28 octobre 2015 3 28 /10 /octobre /2015 15:19

 

 

 

 

Résumé : Autrefois l'Empire était partagé entre les Érudits, cultivés, gardiens du savoir, et les Martiaux, armée redoutable, brutale, dévouée à l'empereur. Mais les soldats ont pris le dessus, et désormais quiconque est surpris en train de lire ou d'écrire s'expose aux pires châtiments. Dans ce monde sans merci, Laia, une esclave, et Elias, un soldat d'élite, vont tout tenter pour retrouver la liberté... et sauver ceux qu'ils aiment.

 

 

"Une braise sous la cendre" est un roman Young Adult qui a conquis les lecteurs lors de sa sortie en VO. J'avais cru comprendre que c'était une dystopie, mais en fait, non. C'est plutôt un roman d'aventures où certes il y a une tyrannie opposée à une rébellion, mais où l'on trouve également des créatures surnaturelles, où l'époque n'a rien de futuriste. On est plutôt dans de la Fantasy légère.

 

A ce sujet, même si j'ai apprécié les pouvoirs mystérieux des Augures (bien flippants ceux-là!), je n'ai cependant pas vraiment adhéré aux éfrits, djinns, et autres goules, trouvant que ça tombait un peu comme un cheveu dans la soupe au sein de cet univers plutôt militaire.

 

Pourtant, bien qu'il ne brille pas toujours par son originalité (des districts, des rebelles, des Érudits, des Épreuves), c'est un roman tout à fait réussi, doté d'un très bon rythme, qui vous tient en haleine durant toute la lecture. J'ai également trouvé les personnages plutôt charismatiques, non seulement les 2 héros, Laïa et Élias Veturius, mais également les seconds rôles comme Helene Aquilla, et surtout l'impitoyable et cruelle Commandante de BlackCliff, vilaine à souhait. Mon seul bémol en ce qui concerne les héros, c'est la sacro-sainte tergiversation amoureuse des personnages. Car ici Sabaa Tahir ne nous offre pas un mais bien DEUX triangles amoureux. Des triangles bien bien hésitants. Et vraiment, ce n'était pas nécessaire.

 

Un dernier mot sur l'univers, qui constitue l'une des belles qualités du roman : l'auteur nous offre une vraie mythologie, très riche, bien pensée et tout aussi bien développée, de quoi nous immerger dans son monde dès les premières pages.

 

 

En bref, pas inoubliable mais un bon moment de lecture.

 

 

Ma note : 

 

 

D'autres avis : des coups de coeur pour Saefiel ICI, Laura ICI, Justine ICI, FruitReader ICI ; et des avis nuancés chez Karline ICI et Just Another Book ICI.

 

 

12ème lecture de la rentrée littéraire 2015

 

 

Partager cet article

Repost 0
21 septembre 2015 1 21 /09 /septembre /2015 14:48

 

 

 

 

 

Résumé :  L'un boit, l'autre sniffe, le troisième fornique à corps perdu. Les autres ne sont pas en reste. Tous sont addicts (alcoolisme, sport, jeux d'argent, sexe, cocaïne, etc.) et se trouvent embarqués dans une thérapie de groupe d'un nouveau genre. Ils y trouveront ce qui n'était pas prévu : la polyaddiction. Ça secoue. Mais pas seulement : car ces ennemis de la vie ordinaire vont aussi découvrir dans le groupe l'entraide, l'amitié, et l'amour...

 

 

 

"Les ennemis de la vie ordinaire" est ma première rencontre (et certainement pas la dernière) avec Héléna Marienské, qui nous offre une vraie bouffée d'air frais et d'humour dans cette rentrée littéraire  (qui se prend parfois un peu trop au sérieux et aime tant se mirer dans son nombril).

 

En effet, j'ai pris énormément de plaisir à lire cette comédie débordante de vie, et je me suis prise d'affection pour tous ces addicts.

 

 

Parce que ce sont eux qui font tout le sel de ce roman, ces 7 épaves qui sont plongées jusqu'au cou dans leur addiction : il y a Mylène, la shoppeuse compulsive  (à côté d'elle, Becky Bloomwood est vraiment une petite joueuse) ; Jean-Charles, sosie du Pape et curé cocaïnomane qui s'en fout plein les narines avant ses sermons endiablés  ; Élisabeth (ma chouchou) qui se noye dans l'alcool pour oublier combien son mari est un ignoble infect connard ; Gunter, qui flambe sur les tapis verts ; Pablo, drogué du sport  ; Mariette, 17 ans et accro à un peu toutes les substances ; et enfin Damien, le sex-addict pédant et cynique, qui adore les habits d'époque et qui gicle, baise, jute, astique, branle, fourre et s'auto-fellationne matin, midi et soir 

 

C'est là qu'entre en jeu leur psy -aussi sûre d'elle qu'inefficace- qui va les faire travailler lors de réunions de groupe.  Elle est convaincue que ça peut les aider à vaincre leurs addictions et leur impuissance. Elle espère des résultats époustouflants... Elle va être servie... Effets indésirables et dommages collatéraux au rendez-vous



Plus on avance, plus les personnages s'enfoncent dans leur folie, leur démesure, et nous entraînent dans leurs délires perchés et dans des scènes baroques. Et si c'est souvent très drôle, c'est aussi parfois émouvant et doux-amer, parce qu'après leurs trips euphoriques, on revient toujours à la honte et à la déprime.

 

 

J'ai trouvé le tout très bien écrit, et très dynamique, et même si la dernière partie est moins crédible, voire complètement improbable, Héléna Marienské a réussi à garder mon intérêt tout du long.

 

 

En bref, une comédie réussie, que je ne peux que vous conseiller.

 

 

Ma note : 4 b pn
 



D'autres avis : passionnant pour Pimousse ICI, Christophe est très déçu ICI, intelligent et très habile pour Fuji ICI, et enfin, Liligalipette est mitigée par ICI.

 

 

Et enfin, une interview d'Héléna Marienské.

.

.

 

 

7ème lecture de la rentrée littéraire 2015

Partager cet article

Repost 0
15 septembre 2015 2 15 /09 /septembre /2015 16:01

 

 

 

 

 

Résumé : L'immense succès de Rien ne s'oppose à la nuit a laissé quelques traces dans la vie de Delphine de Vigan, du moins sur celle qui raconte cette histoire. Elle n'a plus pu écrire une ligne après ce récit autobiographique très dur qui a rencontré un écho inattendu. C'est là que survient L., une jeune femme charimastique avec qui l'auteur sympathise. La nouvelle amie se révèle bientôt possessive, vampirique, envahissante, et une relation malsaine s'installe. Delphine reçoit des lettres anonymes haineuses et se trouve peu à peu en totale incapacité d'écrire...

 

 

 

Bon bon bon, voici un billet qui va être difficile à écrire pour réussir à nuancer mon avis comme je le souhaiterais.

 

Ce roman est présenté comme un mélange d'autobiographie et de fiction, de roman psychologique et de thriller. Et en effet, pour l'autofiction, on est servi. Delphine de Vigan parle d'elle, d'elle, d'elle, ou encore d'elle. De ses amis du monde littéraire. Et parfois de son François Busnel de mari.

 

Si j'ai trouvé la première partie ultra PASSIONNANTE et pleine de promesses (les coulisses du monde de l'écriture), j'ai presque fait une overdose de nombrilisme viganesque dans le second chapitre (je, je, moi je). Avec comme l'impression que l'auteur tournait en rond, ne faisait que répéter, répéter et répéter jusqu'à plus soif ce qui était déjà pourtant bien clair depuis les débuts. Et Delphine de Vigan a bien failli me perdre en cours de route tant j'étais déçue...

 

Puis il y a la troisième et dernière partie. J'ai d'abord eu peur de l'hommage un peu trop appuyé au "Misery" de King, mais ensuite, Delphine de Vigan réussit avec talent à (enfiiiin) réunir la réflexion littéraire et l'intrigue de son roman pour ne plus former qu'un tout uni. J'ai tout particulièrement apprécié ce remake littéraire de la scène culte d'Usual Suspects. Et puis il y a la toute fin... les 50 dernières pages. Et je pense que c'est la première fois de ma carrière de lectrice qu'un dénouement me contente autant, surtout quand j'ai trouvé le reste du roman en dents de scie. Je ne pensais pas que Delphine de Vigan réussirait à retomber sur ses pattes et pourtant, si, et ce jusqu'au dernier mot de la fin*.

 

Donc pour moi, un rythme très (trop) inégal et décousu, où les deux propos sont intéressants : d'une part, celui sur le métier d'écrivain, sur la déferlante du succès aussi inattendu que brutal de "Rien ne s'oppose à la nuit" et ses conséquences dans la vie de l'auteur, sur la peur de la page blanche ou encore sur l'intérêt pour un romancier -à l'heure de l'omniprésence de la téléréalité- d'écrire de la fiction ou de l'autobiographie. Puis d'autre part, l'histoire de Delphine de Vigan vampirisée par L., une fan intrusive, aussi fascinante qu'effrayante. Deux propos intéressants donc, mais qui ne se mêlent jamais vraiment "pour du vrai", restant finalement chacun de leur côté. J'aurais préféré que l'intrigue aux airs de "JF partagerait appartement" soit mieux liée à la réflexion de l'auteur, et que donc, on ait droit à davantage de tension et d'intensité (qui manquent un peu au roman).

 

En bref, en tant que mise en abyme un peu "conceptuelle", j'ai trouvé ce roman très réussi, voire même tout à fait brillant, ... même si tout ne m'a pas convaincue. Et j'ai beaucoup aimé le fait que le lecteur reste sans réponses à toutes les questions (vérité ? fiction ? réel ? imagination ? autobiographie ?) qu'il s'était posées dès le début.

 

 

Ma note : 4 b pn

 

 

D'autres avis : Leiloona est "fabuleusement conquise" ICI, une "pépite" pour Échappées littéraires ICI, "poignant et perturbant" pour MicMélo ICI, "incontournable" pour Léa Touch Book ICI, "un roman coup de poing" pour Un Jour Un Livre ICI, et une "déception" pour Julia ICI.

 

Et par ICI, une interview de l'auteur qui parle de son roman, de sa part autobiographique ou non, de son compagnon François Busnel, etc.

 

 

6ème lecture de la rentrée littéraire 2015

1er % atteint !

Partager cet article

Repost 0
11 septembre 2015 5 11 /09 /septembre /2015 16:29

 

 

 

 


 

Résumé : Freedom Oliver, alcoolique et suicidaire, a passé 18 ans à se cacher dans une petite ville de l’Oregon, sous protection du FBI. Hantée par son passé douloureux et la mort brutale de son mari, elle souffre d’avoir abandonné ses deux enfants pour échapper à la vengeance de son beau-frère. En apprenant la disparition de sa fille Rebekah, élevée par un pasteur aux croyances radicales, elle part avec l’énergie du désespoir pour le Kentucky. Après tant d’années à se cacher, quitter l’anonymat c’est laisser à son bourreau l’occasion de la retrouver. Et de se venger....

 

 

Après avoir lu le résumé ainsi que le billet d'Yvan (ICI), je me réjouissais vraiment de pouvoir découvrir cette histoire, et j'ai en effet passé un bon moment de lecture.

 

Jax Miller signe avec "Les infâmes" son premier roman et je dois bien avouer que ça se sent parfois : quelques facilités et beaucoup d'invraisemblances, un peu trop de "heureux hasards" et une fin... carrément holywoodienne.

 

Mais pour le reste, je n'en ai pensé que du bien et j'oserais même dire qu' il y a du Tarantino qui coule dans les veines de ce roman (oui, rien que ça !) : dans cette atmosphère complètement déjantée, dans la violence gratuite mais justifiée, dans les odeurs de poudre, de dope et de sang, dans les descriptions très cinématographiques, et puis surtout, dans les personnages.

 

Ah les personnages... incontestablement la force de cette histoire. Une belle bande de paumés, d'illuminés et de décérébrés du bulbe. On y croise un gourou complètement détraqué qui n'hésite pas à se branler dans sa sacristie (ahum), une ignoOoOooble bonne femme de 300 kg à la grande gueule, aux dents pourries (franchement elle est priceless), et aussi infâme que ses 3 cul-terreux de fils. Une belle famille de groseilles. Sans oublier le psychopathe obsessionnel, la pute cultivée ou encore le frère en chaise roulante, qui m'a arraché quelques rires (Ça sent la chatte!).

 

Puis surtout,  il y a Freedom, l'héroïne, barmaid dans un bar de motards dans le trou du cul du monde. Elle est torturée, écrasée par le poids de son passé, elle jure comme une charretière et il vaut mieux ne pas trop s'y frotter parce qu'elle ne fait pas dans la demi-mesure, Freedom. Une vraie dure, qui va vous emmener dans un sacré périple...


 

En bref, un roman bien noir, où ça gicle dans tous les sens !

 

 

Ma note :

 

 

D'autres avis : un roman époustouflant pour Yvan ICI, Au bordel culturel lui attribue 19/20 ICI, et Le chat du Cheshire a été captivée tout du long ICI.

 

 

5ème lecture de la rentrée littéraire 2015

 

Partager cet article

Repost 0
3 septembre 2015 4 03 /09 /septembre /2015 07:00

 

 

 

 

 

Résumé : À New York, Kate élève seule sa fille de 15 ans, Amelia. En dépit d'un rythme professionnel soutenu, elle parvient à être à l'écoute de cette adolescente intelligente et responsable, ouverte et bien dans sa peau. Très proches, elles n'ont pas de secrets l'une pour l'autre. C'est en tout cas ce que croit Kate, jusqu'à ce matin d'octobre où elle reçoit un appel de l'école. On lui demande de venir de toute urgence. Lorsqu'elle arrive, Kate se retrouve face à une cohorte d'ambulances et de voitures de police. Elle ne reverra plus jamais sa fille. Amelia a sauté du toit de l'établissement. Désespoir et incompréhension. Pourquoi une jeune fille en apparence si épanouie a-t-elle décidé de mettre fin à ses jours ? Rongée par le chagrin et la culpabilité, Kate tente d'accepter l'inacceptable... Mais un jour, elle reçoit un SMS anonyme qui remet tout en question. Obsédée par cette révélation, Kate s'immisce alors dans la vie privée de sa fille et réalise bientôt qu'elle ne la connaissait pas si bien qu'elle le pensait...

 

 

Voilà un roman dont j'attendais beaucoup au vu de sa quatrième de couverture, et je n'ai pas été déçue. Kimberly Mc Creight nous offre une plongée inquiétante dans le monde lycéen : parfois terrifiant de cruauté avec des adolescentes venimeuses, et parfois plus léger, avec des petits airs de "Gossip Girl".

 

Première grande qualité : les personnages. Tant les adolescents que les adultes, je les ai tous trouvés très justes, et l'héroïne, Amelia, est encore plus réussie que tous les autres : un beau portrait d'adolescente. Belle, intelligente, drôle, sportive, perspicace, toute en simplicité... et pourtant parfois si seule... une porte ouverte au recrutement du Club Secret des salopes pimbêches de Magpies.

 

Et à mon avis cette réussite des personnages doit beaucoup au rythme du roman. En effet, dans la première moitié du roman, l'auteure prend bien le temps de la mise en place, la tension est présente, mais en filigrane, et on a donc tout le loisir de faire la connaissance d'Amelia & de Kate, et d'aimer (ou de détester) toutes celles et ceux qui gravitent autour d'elles. Et grâce aux flash-back, aux conversations et statuts Facebook, aux articles de blog et aux points de vue alternés entre Amelia et sa maman, les pièces du puzzle commencent à s'assembler, piano mais crescendo. Puis, dans les 150 dernières pages, on ne peut plus lâcher le roman, impossible. On veut savoir, on veut comprendre s'il s'agit bel et bien d'un suicide, ou d'un accident ou bien... Et Kimberly Mc Creight parvient à garder le secret jusque dans les toutes dernières pages.

 

En plus de cette tension, j'ai vraiment ressenti beaucoup d'émotions durant cette lecture, et j'avais constamment un poids sur la poitrine, effarée de découvrir toutes les formes pernicieuses et nauséabondes que pouvait prendre le harcellement scolaire. A faire froid dans le dos. Bouleversant et étouffant.

 

Enfin, même si on pourrait lui faire de petits reproches, comme le manque de crédibilité dans le travail de la police en binôme avec la maman, ou encore au sujet des motivations de certains adultes (au cours des révélations finales), il n'en demeure pas moins que je me suis régalée avec cette lecture.

 

 

En bref, je recommande, tout simplement.

 

 

Ma note : 4 b pn

 

 

Bonne (j'espère!) nouvelle, Nicole Kidman a acquis les droits d'adaptation cinématographique pour un film produit par HBO.

 

   

 

 

 

 

4ème lecture de la rentrée littéraire 2015

 

 

Partager cet article

Repost 0
31 août 2015 1 31 /08 /août /2015 14:42

 

 

 

 

 

 

Résumé : En détention on l'appelle "la Petite Barbare", elle a 20 ans et a grandi dans l'abattoir bétonné de la banlieue. L'irréparable, elle l'a commis en détournant les yeux. Elle est belle, elle aime les talons aiguilles et les robes qui brillent, les shots de vodka et les livres pour échapper à l'ennui. Avant, les hommes tombaient comme des mouches et elle avait de l'argent facile. En prison, elle écrit le parcours d'exclusion et sa rage de survivre. En jetant à la face du monde le récit d'un chaos intérieur et social, elle tente un pas de côté. Comment s'émanciper de la violence sans horizon qui a fait d'elle un monstre ? Comment rêver d'autres rencontres et s'inventer un avenir ? La Barbare est un bâton de dynamite rentré dans la peau d'une société du néant. Un roman brut et stupéfiant.

 

 

 

Je n’ai lu que des éloges et coups de cœur en série pour ce roman alors j’ai décidé de craquer mon portefeuille (17.40 € pour 154 pages, quand même !). Malheureusement pour moi, même si c’est un roman avec des qualités certaines, je regrette vraiment d’avoir cédé aux sirènes de la tentation.

 

Pourtant, du côté de l’écriture, on a là du très bon. La plume est au diapason de son héroïne, entre talons aiguilles et banlieue : la poésie et l’élégance côtoient une langue plus orale et familière, un mélange très réussi. En effet, cette « petite barbare » est enfermée entre les 4 murs d’une prison et elle lutte contre la difficulté de l’enfermement armée de papier et de stylo, afin de nous conter son histoire, depuis son enfance, en passant par les tours des cités et les Champs-Élysées, jusqu’au jour où tout bascule dans une cave sombre.

 

J’ai également apprécié l’éclectisme des références. On y croise aussi bien Nabilla-sans-culotte que la couronne de Kate Middleton, ou encore Kurt Cobain, Boris Vian, Henri Michaux (et son si beau « Tu t’en vas sans moi, ma vie ») jusqu’à la bouée de sauvetage de l’héroïne, « L’Amant » de Marguerite Duras, qui l’aide à garder espoir et qui offre quelques beaux passages. L’ensemble donne une espèce de long slam, rythmé et lancinant, truffé de vérités sur notre société, ses injustices et ses désillusions.


Malgré cette plume qui m’a séduite, je suis restée complètement extérieure à cette histoire. Je trouve que ce roman est un peu "creux", et qu'il pèche peut-être par sa taille ou par son absence d’originalité, ce qui fait qu’au bout du compte, je sais que dans quelques mois, j’aurai complètement oublié de quoi il retournait… En outre l’héroïne, sous ses airs de "poétesse kaïra", n’a pas su me toucher, je l’ai même trouvée plutôt fade malgré sa grande gueule,... tout comme l'histoire dans son ensemble : plutôt fade.

 

 

En bref, en ce qui me concerne, c’est bien écrit, mais loin d'être mémorable.

 

 

Ma note :

 

 

D'autres avis : des coups de coeur et éloges chez François Busnel ICI, chez LesChroniquesCulturelles ICI, chez le HallduLivreNancy ICI, chez Blablamania ICI, chez Dubruitdanslesoreilles ICI, chez Christophe Maris ICI, chez Christian Rappolt ICI, ou encore chez Armelle ICI. Bref, comme vous le voyez, il fait l'unanimité !

 

 

3ème lecture de la rentrée littéraire 2015

Partager cet article

Repost 0
26 août 2015 3 26 /08 /août /2015 07:00

 

 

 

Résumé : Tout commence par un avis de recherche, diffusé à la suite de la disparition d'une enfant de 8 ans. La photo est un choc pour une institutrice qui a bien connu cette gamine. Pour elle, pas de doute : cette Diana n'a pas été enlevée, elle est déjà morte, et ses parents sont coupables. Remontant le temps, le roman égrène les témoignages de ceux l'ayant côtoyée, enseignants, grand-mère et tante, médecins, assistants sociaux, gendarmes...

 

 

Dès le premier chapitre, on devine l'issue fatale de ce récit, tant la stupeur, la panique et le désespoir de l'institutrice qui découvre "l'avis de recherche" semblent profonds. Il est trop tard et on le sait.

 

Diana est une petite fille de 8 ans que les adultes ont échoué à protéger, et ce roman nous raconte le chemin qui a mené au désastre. La famille est hésitante, le personnel enseignant tire la sonnette d'alarme, et l'administration suit son cours, retranchée derrière ses procédures : on ouvre les yeux ou on les baisse, on hésite, on fait des rapports, on tente, on note, on frappe à toutes les portes, on interroge, on agit, on doute... Et pendant ce temps-là -interminable- Diana est maladroite. Très maladroite. Très très maladroite. Et plus elle est maladroite, plus le lecteur - complètement impuissant- a le coeur qui se serre et la gorge qui se noue. Un malaise lourd, collant et étouffant.

 

Du côté de la langue, on note une utilisation très particulière de la ponctuation -surtout du point, très peu présent- comme si les différents témoins avaient besoin de se décharger d'un poids, de dire enfin ce qui avait si longtemps été nié, tu ou minimisé. Parce que dans ce roman, les non-dits, à l'instar des silences de Diana, sont lourds de sens et de violence, ainsi que nous le montre par exemple cet unique paragraphe décrivant le quotidien de Diana, à travers les mots de son frère : il ne dit rien et pourtant il dit tout. La vérité brute, sans artifice.

 

Et quand on referme ce roman, on est un peu sonné. Ou beaucoup. L'effroi. Et on sait qu'il ne suffit pas de tourner la dernière page pour que cela s'arrête car des Diana, il y en a à tous les coins de rue.

 

En bref, un premier roman réussi et émouvant, d'ores et déjà finaliste du Prix Roman FNAC 2015.

 

 

Ma note : 4 b pn

 

 

2ème lecture de la rentrée littéraire 2015

 

 

Partager cet article

Repost 0
19 août 2015 3 19 /08 /août /2015 21:14

 

 

 

Résumé : Un parfum de scandale sexuel flotte dans le milieu universitaire depuis la mort, à New York, d'Irène Montès, une intellectuelle de renom. Alors qu'elle devait donner une importante conférence sur les gender studies, son cadavre a été retrouvé nu dans une chambre d'hôtel, au côté d'une poupée gonflable. Mais qui était-elle vraiment ? À travers les yeux de son mari, Léon Garry, professeur à la Sorbonne, la flamboyante personnalité d'Irène nous est peu à peu dévoilée, tout comme la relation trouble qui unissait les deux époux. Jadis mentor d'Irène, Léon était devenu son pantin, dans un théâtre de la cruauté qui le condamnait au rôle de voyeur. Jusqu'ou peut dériver un homme dont les fantasmes inassouvis brouillent la perception du réel et de l'imaginaire ?

 

 

 

Allez, c'est parti, en avant pour le cru 2015 de la rentrée littéraire, avec un premier roman, publié chez Julliard.

 

Le roman s'ouvre sur un prologue en forme de revue de presse, qui ancre immédiatement le récit dans le réel, à travers une dépêche AFP et les articles du Monde, de Métro ou encore de Libération, qui nous présentent l'affaire du Soho Grand Hôtel (nommément comparée à celle du Sofitel de DSK).

 

Les deux protagonistes sont un couple d'intellectuels, enseignants à la Sorbonne. Irène est une femme libérée, égoïste, jouissant d’être au centre de toutes les attentions (des hommes, de ses étudiantes, du monde universitaire de France et d’USA) pendant que son mari, Léon, étouffe et décline dans son ombre,... honteux, jaloux, humilié et meurtri, à en perdre la raison. Mais au fil de l'histoire, les rôles ne sont plus aussi manichéens et on ne sait plus que penser exactement d'eux et de leur relation malsaine.


L’écriture est très particulière, j’ai notamment été impressionnée par la capacité d’Anne Akrich à jongler entre différents styles : on navigue entre des litanies hypnotiques, une écriture hachée et tranchante, de belles lettres enflammées, et parfois, on a même l’impression d’être dans une pièce de théâtre avec ses didascalies. Une plume de talent, indéniablement.

 

Cependant, il manque selon moi à ce roman une vraie atmosphère noire et glauque : l’intrigue et les mots le sont, mais on ne se sent pas enveloppé dans cette noirceur contée, on reste à distance. Idem pour l’érotisme vendu en quatrième de couverture, il est plus dans les mots crus que dans une réelle ambiance. Plus l'histoire avance et plus elle est dérangeante, surtout quand la folie pointe le bout de son nez, gagne du terrain à chaque page, jusqu'à l'étouffement, et nous entraîne dans un tourbillon où il devient difficile de faire la part des choses entre réalité et paranoïa. Malheureusement pour moi, cette folie m'a un peu perdue en cours de route et j'ai terminé ma lecture extérieure à l'histoire. Quant à la fin, elle part dans une espèce de délire métaphorique olé olé qui ne m'a pas convaincue.

 


En bref, du bon et du moins bon pour ce récit dérangeant et sulfureux.

 

 

Ma note :

 

 

 

1ère lecture de la rentrée littéraire 2015

Partager cet article

Repost 0

Le petit grain de sel de Cajou

http://yelims1.free.fr/Animaux/Animaux23.gifPour chaque livre sur lequel j'écris un billet, j'attribue une note de plaisir (ou déplaisir) de lecture.


1_b_pn.jpg = J'ai détesté http://smileys.sur-la-toile.com/repository/M%E9chant/fache-censure.gif
 2_b_pn.jpg= Je n'aime pas http://smileys.sur-la-toile.com/repository/Triste/tristounet.gif
 3 b pn = J'ai apprécié mais... http://smileys.sur-la-toile.com/repository/Content/smile.png
4_b_pn.jpg = J'aime http://smileys.sur-la-toile.com/repository/Amour/0060.gif
 5_b_pn.jpg= J'adore !  http://smileys.sur-la-toile.com/repository/Respect/respect1.gif 

= Coup de coeur !

Trouver Un Billet

Rejoins-moi sur Facebook

Challenge GoodReads

2017 Reading Challenge

2017 Reading Challenge
Cajou has read 5 books toward her goal of 100 books.
hide

Nombre Visiteurs