24 août 2012 5 24 /08 /août /2012 13:52

 

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Je vous parle d’un autre roman de la rentrée littéraire aujourd’hui : « Nous étions faits pour être heureux », de Véronique Olmi, paru hier aux Éditions Albin Michel.


Résumé : Quand Suzanne vient dans la maison de Serge à Montmartre, il ne la remarque pas. Elle accorde le piano de son fils. Elle est mariée, lui aussi, et à 60 ans il a ce dont rêvent les hommes : un métier rentable, une jeune femme parfaite, deux beaux enfants. Pourquoi soudain recherche-t-il Suzanne qui n’est ni jeune, ni belle, et apparemment ordinaire ? Pourquoi va-t-il lui confier un secret d’enfance dont il n’a jamais parlé et qui a changé le cours de sa vie ?

 

Ce roman nous raconte donc une histoire somme toute ordinaire : une rencontre, l’amour naissant, les mensonges et les secrets, la difficulté du bonheur conjugal, etc., le tout mêlé aux blessures de l’enfance qui continuent d’habiter les adultes. Mais j’ai trouvé que cela était fait de fort jolie manière, avec beaucoup d’émotions.

 

Les phrases sont courtes, les chapitres aussi et Véronique Olmi nous offre ainsi des petits instantanés successifs de ces vies qui se croisent et se décroisent, où les gens ne sont pas heureux, mais pas tout à fait malheureux non plus. Plutôt dans une espèce de flottement où l'on marche à côté de sa vie.

 

Serge et Suzanne nous montrent qu’il suffit d’un rien, un frôlement distrait entre deux portes, pour que des existences se désaccordent. Et j’emploie ce mot à dessein parce que le texte est parsemé de mots et d’images musicales, que j’ai vraiment appréciées. Et l’auteur dépeint avec beaucoup de justesse cette émotion inexplicable, floue et exaltante qui s’insinue dans une vie de moquette et de sourdine, réglée comme du papier à musique.

 

Les choix narratifs sont également très réussis. En effet, Suzanne partage son histoire à la première personne, de façon très honnête, alors que nous découvrons Serge et sa vie dans un « il » assez distant. Mais au cœur du roman, cet homme va confier ses blessures d’enfant, encore béantes, à Suzanne en s’exprimant à la première personne. Ainsi, derrière un homme assez froid et secret, on découvre mieux qui il est, avec ces ombres du passé qui pèsent lourdement sur ses épaules, et on s’attache davantage à lui.

 

Ma seule déception réside dans la fin. Non que je n’adhère pas au sort qu’a choisi de réserver Véronique Olmi à ses personnages, mais bien parce que je trouve que ce roman ne se termine pas et qu’il lui manque quelque chose. Et je n’ai d’ailleurs pas aimé ou pas compris le rôle de ce tout dernier chapitre.


En bref, de la littérature contemporaine comme je l’aime. Même si je n'en garderai probablement pas un souvenir durable, j'ai vraiment apprécié cette lecture : une histoire contée dans la juste note, avec des personnages vrais, de la sensibilité et de la dureté, et une belle écriture.


Ma note : 4 b pn

 

Par ici, le billet de Stephie, tout aussi charmée que moi.

 

Et pour terminer, voici un extrait qui m’a touchée.

 

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Et de 2/7 dans le challenge "1% rentrée littéraire"

 

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8 août 2012 3 08 /08 /août /2012 16:00

 

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Résumé : Certains concourent pour gagner, d’autres pour survivre. » Chaque année au mois de novembre se déroulent les courses du Scorpion. Les cavaliers doivent tenir le plus longtemps possible sur leurs dangereuses montures, des chevaux de mer cannibales. Assez longtemps pour avoir une chance d’atteindre la ligne d’arrivée… et survivre. Sean Kendrick, 19 ans, tente de nouveau sa chance cette année, bien décidé à arriver le premier. Puck Connolly, quant à elle, n’aurait jamais imaginé participer un jour à la course. Mais le sort en a décidé autrement, et elle se retrouve malgré elle propulsée dans la course, à laquelle aucune autre femme n’avait encore participé. L’enjeu est grand pour ces deux adversaires que tout oppose sauf leur désir commun de remporter le plus grand des prix : la vie.


Voilà un livre qui, à première vue n’était pas pour moi car je n’aime pas les chevaux (vraiment pas du tout http://smileys.sur-la-toile.com/repository/Confus/hmm-29403.png). Alors en plus, s’ils sont cannibales comme l’annonce le résumé, voilà de quoi me couper net toute envie.


Et pourtant, et pourtant, et pourtant... j’ai savouré pages après pages ce roman. Je n’avais pas lu 50 pages que j’étais déjà complètement sous le charme des personnalités de Sean Kendrick et de Puck Connolly, ces deux jeunes orphelins qui partagent leur amour inconditionnel pour les équidés et qui participent à ces terribles Courses du Scorpion.


Mieux encore, c’est également sous le charme de toute cette mythologie des Capaill uisce (ces chevaux carnivores venus de la mer) que je suis tombée. Force de la nature, créature de l’océan, beauté et force, mystère et menace… Une très belle histoire que nous offre là Maggie Stiefvater, à partir d'une légende existante.


Mais ne vous attendez pas en ouvrant ce roman à trouver un roman masculin, trépidant, plein d’action, ou encore à la « Hunger Games », comme j’ai pu le lire dans d’autres billets. Non, pour moi, ce roman est complètement insolite en raison de son thème. Et étant donné que la majorité de l’histoire est consacrée aux préparatifs de la Course, à la découverte des personnages,  et à l’évolution de leurs relations, c’est plutôt un roman qui vous plonge dans une atmosphère -de façon très réussie- qu’un roman où ça bouge sans cesse. Notez tout de même que vu la présence des Capaill uisce et de leur indomptabilité, ça décoiffe de temps en temps, évidemment.

 

J’ai quand même trouvé dommage que la Course en elle-même ne représente que 20-30 pages et donc la fin m'a vraiment semblée trop rapidement amenée et trop « facile ».


Je voudrais également souligner le talent de conteuse de Maggie Stiefvater : je me suis sentie sur les falaises de Thisby, prenant part aux préparatifs de la Grande Course, goûtant à ces divins gâteaux de novembre (aahhhhh je veux la recette !), sentant le vent et le sel de l’Océan sur mon visage, et tremblant devant ces terribles Capaill uisce.


Une dernière remarque ? Je pense que le thème de ce roman est tellement particulier que ça peut être quitte ou double pour le lecteur. Tout ce que je peux vous dire c’est que je n’aime vraiment pas les chevaux, que je crains souvent le côté niais de la littérature jeunesse ou sa langue trop pauvre et qu’ici, rien de tout cela, juste une très belle lecture et je sais que je n’oublierai pas Puck et Sean de sitôt.


Ma note : 4 b pn


Une petite citation, juste parce que j’ai adoré : « Vous la dévorez des yeux, au point où je m’étonne qu’il reste assez de Puck pour que nous autres puissions encore la voir ».


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31 juillet 2012 2 31 /07 /juillet /2012 21:54

 

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Résumé : Eric Moore a toutes les raisons apparentes d'être heureux : propriétaire d'un magasin de photos et d'une jolie maison dans une petite ville sans problème, il mène une vie de famille épanouie auprès de sa femme Meredith et de son fils Keith, un adolescent de 15 ans. Cet équilibre parfait va pourtant voler en éclats... Un soir comme les autres, ses voisins demandent à Keith de garder Amy, leur fille de 8 ans, mais le lendemain, Amy est introuvable. Très vite, l'attention de la police se porte sur Keith et ce dernier, mal dans sa peau, se défend maladroitement. Du jour au lendemain, Eric devient l'un de ces parents qu'il a vus, à la télévision, proclamer leur foi dans l'innocence de leur enfant. Alors que l'enquête de la police se recentre autour de Keith, Eric doit lui trouver un avocat et le protéger contre les soupçons croissants de la Communauté. Mais est-il tout à fait sûr de l'innocence de son fils ?

 

 

 Voici un vrai (et bon) roman psychologique où le soupçon est au cœur de l’intrigue. Un petit peu à la Docteur House (mais en carrément moins relax), le héros en arrive à la conclusion que « Tout le monde ment » et s’installent alors le mystère, le doute,... la suspicion, jusqu’à en devenir maladive… et dévastatrice. Une suspicion qui grignote petit à petit sa vie. De l’acide puissance 10  qui ronge son quotidien.


Thomas H. Cook écrit avec talent, et les interventions du narrateur, après les événements dramatiques, amènent une intensité de plus à la narration, au stress qui monte, et surtout à cette envie irrépressible que l’on a de savoir si la petite Amy est toujours en vie et ce qui a bien pu lui arriver.


Pas de tripes, de boyaux, de sang, et pas vraiment d’enquête non plus. Plus qu’un roman à suspense, c’est un roman à tension. Et si les débuts sont assez lents, à l’image de la vie paisible qu’ils coulent tous les 4, très vite, j’ai ressenti un malaise qui me serrait le ventre et je tournais les pages de plus en plus vite, en espérant comprendre le Comment ? Le Pourquoi ? Et surtout, le Qui ?


J’ai néanmoins trouvé la fin très rapidement amenée (voire expédiée), avec un goût de trop peu qui l’a fait perdre en intensité. Mais en même temps, que dire de plus ?


Bref, j’ai apprécié cette lecture où un événement dramatique va faire, petit à petit, tomber cette petite famille bien sous tous rapports dans un gouffre sans fond.



Ma note :  3 b pn1 b pn


 

C’est Black Novel qui m’avait donné envie de découvrir cet auteur, et ce roman en particulier, qu’il qualifiait de chef d’œuvre. Je vous dirai que pour moi, ce n’en est pas un, mais tout de même un roman psychologique très bien mené ! Je lirai avec plaisir les 2 autres romans que j’ai de l’auteur, « Mémoire assassine » ainsi que « Au lieu-dit Noir Étang » paru tout récemment.

Et par ici, le joli billet "coup de coeur" de Bambi-Slaughter pour ce roman.



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22 juillet 2012 7 22 /07 /juillet /2012 08:00

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« Jane (cœur à prendre) Jones » est un roman de Joan Reeves, paru il y a peu dans la Collection Milady Romance.


Résumé : Jane revient dans sa ville natale pour les retrouvailles des anciens élèves du lycée. Sa meilleure amie lui a promis que Morgan, son premier amour, ne viendrait pas. Mais l’ancien nerd est bien là… et il a beaucoup changé. Il faisait déjà battre son coeur à l’époque et il est devenu irrésistible. Enfin, c’est ce qu’il croit. Pour Jane, pas question de céder cette fois. Morgan va quant à lui tout faire pour la reconquérir. Bien vite, les anciens élèves vont tous tomber dans une phase régressive on ne peut plus savoureuse. La nostalgie peut certes raviver des souvenirs que tout le monde souhaiterait avoir oubliés, mais elle peut aussi favoriser un retour de flamme.

 

Prérequis à la lecture de ce billet : cliquez sur « Play » http://smileys.sur-la-toile.com/repository/Musique/szic2.gif

 

 

  

Alors, certes, rien de neuf dans ce roman et tout (absolument tout) y est prévisible et cliché. De plus, aucune complication, aucune surprise, l’histoire file tout droit là où on l’attend mais j’ai envie de chanter dire : Et alors ? Mais qu’est-ce que ça fait ? http://smileys.sur-la-toile.com/repository/Content/0045.gif


Au début, j’ai trouvé l’histoire un peu plate et fade mais dès que les deux héros ont commencé à "se chercher", je me suis régalée de leurs échanges verbaux (et physiques http://vjforums.com/images/smilies/sex.gif). C’est une jolie romance, c’est frais, sans prise de tête et j’ai pris plaisir en lisant ces quiproquos, ces malentendus et surtout, ces face à face où la température monte entre Jane et Morgan.


J’ai tout simplement eu l’impression de vivre regarder une jolie comédie romantique à la télé, et la petite ville de Vernon n’était pas sans me rappeler Fairview et sa célèbre Wisteria Lane.


Un bémol ? C’est quand même vachement court et peu étoffé. Mais ça m’a permis de le savourer durant la soirée au lieu de me coltiner des trucs nazes à la télé.

 

J’ai donc passé un très bon moment de lecture, avec le sourire aux lèvres et mon petit cœur de midinette http://smileys.sur-la-toile.com/repository/Amour/0001.gif qui battait en attendant impatiemment le « Ils se marièrent et vécurent heureux ». Mais je ne vous dirai pas si ça se termine ainsi (comment ça vous savez déjà comment ça se termine ? http://smileys.sur-la-toile.com/repository/Rires/laugh.gif)


Et enfin, oui, c’est de la littérature de plage, sans aucune prétention … Et alors ? Mais qu’est-ce que ça fait ? http://smileys.sur-la-toile.com/repository/Content/0045.gif

 


Ma note : 4 b pn

 

PS : je décline toute responsabilité si cette chanson vous poursuit pour le reste de la journée http://smileys.sur-la-toile.com/repository/Rires/lolinv.gif


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12 juillet 2012 4 12 /07 /juillet /2012 13:51

 

Je viens de faire un très beau voyage « Au pays des Kangourous », en compagnie de Gilles Paris et de son petit garçon de papier, Simon.

 

Comme pour ma précédente lecture, je ne peux que vous conseiller de ne PAS lire le résumé sur la quatrième de couverture http://www.klub-beskid.com/phorum/smileys/NonNon04.gif qui en dit, à mon goût, bien trop, puisqu’il dévoile les événements d’une bonne moitié du roman.


Résumé abrégé : Simon, neuf ans, vit avec son père Paul et sa mère Carole dans un vaste appartement parisien au Trocadéro. Mais le couple n'en est plus un depuis longtemps. Paul est écrivain, il écrit pour les autres. Carole, femme d'affaires accomplie, passe sa vie en Australie, loin d'un mari qu'elle n'admire plus et d'un enfant qu'elle ne sait pas aimer. Le jour où Paul est interné pour dépression, l'enfant sans mère est recueilli par Lola, grand-mère fantasque, adepte des séances de spiritisme avec ses amies « les sorcières », et prête à tout pour le protéger…

 

http://www.livraddict.com/biblio/couverture/couv60183452.gif


WARNING : Si vous ouvrez ce roman, attendez-vous à prendre en plein dans les dents une énorme bouffée d’AMOUR. Paf, ça vous saute dessus sans crier gare, dès les premières lignes, ça fait battre le cœur http://smileys.sur-la-toile.com/repository/Amour/0016.gif et ça ne vous lâche pas avant la dernière page.


Voici d’ailleurs ces quelques mots qui ouvrent le roman et qui m’ont immédiatement charmée : « Ce matin, j'ai trouvé papa dans le lave-vaisselle. En entrant dans la cuisine, j'ai vu le panier en plastique sur le sol, avec le reste de la vaisselle d'hier soir. J'ai ouvert le lave-vaisselle, papa était dedans. Il m'a regardé comme le chien de la voisine du dessous quand il fait pipi dans les escaliers. Il était tout coincé de partout. Et je ne sais pas comment il a pu rentrer dedans : il est grand, mon papa. »


Comme le résumé vous le dit, Simon n’a pas une vie folichonne entre ses parents qui se déchirent ; alors, sa bouée de secours, c’est de fermer les yeux et de rêver, de se prendre pour une goutte de pluie, une chaussure ou un petit garçon sur une plage. Comment ne pas succomber ? Je dois vous dire qu’en lisant ce roman, j’avais l’impression que le petit Simon était confortablement niché sur mes genoux et me confiait au creux de l’oreille ses doutes, ses rêves, ses espoirs et ses peines. « Papa fait une dépression. Peut-être que maman aussi. Je suis devenu l’enfant sans « je t’aime ». Un orphelin privé d’amour à cause de parents trop fatigués pour le lui dire ». Aww http://smileys.sur-la-toile.com/repository/Triste/pas-content-54.gif


Sa maman est carrément défaillante et Simon nous raconte ses absences, sa distance, ou ses gestes qui le chassent d’un revers de la main… avec des mots d’enfants, sans jugement, mais des mots qui sont lourds de sens pour le lecteur qui ne peut s’empêcher d’en vouloir à cette mère. « J’étais assis tout à côté [de maman] mais je n’avais pas plus d’importance que la table sur laquelle j’appuyais mes coudes » http://smileys.sur-la-toile.com/repository/Triste/frown.gif Et Simon, loin de cette Maman qui passe tout son temps au Pays des Kangourous, n’a qu’une envie : retrouver son papa, son odeur de citron, ses yeux vert feuille et ses baisers papillon.


En plus de l'histoire intrinsèquement émouvante, j’ai également été tout à fait charmée par la plume de Gilles Paris qui nous offre un subtil mélange de poésie et de mots d’enfants. Il  relève de main de maître le défi de se mettre dans la peau d’un petit garçon et le ton est toujours juste. Très juste. Tellement juste que, comme un enfant, ce  livre dont le cœur est la dépression, est pourtant rempli de rires, de musique, d’humour, … et de vie !

 

En un mot, un roman attendrissant à tous points de vue.

 

Sur le site de l'auteur, vous trouverez des tas d'autres avis aussi enthousiastes que le mien, c'est par ici (mais ne lisez pas le résumé du roman en entier, hein, arrêtez vous à la moitié!).

 

Ma note : 4 b pn

 

 

Un grand merci à vous, Monsieur Paris, pour ce voyage émouvant en compagnie de Simon.


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17 juin 2012 7 17 /06 /juin /2012 13:17

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Eh bien, je viens de vivre un moment de lecture tout à fait heureux ! Et ce fut grâce à Gail Carriger, l’auteure de la série « Le Protectorat de l’Ombrelle » et de son premier tome « Sans âme », une aventure d’Alexia Tarabotti.


Je me suis régalée avec cette lecture et je n’ai qu’une hâte, pouvoir lire le second tome et les suivants !


Rien n’a freiné mon plaisir dans cette découverte hors du commun : c’est un roman tout à fait original, déjà par son genre auquel je ne m’étais encore jamais frottée : le Steampunk (petite définition par ici).


Par conséquent, dans ce billet, vous ne trouverez que des points positifs car je ne trouve rien à redire à ce roman. Que du bon et que du plaisir !


Résumé : Miss Alexia Tarabotti doit composer avec quelques contraintes sociales. Primo, elle n’a pas d’âme. Deuxio, elle est toujours célibataire. Tertio, elle vient de se faire grossièrement attaquer par un vampire qui ne lui avait même pas été présenté ! Que faire ? Rien de bien, apparemment, car Alexia tue accidentellement le vampire. Lord Maccon – beau, compliqué, écossais et loup-garou – est envoyé par la reine Victoria pour démêler l’affaire. Des vampires indésirables s’en mêlent, d’autres disparaissent, et tout le monde pense qu’Alexia est responsable. Mais que se trame-t-il réellement dans la bonne société londonienne ? Vampires, loups garous et aristocrates : un réjouissant mélange de romanesque et de fantastique !


Alors, alors, comment réussir à vous dire tout ce qui m’a plu ?


Tout d’abord, il y a le style : une langue tout à fait typée, qui nous baigne en plein siècle victorien avec un vocabulaire soigné et tout à fait d’époque. Une véritable incursion dans le Londres du 19e siècle : un régal !


En outre, chose assez rare en littérature, il y a une profusion de personnages secondaires plus attachants et intéressants les uns que les autres : Lord Akeldama, le vampire rococo, Floote, le majordome fidèle, Angélique, la bonne française aux yeux violets, Miss Hisselpenny, l’effarouchée aux chapeaux immondes, l’insupportable mère d’Alexia et même ses deux sœurs, Félicité et Évyline (des Javotte et Anastasie modernes), etc.


Puis, il y a nos deux héros. Lord Maccon, le loup-garou, un peu bourru mais qui se révèle réel séducteur, et qui plus est, le seul qui soit apte à tenir tête à Miss Tarabotti. Et justement, Alexia, parlons-on, elle porte le roman sur ses épaules et c’est l’héroïne la plus forte et la plus attachante que j’aie rencontré depuis longtemps. Une sacrée personnalité, une tête de mule qui se fiche des convenances, pleine de malice, d’esprit, de répartie, et d’humour. Elle est coquine, effrontée, et elle n’a pas froid aux yeux, ça non, elle est tout sauf timorée ! En un mot, elle est impayable http://smileys.sur-la-toile.com/repository/Amour/0001.gif !


Sachez aussi que, moi qui détestais les loups garous depuis Jacob le puant, me voilà tout à fait rabibochée avec cette espèce. Aaaahhhhh Lord Maccon http://smileys.sur-la-toile.com/repository/Amour/0008.gif


Ces deux-là sont tout bonnement irrésistibles dans les joutes verbales, et physiques, qui les opposent continuellement. Leurs tête à tête sont pleins de surprise et d’excitation, exactement comme ce petit jeu du chat et de la souris (et la souris n’étant pas toujours celle que l’on croit !) ou du « Je t’aime moi non plus » auquel ils se livrent, qui est savoureux au possible.


Bref, ne vous laissez pas effrayer si vous n’êtes pas familier de ce genre, ne soyez pas frileux, foncez tête baissée et partez à la découverte de Miss Tarabotti, elle vaut le détour ! Et je vous rassure, on est bien loin de la mièvrerie de Twilight (que j’ai adorée, hein !) et des autres histoires de vampires à la mode !


Et donc, pour faire court : beaucoup d’humour, une atmosphère très prenante, des personnages riches, tout un tas d’aventures, et une héroïne délicieuse !


Ma note : 4 b pn1 b pn


Je remercie de tout cœur Livraddict et les Éditions du Livre de Poche de m’avoir permis de faire cette découverte, que je ne suis pas prête d’oublier !

 

         http://1.bp.blogspot.com/-U4y2iJDkTQU/Tk5jL00RTxI/AAAAAAAAA98/EiM5wcWw-HE/s1600/sans-ame.jpg     http://pluiedelivres.files.wordpress.com/2012/03/couv-sans-forme.jpg     http://idata.over-blog.com/3/79/56/74/Livre/sans_honte_T.jpg


 

 

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4 juin 2012 1 04 /06 /juin /2012 20:28

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Après « Les 10 enfants que Madame Ming n’a jamais eus »  (que j’ai beaucoup apprécié), je suis à nouveau tombée sous le charme de l’écriture, de l’imagination et de la poésie d’Eric-Emmanuel Schmitt, qui est en train de devenir un auteur cher à mon cœur.


Résumé : Paris, années 60. Momo, un garçon juif de 11 ans, devient l’ami du vieil épicier arabe de la rue Bleue, pour échapper à une famille sans amour. Mais les apparences sont trompeuses : Monsieur Ibrahim n’est pas arabe, la rue Bleue n’est pas bleue, et la vie ordinaire peut-être pas si ordinaire…


Dans ce petit roman (75 pages), ou plutôt devrais-je dire dans ce conte, vous découvrirez des personnages hautement attachants. Il y a le petit héros, Momo (Moïse), petit garçon juif qui vit un peu livré à lui-même, avec pour seul compagnon un père bien terne, et qui n'a de père que le nom. Puis il y a Monsieur Ibrahim, qui va apprendre à Momo les beautés du monde, et surtout, le sourire, qui change la vie et qui la rend si belle.


Ce petit Momo du haut de ses 11 ans est vraiment un adorable héros et le décor est planté dès la première ligne « A onze ans, j’ai cassé mon cochon et je suis allée voir les putes ». Tout un programme n’est-ce pas !


« Monsieur Ibrahim et les fleurs du Coran », c’est un livre arc-en-ciel. Il y a le père de Momo, tout triste et tout gris ; il y a Momo, un véritable rayon de soleil qui s"épanouit et qui devient de plus en plus chaleureux au contact de l’épicier, Monsieur Ibrahim, cet homme haut-en-couleurs et plein de sagesse. Puis il y a toutes les couleurs des religions, que l’auteur rassemble en un coup de cuillère à pot. Vous rosirez de plaisir, vous rougirez devant l’audace de Momo, vous aurez aussi quelques bleus au cœur … un arc-en-ciel, je vous le disais !  


J’ai un peu ressenti pour Momo la même affection que pour le petit Alan Tuvache du « Magasin des Suicides » de Jean Teulé » : des héros qui vivent, qui respirent, qui bougent, qui changent la vie, qui ne demandent qu’à être heureux, ... Et qui vous donnent le sourire !


Eric-Emmanuel Schmitt nous offre un regard différent, sans aucun tralala, sur les religions : des Chrétiens, aux Musulmans ou aux Juifs, en passant par les Derviches tourneurs. Puis il nous offre aussi de l’émotion, du rire, de la légèreté et de la profondeur, de la réflexion… le tout en 75 pages !

 

Petite digression. La seule fois où j'avais entendu parler des Derviches Tourneurs, c'était dans la chanson de Souchon que j’adore, "La vie ne vaut rien" et hasard ou pas, cette chanson sied à merveille à l'histoire de Momo ! Lui aussi, sa vie ne vaut rien, ou pas grand chose, lui aussi, il demande son avis sur la vie à Monsieur Ibrahim et, lui aussi, quand il tient les deux petits seins de ses amies de la Rue Bleue, il se rend compte que, finalement... rien ne vaut la vie. Écoutez...

 


 

Bref, je me rends compte que tout ce que je dis est assez décousu et donc, il faudra vous contenter de ces bribes et ne retenir qu’une chose : si vous avez ce livre dans votre PAL, faites-moi le plaisir de l’en sortir car en retour, vous vivrez une très jolie heure de lecture.


Ma note : 4 b pn

 


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22 mai 2012 2 22 /05 /mai /2012 20:20

 

C’est tout à fait sous le charme de Katie que je viens vous parler de ce livre reçu grâce à Lire en Live (Nathan)et qui sortira ce 24 mai.

 

Katie Sutton, 13 ans, experte mondiale du comportement des Adultes, décide d'écrire un guide (à travers son journal) qui permettra à tous les adolescents de faire fonctionner leur Adulte.Tout va très bien pour Katie jusqu'au jour où sa mère subit une panne majeure: elle a un petit-ami ! Katie doit réparer tout ça, mais aussi s'occuper d'elle, car si elle excelle dans le fonctionnement des adultes, elle possède quelques lacunes dans son propre fonctionnement...

 

http://www.livraddict.com/biblio/couverture/couv13028639.jpg


Alors, qu’est-ce pourrait vous plaire si vous lisez ce livre ? Hé bien, beaucoup de choses.

  • Katie, une héroïne hyper attachante, un vrai petit bout de femme !
  • Brindleton, un petit village anglais paumé dans lequel tout le monde semble être lié par des liens de sang : des oncles, des tantes, des grands-mères insupportables, des cousines, et même une double cousine (la fille d'une femme mariée avec un homme dont la sœur est mariée avec le frère de son épouse et a également une fille…. Hahahah je vous ai perdu en chemin là http://smileys.sur-la-toile.com/repository/Rires/0003.gif ).
  • De l’humour : c’est drôle, drôle, drôle. J’ai souri presque tout au long de ma lecture et j’ai plusieurs fois ri tant Katie a le don de cerner le fonctionnement des Adultes.
  • Et alors, quand on ne rit pas ? Et bien on a parfois la gorge serrée d’émotion, parce que cette petite Katie nous parle avec ses mots de son quotidien, et notamment de la disparition de son papa, qui m’a tordu le cœur en 18 !
  • Une écriture spontanée, pleine de vie et rose bonbon comme la couverture.
  • Un savoureux guide qui nous explique donc comment gérer ses parents sans peine. Vous découvrirez ainsi les Modes par lesquels les parents passent avec leur progéniture : Mode Crise de la Quarantaine, Mode Stressé, Mode Compatissant, Mode Furieux, Mode Faisons Un Truc Sympa, Mode Embarrassant, Mode Bonne Figure, Mode J’ai Connu ça, etc.
  • C’est léger, frais, pétillant, sans prise de tête. Puis c’est plein de clichés mais les clichés qu’on aime : les vilains qui finissent par payer (vous savez, genre les pétasses méchantes qui sévissent en bande dans les cours de récré) et les gentils qui finissent par triompher.  Ca fait du bien de temps en temps !

 

Bref, si vous avez envie de découvrir une mini Brigdet Jones avec un regard plein de bon sens sur la vie, si vous avez envie d’une perfusion de légèreté, n’hésitez pas. Certes le public cible est plutôt adolescent (et féminin) mais je ne me suis pas ennuyée ! Puis surtout, si vous avez dans votre entourage des jeunes filles de 12 à 18 ans, je suis sûre qu’elles retrouveront toutes un peu (beaucoup) leurs parents entre les lignes du journal de Katie.



Ma note : 4 b pn

 

Puis moi, ce que je retiendrai, c’est le Mode Amour du papa de Katie. Vraiment, même si c’est une petite lecture légère sans prétention, je sais que je ne l’oublierai pas.

 


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17 mai 2012 4 17 /05 /mai /2012 15:59

 

Hier est sorti le premier roman de Karen Thompson Walker, « L’âge des miracles », aux Presses de la Cité. Petite particularité, il est sorti chez nous en avant-première (oui oui avant les USA !) avec 2 couvertures distinctes : une pour le public adulte et une autre en « Young Adult » (et si j’en crois les visuels sur Amazon, il en sera de même lors de sa sortie le 26 juin 2012 aux USA). Le livre s’est arraché chez les Éditeurs de nombreux pays et les droits cinématographiques ont d’ores et déjà été achetés.

    L'äge des miracles -YA          L-Age-des-miracles.jpg


Résumé : Et si nos journées commençaient à s'allonger, d'abord de quelques minutes, puis de plusieurs heures, jusqu'à ce que le jour devienne la nuit et la nuit le jour ?


Une journée d'octobre apparemment comme les autres, l'humanité découvre avec stupeur que la rotation de la Terre a ralenti. Les jours atteignent progressivement 26, 28, 30 heures, etc. Tandis que certains voient dans ce changement inexpliqué un signe que la fin est proche et cèdent à la panique, d'autres, au contraire, s'accrochent coûte que coûte à leur routine, comme pour nier l'évidence. Bientôt, la gravité est modifiée et certaines personnes sont touchées par un syndrome provoquant des malaises à répétition, les oiseaux sont désorientés et s'écrasent, les marées se dérèglent et les baleines s'échouent... En Californie, Julia est le témoin de ce bouleversement, et de ses conséquences sur la communauté, sa famille, et elle-même. Adolescente à fleur de peau, elle entre dans l'âge où son corps, son rapport aux autres et sa vision du monde changent : l'âge des miracles.


Entre roman d'anticipation et d'apprentissage, L'Age des miracles est un livre visionnaire sur la capacité d'adaptation de l'Homme, poussée ici à son paroxysme.

Voilà un roman qui ne pouvait sortir qu’en 2012 avec tout ce qui nous attend en décembre (la fin du monde) (ou pas http://smileys.sur-la-toile.com/repository/Content/0007.gif) (ou si http://smileys.sur-la-toile.com/repository/Triste/pas-content-54.gif).

 

C’est Julia qui nous raconte son histoire, à partir du tout premier bouleversement, un jour d'octobre : le ralentissement de la rotation de la Terre, qui a (notamment) pour conséquence l’allongement de la durée des journées. Elle nous conte cette histoire a posteriori, ce qui est un choix de narration très intelligent. En effet, au début de ces changements, Julia a 12 ans mais le fait que ce soit une Julia plus âgée qui nous raconte les faits lui donne une maturité et un regard sur les événements bien plus intéressant.


On suit plusieurs personnages dans le roman, à commencer par ses parents : son père, médecin qui semble faire face aux événements avec sérénité, et sa mère, bien plus fragile. Puis il y a les (rares) amies de Julia, mais aussi Sylvia, son professeur de piano, et enfin et surtout, Seth, le garçon qui fait battre son cœur et lui donne des papillons dans le ventre. Je dois dire que j’ai apprécié tous ces personnages, mais ils souffrent tous, selon moi, du même défaut : le manque de développement. J’aurais voulu en savoir plus sur Sylvia, sur son amie Hanna, et surtout sur Seth http://smileys.sur-la-toile.com/repository/Amour/0001.gif


Pourtant, j’ai vraiment apprécié suivre Julia, ses questionnements, ses peurs, ses doutes puis ses quêtes, de l’amitié et de l’amour. Une petite héroïne de 11-12 ans mais, comme je vous le disais, puisqu’elle nous conte les événements des années plus tard, cela nous offre un mélange intelligent de naïveté et de maturité. Bref, j’ai beaucoup aimé Julia, tant la narratrice que la jeune fille en devenir, au cœur de ces bouleversements.


Cependant, si j’ai ressenti de l’empathie pour cette Julia esseulée, j’ai trouvé le récit des événements parfois un peu trop chirurgical, manquant un brin de passion et d’intensité, que l’on aurait pu espérer davantage avec un cadre aussi dramatique et inquiétant.


Mais inquiétant, ça, on ne peut le lui enlever : le roman l’est bel et bien ! Et le tout est encore rendu plus stressant par le fait que les personnages fassent allusion à des dérèglements précurseurs de ce ralentissement : le trou dans la couche d’ozone, les virus pandémiques, des chutes d’oiseaux par centaines sans raison, ou encore la disparition en masse des abeilles… De quoi flipper un bon coup et regarder le ciel d’un autre œil durant la lecture http://smileys.sur-la-toile.com/repository/Surpris/hoo2.gif !


De plus, l’atmosphère s’alourdit au fur et à mesure (oui, un crépuscule à midi ou le soleil au zénith à minuit, il y a de quoi se sentir un peu effrayé ! http://smileys.sur-la-toile.com/repository/Surpris/yeux-ecarquilles.gif), pour devenir presque suffocante à la fin du livre, car la paranoïa qui gagne les personnages, finit par contaminer le lecteur.


Quant à la fin, elle m’a serré la gorge, et même si elle est tout à fait ouverte, j’étais assez étonnée que l’auteure ait décidé de terminer de cette façon. Je dois dire que ça m’a vraiment mis les larmes aux yeux et qu’il fut presque douloureux de me sentir aussi démunie face aux événements. Sans aucun doute la même impuissance qu’ont dû ressentir les protagonistes de cette histoire face à la toute-puissance de la Nature.


Donc, de manière générale, si je dois résumer mon ressenti (il parait que ce mot n’existe pas, je l’ai lu hier dans un billet sur un autre blog, tant pis, je l’aime bien moi) : voilà une lecture qui m’a plu et qui m’a fait pas mal réfléchir, avec de nombreux « Et moi qu’aurais-je fait ? Aurais-je été de ceux qui suivent le « rythme solaire » ? Aurais-je préféré conserver les sacro-saintes 24h pour rythmer les journées ? Une histoire que j’ai trouvée originale même si je déplore un peu le manque d’intensité et de développement des relations entre les personnages.


Un roman qui plaira donc à un large public, autant adulte qu’ado ; et si l’absence d’avenir de notre planète Terre est un sujet qui vous intéresse, ne passez pas à côté de cette lecture. Quant à moi, je ne raterai le film sous aucun prétexte.

 

Et le mot de la fin : pourvu que tout cela n’arrive jamais ! http://smileys.sur-la-toile.com/repository/Confus/3d-parano-sueur.gif


Ma note : 3 b pn1 b pn


 

Vous trouverez ici l'avis de Mélo, assez similaire au mien, puis l'avis de Stéphanie-Plaisir-de-Lire qui a été captivée par ce roman, ainsi que le coup de coeur de Alittlematterwhatever.


 

Des petits BONUS  

 

  • Un petit mot de l’auteure en vidéo :  

 
  • Trailer du livre, en VO (j’adore la voix choisie pour Julia, c’est tout à fait elle !) :
 
  • Des avis (très très positifs) sur GoodReads, en anglais (de lectrices qui ont lu les EPN, je suppose) : par ici.
  • Les 2 couvertures VO :

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9 mai 2012 3 09 /05 /mai /2012 14:57

 

La nouvelle est un genre que j’apprécie, surtout parce que c’est très pratique pour travailler avec mes élèves. Mais les recueils de nouvelles, un amas –parfois improbable- d’histoires diverses, sans véritable fil conducteur, très peu pour moi.


Et pourtant, sans crier gare, voilà que la lecture de « Nouvelles contemporaines. Regards sur le monde » m’a totalement convaincue. Il s’agit un bref recueil (94 pages) d’une dizaine d’histoires, tour à tour contées par Delphine de Vigan (qu’il n’est plus besoin de présenter), Timothée de Fombelle et Caroline Vermalle, deux auteurs que je ne connaissais point, même pas de nom.

 

http://storage.canalblog.com/67/09/444228/74781942.jpg

On débute la lecture avec la nouvelle « Comptes de Noël » qui nous présente une petite fille très attachante qui surmonte les difficultés émotionnelles de son quotidien, notamment dues à l’absence de son papa, en comptant tout ce qu’elle peut. Comme pour ma lecture de « No et Moi », j’ai été tout à fait charmée par la façon de raconter de Delphine de Vigan. Puis cette fin, tellement mignonne, sur un ton tellement juste… J’ai été totalement séduite.


Ensuite, c’est Timothée de Fombelle qui prend le relai. Il nous offre 7 très courtes nouvelles, qui sont autant de photographies d’un instant, d’un moment. Un peu à la façon des « Je me souviens » de Georges Perec, on a l’impression qu’il nous conte des souvenirs de scènes aperçues çà et là.  On y trouve des petites leçons de vie, des regards plein de sagesse sur notre humanité, sur l’enfance, la précarité, ou encore le besoin de reconnaissance et d’exister à travers les yeux des autres. Et si Delphine de Vigan dans sa nouvelle arrivait sans aucun souci à nous plonger dans son histoire en quelques pages, Timothée de Fombelle réussit le pari de nous immerger dans ces bribes de destins en quelques phrases seulement.


Et enfin, la cerise sur le gâteau, c’est ma découverte de Caroline Vermalle, qui nous offre les deux dernières nouvelles du recueil. Sa première nouvelle « Un dernier tour » met en scène Gaston et Louis. Un père. Un fils. Qui ne sont pas ceux que l’on croit. La nouvelle, qui se déroule aux abords du vieux manège en bois que possède Gaston, est pleine de douceur et la fin m’a autant surprise qu’émue. Sa seconde nouvelle, la plus longue du recueil, s’intitule « La Fille du déménageur ». Alors que cette histoire ne fait que 35 pages, quand j’ai eu tourné la dernière page (et quelle ravissante dernière page http://smileys.sur-la-toile.com/repository/Amour/0016.gif), j’ai eu l’impression que je venais de lire un roman entier tant les personnages avaient pris vie durant ma lecture ! Ce père par intermittence, qui essaye de trouver le moyen de renouer le contact avec sa fille et de lui montrer combien la vie vaut la peine d’être vécue, est vraiment touchant par sa maladresse et son désarroi.  Bref, 10/10 car  mon cœur a fait BOUM à plusieurs reprises devant l’amour de ce père pour sa petite KPop de fille.


Caroline Vermalle a donc vraiment su me transporter et je reste assez stupéfaite devant son talent à créer une atmosphère, des personnages, et des émotions en si peu de mots http://smileys.sur-la-toile.com/repository/Respect/respect-prosterne.gif

 


Si je devais nommer le fil conducteur de ce recueil, je dirais que c’est un petit manuel du « Carpe Diem ». Au-delà de notre quotidien, de sa grisaille, de ses défaillances, de nos mauvaises humeurs, des coups durs, il y a tant de petits moments privilégiés, tant de bulles de légèreté, de douces attentions, de gestes gratuits… qui ne demandent qu’à être saisis, et qui rendent la vie moins dure, et même plus belle. Mais tout n’est pas rose, alors, on y trouve aussi quelques drames, comme la nouvelle de Timothée de Fombelle « Il travaille » qui ne pourra vous laisser insensible.


Et pour terminer ce billet, une qua-dé-lité-faut (pas mal hein http://smileys.sur-la-toile.com/repository/Content/0009.gif) (oui oui je m’auto-congratule http://smileys.sur-la-toile.com/repository/Rires/laugh.gif) : la force des émotions ressenties est à la mesure de la frustration engendrée par la brièveté des textes.

 

Ma note : 4 b pn

 

D'autres avis tout aussi positifs, chez Stephie et chez Leiloona.


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28 avril 2012 6 28 /04 /avril /2012 11:00

 

J’ai eu l’occasion de découvrir, pour la première fois, l’écriture de Véronique Ovaldé (« Ce que je sais de Vera Candida », « Des vies d’oiseaux », etc.) à travers ce petit roman de 73 pages, « La salle de bains du Titanic ».

 

http://www.livraddict.com/biblio/couverture/couv29123613.jpg

Le résumé m’a tout de suite plu et j’étais très curieuse de connaitre le lien entre ce dernier et le titre. Puis hier matin, j’ai lu une chronique assassine (mais vraiment assassine) de ce roman et j’ai alors eu très « peur » de ce que j’allais découvrir.  


Et bien, pour ma part, j’ai été tout à fait séduite par ce « roman » aussi court que singulier. Parce que oui, certains lecteurs parlent de 3 nouvelles, mais je préfère parler d’un roman, divisé en 3 instants, comme le dit très justement la quatrième de couverture.


Vienna aimerait redevenir une toute petite fille. Juste avant l'été de ses six ans. L'été où elle s'est perdue dans les dunes. Et où un homme l'a finalement ramenée à ses parents. Elle voudrait revenir avant. Juste avant. Avant l'été où. Et où le monde a changé sa révolution. Trois instants où s'est joué le destin de Vienna.


Et je ne vous en dirai pas plus car parler davantage de ce qui se déroule dans cette histoire serait prendre le risque de vous gâcher le plaisir tant le roman est court.


On ne peut parler de « La Salle de Bains du Titanic » sans évoquer son style tout à fait singulier. Il émane tellement de choses de ces mots que si je m’étais écoutée, j’aurais, dans ce billet, recopié des dizaines de citations. En un mot, une phrase, une page, Véronique Ovaldé créé une atmosphère ou nous décrit une scène, qui aurait nécessité 10 pages à d’autres. C’est à la fois envolé, et à la fois lourd de sens. C’est empreint de poésie mais c’est aussi tout à fait moderne dans la langue. Les mots s’envolent, mais ce qu’ils impliquent vous cloue au sol.

 

L’auteure a un talent certain pour jouer avec le non-dit, l’allusif, l’implicite et l’indicible, qui sont au cœur de la narration. Pas besoin de décrire l’horreur, pas besoin de palabrer : l’horreur se dessine d’elle-même dans les blancs du texte. Un mot, une phrase et le ciel nous tombe sur la tête tant l’image évoquée est forte, puissante, voire insoutenable. Puis il y a toutes ces parenthèses qui sont tour à tour amusantes, étonnantes, éclairantes, et qui amènent une force supplémentaire à l’histoire. On peut dire que les mots sont aussi légers que l’histoire est pesante. Et j’ai trouvé ce mélange très heureux !

 

« Tous ceux qui n’ont pas de nombril sont des martiens. C’est ce que nous avions décrété Jules et moi quand Jules avait neuf ans et moi six. » Voici les premiers mots de ce roman. Deux phrases qui suffisent à nous laisser entendre les rires des enfants, à percevoir l’insouciance et l’émerveillement face au monde. Et cette impression de puissance évocative des mots, je n’ai cessé de la ressentir tout au long de ma lecture.


Les thèmes abordés par l’histoire de Vienna sont variés, tantôt légers, tantôt lourds, parfois insoutenables. L’enfance, la maladie, l’abus, ou encore les cicatrices indélébiles.

 

Quant au titre, on en comprend le sens dans la dernière partie. Vienna n’a pas croisé de monstre de glace sur la mer, Vienna l’a rencontré dans les dunes et elle est, elle aussi, devenue naufragée de la vie.


Je sais que certains sont tout à fait imperméables au style d’Ovaldé, mais en ce qui me concerne, même si la fin m’a laissée tout à fait dubitative (huh ???), je me suis régalée de ses mots et de sa plume, malgré l’histoire dramatique qui nous est contée.


Ma note : 4 b pn


Merci beaucoup à toute l’équipe de Livraddict et aux Éditions J’ai Lu pour ce partenariat qui fut une très jolie découverte.


Voici le billet de Myiuki22 qui a trouvé ce livre sans AUCUN intérêt,

Celui de Benjamin, qui n’a pas vraiment apprécié sa lecture,

Karline qui s'est laissée bercer par ce roman,

Et enfin, celui de Lise qui, comme moi, a été tout à fait séduite.


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27 avril 2012 5 27 /04 /avril /2012 13:31

 

A cause d’une attaque en règle de toute une série de vilains microbes de compétition, voilà presque 15 jours que je suis HS et que mon blog vit sa vie sans moi. Et pourtant, ma dernière lecture était un très joli livre, que j’ai choisi de lire exactement  100 ans après les événements qu’il nous présente : « Les enfants du Titanic », d’Élisabeth Navratil, la fille d’un des enfants qui a survécu au terrible naufrage, qui eut lieu dans la nuit du 14 et 15 avril 1912.


http://img.over-blog.com/316x450/4/06/61/84/romans-et-livres-historiques/Les-enfants-du-Titanic-1.JPG

 

Résumé : Michel Navratil se rend compte que sa jeune épouse, Marcelle, le trompe avec un fidèle ami de la famille. Blessé et furieux, il la quitte et met au point un plan : il va « kidnapper » ses 2 jeunes fils de 2 et 4 ans et monter à bord du Titanic lors de son voyage inaugural, afin d’aller refaire sa vie et faire fortune en Amérique. Les premières pages nous amènent directement sur les quais du port de Southampton et nous allons suivre les aventures de Michel et de ses deux enfants, Lolo et Monmon, jusqu’à la tragique nuit du 14 avril 1912.


Voilà un livre dont la qualité première est, selon moi, son universalité : en effet, il pourra être lu par des enfants, des adolescents, des adultes, des grands-parents,… tout le monde y trouvera son compte, car l’écriture y est simple, mais point simpliste.


L’auteure du roman, Élisabeth Navratil est donc la fille du petit Lolo Navratil et depuis l’enfance, elle est passionnée par cette tragédie. C’est donc tout naturellement qu’elle écrivit, en 1980, « Les enfants du Titanic », puis une seconde version en 1997 et enfin, cette version augmentée pour le centième anniversaire du naufrage.


Cette histoire mêle fiction et réalité, sans qu’il soit toujours possible de bien les discerner. C'est d'ailleurs plutôt un roman inspiré de faits réels qu'un documentaire pûrement historique. J’ai vraiment apprécié de lire ce que j’avais découvert sur grand écran avec « Jack et Rose » dans le désormais célèbre film de James Cameron. L’embarquement à Southampton, les salles des machines avec les impressionnantes chaudières, l’escalier majestueux et le dôme de verre, le luxe des premières classes, le capitaine Smith, le richissime John Astor et sa jeune épouse enceinte, l’orchestre, la  « Renault » de 1911 présente dans les soutes, etc. … On retrouve tous les ingrédients qui nous ont fait vibrer dans le film, mais à l’écrit. Ce roman est vraiment très bien documenté et les nombreuses notes de bas de page apportent réellement une plus-value au livre.


Et dans ce cadre, on découvre les aventures de Michel Navratil, ce père d’une trentaine d’années, qui tient plus que tout à ses 2 petits garçons et qui rêve de faire carrière dans le monde de la Haute Couture aux USA. J’ai beaucoup apprécié suivre cette histoire du point de vue masculin de ce père. Et, en outre, ses deux enfants, les petits héros du livre, sont vraiment adorables et attachants: Lolo est impressionnant de maturité malgré ses 4 ans et c’est vraiment un personnage tout à fait irrésistible. Quant au petit Monmon, qui a à peine 2 ans, il est tout aussi émouvant !


Détail, qui n’en fut pas un pour moi,  au milieu du roman, on trouve une dizaine de photos d’époque du paquebot, du célèbre Capitaine Smith mais également, et surtout, des deux petits héros, les adorables Lolo et Monmon, ce qui n’a fait que m’immerger (hum hum, pas sûre que ce mot soit bien choisi) davantage au cœur de leur histoire.

 

IMG024.jpg

Alors, même si l’on connait le dénouement avant même d’ouvrir le roman : oui, le Titanic va couler (on sait exactement à quelle minute) et oui les deux enfants vont survivre (puisque l’auteure est la fille de l’un d’entre eux), et bien, il n’empêche que le récit (surtout à partir de l'iceberg) est touchant et que je n’ai quand même pu m’empêcher d’avoir la gorge nouée. En plein naufrage, le spectacle de cet amour fraternel est poignant et les passagers vivant la scène en direct ne sont pas les seuls à avoir les larmes aux yeux !


Le seul bémol que je relèverai est le manque de crédibilité dans l'accumulation des péripéties vécues par Lolo. En effet, il est toujours au bon endroit et au bon moment : pour visiter les chaudières avec Andrews, l’ingénieur concepteur du bateau, pour faire une visite des premières classes avec le Capitaine Smith en personne, etc. Ces événements fantaisistes appartiennent clairement à la fiction et même si je comprends leur but -nous permettre de découvrir le bateau sous toutes les coutures- j’ai trouvé que c’était tout de même un peu « too much ».


J’ai aussi découvert avec ce roman que plusieurs personnes (avérées) ont eu des mauvais pressentiments, des visions, des impressions négatives, sur ce voyage inaugural du Titanic (et son éventuel naufrage), et ont préféré ne pas embarquer ou descendre à la première escale… Ça m’a vraiment donné envie de lire d’autres ouvrages sur le sujet afin d’en apprendre davantage !


Ma note : 4 b pn


Vous trouverez par ici la page Facebook consacrée à ce roman : CLIC

Et par ici, sur la page de "La Fringale Littéraire", une interview de l'auteure : CLIC

Et enfin, ici, l'avis de Noukette, tout aussi charmée que moi par cette lecture : CLIC



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Le petit grain de sel de Cajou

http://yelims1.free.fr/Animaux/Animaux23.gifPour chaque livre sur lequel j'écris un billet, j'attribue une note de plaisir (ou déplaisir) de lecture.


1_b_pn.jpg = J'ai détesté http://smileys.sur-la-toile.com/repository/M%E9chant/fache-censure.gif
 2_b_pn.jpg= Je n'aime pas http://smileys.sur-la-toile.com/repository/Triste/tristounet.gif
 3 b pn = J'ai apprécié mais... http://smileys.sur-la-toile.com/repository/Content/smile.png
4_b_pn.jpg = J'aime http://smileys.sur-la-toile.com/repository/Amour/0060.gif
 5_b_pn.jpg= J'adore !  http://smileys.sur-la-toile.com/repository/Respect/respect1.gif 

= Coup de coeur !

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