans les blancs du texte. Un mot, une phrase et le ciel nous tombe sur la tête tant l’image évoquée est forte, puissante, voire insoutenable. Puis il y a toutes ces parenthèses qui sont tour à tour amusantes, étonnantes, éclairantes, et qui amènent une force supplémentaire à l’histoire. On peut dire que les mots sont aussi légers que l’histoire est pesante. Et j’ai trouvé ce mélange très heureux !

 

« Tous ceux qui n’ont pas de nombril sont des martiens. C’est ce que nous avions décrété Jules et moi quand Jules avait neuf ans et moi six. » Voici les premiers mots de ce roman. Deux phrases qui suffisent à nous laisser entendre les rires des enfants, à percevoir l’insouciance et l’émerveillement face au monde. Et cette impression de puissance évocative des mots, je n’ai cessé de la ressentir tout au long de ma lecture.


Les thèmes abordés par l’histoire de Vienna sont variés, tantôt légers, tantôt lourds, parfois insoutenables. L’enfance, la maladie, l’abus, ou encore les cicatrices indélébiles.

 

Quant au titre, on en comprend le sens dans la dernière partie. Vienna n’a pas croisé de monstre de glace sur la mer, Vienna l’a rencontré dans les dunes et elle est, elle aussi, devenue naufragée de la vie.


Je sais que certains sont tout à fait imperméables au style d’Ovaldé, mais en ce qui me concerne, même si la fin m’a laissée tout à fait dubitative (huh ???), je me suis régalée de ses mots et de sa plume, malgré l’histoire dramatique qui nous est contée.


Ma note : 4 b pn


Merci beaucoup à toute l’équipe de Livraddict et aux Éditions J’ai Lu pour ce partenariat qui fut une très jolie découverte.


Voici le billet de Myiuki22 qui a trouvé ce livre sans AUCUN intérêt,

Celui de Benjamin, qui n’a pas vraiment apprécié sa lecture,

Karline qui s'est laissée bercer par ce roman,

Et enfin, celui de Lise qui, comme moi, a été tout à fait séduite.


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27 avril 2012 5 27 /04 /avril /2012 13:31

 

A cause d’une attaque en règle de toute une série de vilains microbes de compétition, voilà presque 15 jours que je suis HS et que mon blog vit sa vie sans moi. Et pourtant, ma dernière lecture était un très joli livre, que j’ai choisi de lire exactement  100 ans après les événements qu’il nous présente : « Les enfants du Titanic », d’Élisabeth Navratil, la fille d’un des enfants qui a survécu au terrible naufrage, qui eut lieu dans la nuit du 14 et 15 avril 1912.


http://img.over-blog.com/316x450/4/06/61/84/romans-et-livres-historiques/Les-enfants-du-Titanic-1.JPG

 

Résumé : Michel Navratil se rend compte que sa jeune épouse, Marcelle, le trompe avec un fidèle ami de la famille. Blessé et furieux, il la quitte et met au point un plan : il va « kidnapper » ses 2 jeunes fils de 2 et 4 ans et monter à bord du Titanic lors de son voyage inaugural, afin d’aller refaire sa vie et faire fortune en Amérique. Les premières pages nous amènent directement sur les quais du port de Southampton et nous allons suivre les aventures de Michel et de ses deux enfants, Lolo et Monmon, jusqu’à la tragique nuit du 14 avril 1912.


Voilà un livre dont la qualité première est, selon moi, son universalité : en effet, il pourra être lu par des enfants, des adolescents, des adultes, des grands-parents,… tout le monde y trouvera son compte, car l’écriture y est simple, mais point simpliste.


L’auteure du roman, Élisabeth Navratil est donc la fille du petit Lolo Navratil et depuis l’enfance, elle est passionnée par cette tragédie. C’est donc tout naturellement qu’elle écrivit, en 1980, « Les enfants du Titanic », puis une seconde version en 1997 et enfin, cette version augmentée pour le centième anniversaire du naufrage.


Cette histoire mêle fiction et réalité, sans qu’il soit toujours possible de bien les discerner. C'est d'ailleurs plutôt un roman inspiré de faits réels qu'un documentaire pûrement historique. J’ai vraiment apprécié de lire ce que j’avais découvert sur grand écran avec « Jack et Rose » dans le désormais célèbre film de James Cameron. L’embarquement à Southampton, les salles des machines avec les impressionnantes chaudières, l’escalier majestueux et le dôme de verre, le luxe des premières classes, le capitaine Smith, le richissime John Astor et sa jeune épouse enceinte, l’orchestre, la  « Renault » de 1911 présente dans les soutes, etc. … On retrouve tous les ingrédients qui nous ont fait vibrer dans le film, mais à l’écrit. Ce roman est vraiment très bien documenté et les nombreuses notes de bas de page apportent réellement une plus-value au livre.


Et dans ce cadre, on découvre les aventures de Michel Navratil, ce père d’une trentaine d’années, qui tient plus que tout à ses 2 petits garçons et qui rêve de faire carrière dans le monde de la Haute Couture aux USA. J’ai beaucoup apprécié suivre cette histoire du point de vue masculin de ce père. Et, en outre, ses deux enfants, les petits héros du livre, sont vraiment adorables et attachants: Lolo est impressionnant de maturité malgré ses 4 ans et c’est vraiment un personnage tout à fait irrésistible. Quant au petit Monmon, qui a à peine 2 ans, il est tout aussi émouvant !


Détail, qui n’en fut pas un pour moi,  au milieu du roman, on trouve une dizaine de photos d’époque du paquebot, du célèbre Capitaine Smith mais également, et surtout, des deux petits héros, les adorables Lolo et Monmon, ce qui n’a fait que m’immerger (hum hum, pas sûre que ce mot soit bien choisi) davantage au cœur de leur histoire.

 

IMG024.jpg

Alors, même si l’on connait le dénouement avant même d’ouvrir le roman : oui, le Titanic va couler (on sait exactement à quelle minute) et oui les deux enfants vont survivre (puisque l’auteure est la fille de l’un d’entre eux), et bien, il n’empêche que le récit (surtout à partir de l'iceberg) est touchant et que je n’ai quand même pu m’empêcher d’avoir la gorge nouée. En plein naufrage, le spectacle de cet amour fraternel est poignant et les passagers vivant la scène en direct ne sont pas les seuls à avoir les larmes aux yeux !


Le seul bémol que je relèverai est le manque de crédibilité dans l'accumulation des péripéties vécues par Lolo. En effet, il est toujours au bon endroit et au bon moment : pour visiter les chaudières avec Andrews, l’ingénieur concepteur du bateau, pour faire une visite des premières classes avec le Capitaine Smith en personne, etc. Ces événements fantaisistes appartiennent clairement à la fiction et même si je comprends leur but -nous permettre de découvrir le bateau sous toutes les coutures- j’ai trouvé que c’était tout de même un peu « too much ».


J’ai aussi découvert avec ce roman que plusieurs personnes (avérées) ont eu des mauvais pressentiments, des visions, des impressions négatives, sur ce voyage inaugural du Titanic (et son éventuel naufrage), et ont préféré ne pas embarquer ou descendre à la première escale… Ça m’a vraiment donné envie de lire d’autres ouvrages sur le sujet afin d’en apprendre davantage !


Ma note : 4 b pn


Vous trouverez par ici la page Facebook consacrée à ce roman : CLIC

Et par ici, sur la page de "La Fringale Littéraire", une interview de l'auteure : CLIC

Et enfin, ici, l'avis de Noukette, tout aussi charmée que moi par cette lecture : CLIC



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13 avril 2012 5 13 /04 /avril /2012 21:44

 

Attention, ce billet contient des gros mots http://smileys.sur-la-toile.com/repository/M%E9chant/0060.gif

Vous voilà prévenus http://smileys.sur-la-toile.com/repository/Content/0045.gif

 

« La Pluie et le Beau Temps » est un roman de Lily King, paru ce 15 mars aux Presses de la Cité. Le titre et la couverture avaient tout pour me séduire et le contenu fut tout à fait à la hauteur.


Nouvelle-Angleterre, dans les années 70. A 11 ans, Daley ne connaît qu’un héros : son père, Gardiner. Il est différent des autres, il chante à tue-tête, il plonge dans leur piscine pendant les barbecues, court nu dans le jardin et, surtout, il la fait rire. Ce que Daley ne comprend pas encore, c’est que son père adoré est alcoolique. Bientôt, sa mère demande le divorce, et chacun refait sa vie de son côté. Des années plus tard, Daley sort de l’université, diplôme en poche, bague de fiançailles au doigt. Son frère l’appelle, affolé : leur père est au plus mal, elle doit revenir de toute urgence pour s’occuper de lui. La cohabitation entre Daley et son père est tumultueuse. La jeune fille comprend qu’elle est prisonnière de cette relation abusive et que, si elle veut construire sa propre vie, elle devra trouver le courage de prendre son envol…

 

http://www.renaud-bray.com/ImagesEditeurs/PG/1245/1245397-gf.jpg


Daley, c’est donc l’héroïne de ce roman. Dès les débuts, on la sent malmenée dans la relation tumultueuse qui lie son père et sa mère. Puis ils divorcent, et les choses ne font que se compliquer pour Daley, qui doit faire face à des parents peu soucieux d’elle (c'est le moins que l'on puisse dire!), qui la font endurer, inconsciemment ou non, des situations injustes. Daley est déchirée entre ses parents et c’est un personnage auquel on ne peut que s’attacher et qu’on a envie de serrer très très fort dans nos bras.


Puis il y a son père, le Héros de sa petite fille, Gardiner, ce personnage complètement irréfléchi, aussi fantasque que soupe au lait… qui se révèle en fait être un odieux connard (pardon, mais je vous avais prévenu) qui s’empresse de refaire sa vie et de faire peser la responsabilité du divorce sur les frêles épaules de sa fille. Il passe son temps à se préparer amoureusement des Vodka Martini qu’il s’enfile à longueur de journée au bord de sa piscine, il est vulgaire, il n’a aucune pudeur et en guise d’histoire du soir, il lit Penthouse (!!) à ses enfants. Ses « putain putain putain », j’ai eu envie de les lui refoutre au fond du gosier http://smileys.sur-la-toile.com/repository/M%E9chant/en-colere.gif et de lui crier « Mais comporte-toi en père, espèce de minable ! ». Toutefois, dans ce roman rien n’est blanc ou noir, et malgré toutes ces horreurs, jamais je n’ai réussi à détester ce père… car en fait, plutôt qu’un sale type, c’est avant tout un pauvre type. Comme Daley, j’ai sans cesse vogué entre répulsion et fascination vis-à-vis de ce personnage (mais + de répulsion quand même hein, connard !)


Quant à la mère, elle est moins activement néfaste que Gardiner mais sa passivité ne cause pas moins de tort à sa fille. En effet, quelle brillante idée de môman que de prévenir sa fille des semaines à l’avance de son projet de divorcer, enfermant Daley dans un secret bien trop lourd à porter pour elle.


Les parents de Daley sont donc parfois maladroits, souvent indifférents, rarement aimants, de temps en temps mesquins mais ce sont surtout vraiment 2 nazes ! Le père a une nouvelle poule avec qui partager ses beuveries, la mère a un nouveau prétendant avec qui partager sa culture. Ils refont leur vie et Daley devient la pièce du puzzle en trop. Papa 1 – Maman 1 – Daley – 0 ! Daley subit, subit, subit. Elle ne trouve qu’un peu d’évasion dans les livres, ce qui lui vaut les moqueries de son père et de sa (connasse de) belle-mère.


Heureusement, dans la seconde partie du roman, après une ellipse d’une quinzaine d’années, on retrouve Daley, jeune adulte, qui a droit à des moments d’intense bonheur, de ceux qui réchauffent le cœur, et ça fait du bien, tellement de bien… Aaah ce beau Jonathan http://smileys.sur-la-toile.com/repository/Amour/0016.gif ! Mais tout cela sera bientôt de nouveau terni par Gardiner qui est une fois de plus tombé dans les 36ème dessous et Daley va se sentir le devoir de le secourir, en mettant en danger son avenir prometteur…


Quant à la dernière partie, qui démarre de nouveau après une ellipse de 15 ans (on se retrouve durant la campagne de Barack Obama pour la présidentielle), et sur laquelle je ne vous soufflerai mot, elle très émouvante (prévoyez des mouchoirs http://smileys.sur-la-toile.com/repository/Triste/pleure4.gif), tout autant que la fin (des mouchoirs encore ! http://smileys.sur-la-toile.com/repository/Triste/pleure4.gif).


Il m’a fallu 3 jours pour arriver à rédiger ce billet et ils m’ont permis de mettre le doigt sur ce qui m’a plu dans ce roman, sur ce qui a su me faire passer du rire aux larmes, de l’amertume au sourire, de la colère à l’apaisement : c’est vraiment la façon de Lily King de traiter le thème principal de cette histoire, qui est la relation Père-Fille et il me semble que c’est l’un des sujets les plus riches et les plus touchants de la littérature… et de la vie.



Ma note : 4 b pn

 

EDIT : j'ai envoyé ce livre à Stéphanie-Plaisir-de-Lire suite à ce billet et elle a encore bien plus apprécié que moi ce livre qui l'a beaucoup touchée, voici son billet par ici.


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Le petit grain de sel de Cajou

http://yelims1.free.fr/Animaux/Animaux23.gifPour chaque livre sur lequel j'écris un billet, j'attribue une note de plaisir (ou déplaisir) de lecture.


1_b_pn.jpg = J'ai détesté http://smileys.sur-la-toile.com/repository/M%E9chant/fache-censure.gif
 2_b_pn.jpg= Je n'aime pas http://smileys.sur-la-toile.com/repository/Triste/tristounet.gif
 3 b pn = J'ai apprécié mais... http://smileys.sur-la-toile.com/repository/Content/smile.png
4_b_pn.jpg = J'aime http://smileys.sur-la-toile.com/repository/Amour/0060.gif
 5_b_pn.jpg= J'adore !  http://smileys.sur-la-toile.com/repository/Respect/respect1.gif 

= Coup de coeur !

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