3 mars 2017 5 03 /03 /mars /2017 12:17

 

 

 

Résumé : Samuel fête ses 35 ans, seul face à des assiettes vides. La déprime est proche. Il attrape alors son téléphone mais réalise qu'il n'a personne à qui parler. Soudain, un numéro lui revient en mémoire : celui de son enfance et de la maison du bonheur familial depuis trop longtemps disparu. Tiens, et s'il appelait ? À sa grande surprise, quelqu'un décroche. Et pas n'importe qui : c'est à lui-même, âgé de dix ans, qu'il est en train de parler ! Mais que dire à l'enfant que l'on était vingt-cinq ans plus tôt ? Finalement, chaque soir, à travers ce téléphone, Samuel va s'interroger : l'enfant que j'étais serait-il fier de ma vie ? Aurait-il vraiment envie de devenir l'adulte que je suis aujourd'hui ?

 

 

Cyril Massarotto est un auteur très cher à mon coeur qui m'avait conquise avec le sublime "La petite fille qui aimait la lumière" (mon billet ICI) et le bouleversant "Le Premier Oublié" (mon billet ICI) et c'est donc avec impatience que j'ai ouvert son dernier roman.

 

Le message de cette histoire est aussi inspirant qu'universel : est-ce que l'enfant que vous étiez il y a 25 ans serait fier de ce que vous êtes devenu ? A travers Sam et Samuel, on se rappelle avec bonheur qu'il faut toujours garder en tête ses rêves et espoirs d'enfants et ne pas laisser la vie vous les faire oublier. Puis qu'il faut profiter du temps qui nous est imparti pour mener sa barque et non laisser la vie décider pour nous.

 

Et comme toujours, Cyril Massarotto parsème son livre de pensées très justes et stimulantes, jouant avec talent entre émotion et réflexion. Dans cette histoire, on trouve Marcel et Marceline, un couple de M&M's septuagénaires et irrésistibles, un odieux connard de patron, un petit garçon très attachant qui va bientôt perdre sa maman, des blagues drôles (ou pas) (comme la grenouille qui a de l'eau jusqu'aux genoux) (ou Georges Michaël et son préservatif), un téléphone, le plus grand et le plus long câlin du monde, des vêtements pour chiens, 2 coups de boule et un "Ferme ta gueule" libérateurs, ou encore le demi-miracle d'une voix entendue après 25 ans d'absence. Du rire et des larmes aussi. Puis un joli mélange de légèreté et de profondeur.

 

Un bémol ? Une histoire d'amour carrément trop guimauve à mon goût, et pas mal d'éléments "prévisibles"/"bateau" mais ce n'est pas l'essentiel du roman, heureusement.

 

En bref, une lecture sympa.

 

 

Ma note :

 

 

D'autres avis : Cédrik Armen dans la dithyrambe et l'hyperbole presque mystiques ICI, 20/20 pour Val ICI et pour Didie ICI, Bouquinovore a adoré ICI, tout comme Hamisoitil ICI, et un coup de coeur pour PluiedeMots ICI.

 

 

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4 février 2017 6 04 /02 /février /2017 11:37

 

 

 

Résumé : Tout l'art de Jean Teulé résumé en 40 brèves nouvelles, détonantes, surprenantes, poétiques et drôles ! Pour échapper à l'atmosphère plombée qui nous étouffe, Jean Teulé a décidé d'aller voir les gens, de s'asseoir à leur table et d'écouter leurs histoires. Il n'a pas regretté le voyage. Ils sont incroyables, les gens. Ils sont capables de tout. Ou vont-ils chercher cette stupéfiante énergie ? Comment peut-on se montrer tour à tour si meurtris et si joyeux ? Être tout à la fois si tendres, émouvants et féroces. Ne jamais renoncer, ne jamais céder, toujours inventer, toujours rêver et toujours rire. Respirez ! À fond ! Et laissez vous emporter par la fantaisie malicieuse et cruelle de Jean Teulé qui dit l'extraordinaire des destins ordinaires.

 

Jean Teulé est un auteur dont la plume me plaît beaucoup et c'est donc avec envie que j'ai accueilli son dernier ouvrage, "Comme une respiration".

 

150 pages pour 40 micro-nouvelles, comme des instantanés du quotidien captés par son regard et retranscrits dans sa plume si caractéristique, faite de poésie et de force, mais aussi d'humour et de gouaille. On a l'impression que Jean Teulé se promène, carnet à la main, et note ses observations et pensées sur des petites scènes de la vie de tous les jours croisées çà et là. Le ton varie, du plus émouvant au plus loufoque, du dramatique au léger, et il nous fait également voyager à travers le monde, en France ou en Afrique.

 

Cependant, même si j'ai retrouvé avec bonheur le sens de la formule de Jean Teulé, j'ai trouvé que ça manquait vraiment de consistance. Car en lisant ces petits textes, j'ai souvent eu l'impression de rester en surface, à l'écart du plaisir un peu "égoïste" de l'auteur, et je n'ai pas trouvé de réelle unité à cet ensemble un peu fourre-tout.

 

En bref, une lecture sympa mais loin d'être indispensable.

 

Ma note :

 

D'autres avis : Jostein a beaucoup aimé ICI, tout comme L'ivresse littéraire ICI, et Karaokepda en redemande ICI.

 

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30 décembre 2016 5 30 /12 /décembre /2016 20:30

 

 

 

Résumé : Vic Howard a toujours été transparent, ignoré de tous, même de sa propre mère. Un soir, alors qu’il s’ennuie à une fête, il remarque que Callie, une fille de son lycée, a beaucoup trop bu. Il décide de lui venir en aide. Au matin, la police sonne chez Vic : Callie a été violée, il est le principal suspect. Du jour au lendemain, il est le centre de l’attention, tous le considèrent coupable. Sauf Autumn, la meilleure amie de la victime, qui compte bien s’allier à Vic pour découvrir une vérité que tout le monde préfère taire.

 

 

Ayé ayé, me revoilà après une panne de lecture de 6 semaines... Et c'est ce petit roman Young Adult qui m'a sorti la tête hors de l'eau.

 

En effet, voilà une histoire qui se lit toute seule, et qui plaira à beaucoup d'ados, notamment en raison de sa narration efficace, et de son histoire d'amour adorable. Mais également grâce à son thème -le viol- traité de façon juste et intelligente : on est confronté à ce qui se passe du côté de la victime, mais également des suspects et du coupable.

 

Quant aux personnages, ils sont plutôt réussis et attachants, même s'ils sont (très) stéréotypés, avec Brett le beau gosse adulé, Vic le gars différent et à l'écart, ou encore la fille sexy, Autumn (qui est vraiment un très beau personnage !).

 

Néanmoins, si j'avais été tout à fait séduite par le précédent roman de Kelley York ("Sous la même étoile", mon avis ICI), j'ai un peu moins vibré pour celui-ci, notamment en raison des rouages un peu trop gros et "téléphonés" à mon goût. En effet, pas mal d'événements, de réactions, voire de rebondissements sont beaucoup trop prévisibles, et c'est dommage.

 

En bref, un Young Adult sympa.

 

Ma note

 

 

D'autres avis : 19/20 pour Justine ICI, Mylène a également adoré ICI, et une excellente lecture pour Val ICI.

 

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24 octobre 2016 1 24 /10 /octobre /2016 13:06

 

 

Résumé : Hugo Mars, 17 ans, n'est pas un adolescent comme les autres. Atteint d'un mal étrange, le syndrome du papillon – il est incapable de faire des choix –, il est interné en hôpital psychiatrique après avoir voulu sauter d'une fenêtre du lycée. Mais la vie est parfois surprenante. Car c'est justement dans cet établissement pourtant réputé difficile qu'il fait la plus belle rencontre de son existence. Celle de Morgane Saint-James, une jeune fille aux cheveux roux et aux yeux verts perçants, gothique et lunaire, qui ne s'intéresse qu'aux génies. Hugo tombe aussitôt sous son charme et, grâce à sa compagnie, reprend peu à peu goût à la vie. Mais un jour la jeune fille quitte l'hôpital sans laisser d'adresse, et Hugo décide de la retrouver coûte que coûte. S'ensuit alors une folle odyssée dans Paris, à la recherche de cette fleur sauvage qui a su apprivoiser son cœur.

 

 

J'ai toujours entendu tellement de bien de l'écriture et de l'univers de Maxence Fermine que dès que j'ai découvert le résumé alléchant de ce roman, je n'ai pas hésité. Malheureusement, je ressors de cette histoire plutôt déçue.

 

Déçue parce que si j'ai trouvé ça tout léger et tout mignon durant le premier tiers, ça m'a ensuite semblé survolé, voire même parfois creux : on est en hôpital psychiatrique et pourtant on n'apprend pas grand chose sur cet univers. Pareil pour les personnages : Morgane Saint-James est gothique et lunaire mais seulement dans la description initiale que nous en fait Hugo lors de leur rencontre parce qu'après, certes ses troubles autistiques la rendent poétique, différente, voire magnétique, mais ça reste assez superficiel et jamais on n'apprend vraiment à la découvrir, tout comme Hugo Mars. Dans le reste de l'histoire, d'autres sujets sont abordés de la même façon, en surface : les SDF, le suicide, les quartiers de Paris ou encore le monde des People.

 

Encore un mot sur le style : le héros s'adresse au lecteur dans une espèce de journal de bord consacré à son séjour en HP, et du coup la langue est très parlée (absence du "ne" de la négation systématique, vocabulaire parfois familier et pseudo "djeuns", etc.). Ce n'est pas mal fichu, cependant, on trouve également ça et là du vocabulaire très soutenu dans sa bouche et cela crée un ensemble assez disparate et pas vraiment crédible.

 

Finissons tout de même sur une note positive : j'ai apprécié les clins d'oeil à "L'écume des jours", aux Asperger célèbres, à Michel Drucker, à Muse, à Tim Burton ou encore à Van Gogh. Et j'ai trouvé l'histoire d'amour assez mignonne, ce qui fait que j'ai lu ce roman sans déplaisir, mais pas sûre qu'il m'en reste quoi que ce soit d'ici quelques mois (semaines?).

 

 

Ma note :

 

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10 octobre 2016 1 10 /10 /octobre /2016 10:30

 

 

 

Résumé : Élevées dans une secte refusant toute technologie, les soeurs siamoises Taema et Tila rêvent d’une vie libre. À 16 ans, elles fuient à San Francisco, où elles sont séparées et dotées chacune d’un coeur artificiel. Dix ans plus tard, Tila rentre un soir chez sa jumelle, terrifiée et couverte de sang. Elle est arrêtée pour meurtre – le premier commis par un civil depuis des années. Tila est soupçonnée de frayer avec le Ratel, organisation criminelle impliquée dans le trafic d’une drogue interdite. Une substance permettant d’assouvir les pulsions les plus violentes… dans les rêves. Taema a la possibilité de se faire passer pour sa soeur afin de l’innocenter mais, autrefois incapables de se mentir, les jumelles vont découvrir le véritable prix des secrets…

 

 

Même si j'ai apprécié découvrir un nouveau monde futuriste né de l'imagination de Laura Lam, je n'ai pas réussi à profiter du voyage de "Coeurs artificiels"  comme je l'aurais souhaité. En effet, j'ai eu un peu de mal avec la langue pour 2 raisons : tout d'abord, je l'ai trouvée un peu froide et mécanique, m'empêchant de me laisser tout à fait immerger dans l'histoire, et d'autre part, j'ai trouvé la traduction peu efficace en ce qui concerne les néologismes sciencefictionnesques, que j'ai trouvés un peu enfantins (Globpuce, Zèle et Verve, duplicateur de cuisine, marchand de chairs, voitures volantes, Revig, etc.) faisant perdre à mes yeux un peu de crédibilité à toutes ces innovations scientifiques et technologiques.

 

Pourtant, le sujet m'a souvent intéressée avec ses petits airs à la "Minority Report", dans toute cette réflexion sur la (pseudo) non-violence et l'éradication du crime, à la "Inception", avec ces drogues "exutoires" provoquant des rêves éveillés ou encore à la "Matrix" avec ce réseau de "rebelles" souterrain. Les thèmes abordés sont nombreux comme l'uniformisation, la géméllité, l'opposition entre naturel/artificiel, les sectes, la sexualité,... bref tout un programme. Peut-être trop pour un seul roman ?

 

J'ai également trouvé le rythme inégal et les débuts m'ont notamment paru bien longs avec toutes ces explications fournies par Taema et Tila. Laura Lam fait alterner les voix des deux soeurs siamoises, et c'est plutôt efficace pour découvrir à la fois l'intrigue et les flashbacks consacrés à leur enfance, mais cela n'a pas suffi à me séduire totalement. Ajoutons encore que je n'ai jamais réussi à vraiment m'attacher aux héroïnes, peut-être parce que je trouvais leurs différences (l'extravertie et l'introvertie) trop artificielles.

 

Je pourrais aussi parler des quelques incohérences, du manque de vraisemblance de certains rebondissements ou encore de cet univers futuriste original mais trop survolé à mon goût... mais vous avez compris l'idée : mi-figue mi-raisin, en ce qui me concerne.

 

 

Ma note :

 

 

D'autres avis : très original et bien mené pour Songe d'une nuit d'été ICI, un billet très positif chez Culturellementvôtre ICI, un excellent moment pour Lulailis ICI, et sur Yozone, on est plus mitigé ICI.

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18 septembre 2016 7 18 /09 /septembre /2016 11:50

 

 

 

Résumé : Ce soir, Caumes a 17 ans et attend le déluge. Il ne sait qu'une chose : à la fin de l'année, il quittera sa ville natale pour rejoindre son frère aîné à Paris. Paris, la ville rêvée. Ce soir, Caumes a 17 ans et attend aussi le miracle qui, à son grand étonnement, survient : Esther – sujet de tous ses fantasmes – se décide enfin à lui adresser plus de trois mots, à le regarder droit dans les yeux et à laisser deviner un « plus si affinités »... Nous sommes le mardi 6 janvier 2015 et le monde de Caumes bascule : le premier amour s'annonce et la perspective obsédante de la « première fois ». Sauf que le lendemain, c'est la France qui bascule à son tour : deux terroristes forcent l'entrée du journal Charlie Hebdo et font onze victimes...
 

 

 

Dans ce roman, on suit donc Caumes, lycéen de 17 ans, durant 6 jours. Six jours durant lesquels il vit son premier amour. Six jours de janvier 2015 où la France bascule dans l'effroi. Six jours entre amour et mort, six jours entre bonheur et terreur.

 

Le pitch me tentait beaucoup et pourtant, même s'il n'est pas mauvais, je ressors un peu déçue par cette lecture à laquelle je suis restée assez extérieure en raison de plusieurs éléments.

 

Tout d'abord il y a la langue : ça parle (faussement) djeuns, c'est parfois inutilement vulgaire ("Ma bite enfle et commence à mouiller" ou "Mes doigts seraient quand même bien plus utiles dans la chatte d'Esther") et j'ai trouvé que ce style artificiel décrédibilisait ces portraits d'ados. Ajoutons encore plusieurs dialogues (notamment entre adultes et ados) qui sonnaient tout à fait faux à mon oreille, et vous comprendrez que j'ai eu du mal à me laisser porter par l'histoire.

 

Quant aux personnages, si j'ai beaucoup aimé le personnage d'Esther, sa sensibilité et son humour, je les ai trouvés trop caricaturaux : on a Hakim, l'Arabe racketé et harcelé, Caumes, le petit Français bien blanc, Esther, l'amoureuse juive, Kevin le complotiste, sans oublier Nicolas, le petit facho-raciste-FN de service. Je comprends bien qu'à travers tout cela, l'auteur nous raconte la mixité sociale de la France, mais j'ai trouvé que ça manquait de finesse.

 

Quant à la réflexion sur le rôle des médias, sur cette overdose d'informations qui anesthésie la population devant son téléviseur, elle est intéressante mais reste en surface, tout comme cette réflexion sur le vivre ensemble et la France "black-blanc-beur" : survolé.

 

Je me rends compte que j'énumère ce qui m'a dérangée mais que j'oublie de vous dire que c'est quand même une jolie histoire d'amour ("Comment garder le goût d'un baiser ?") et que ça touchera plus d'un lecteur de revivre ces terribles jours noirs de janvier 2015.

 

En bref, il n'y a pas eu d'étincelle entre ce roman et moi.

 

 

Ma note :

 

 

D'autres avis : tous les lecteurs sont unanimes, coup de coeur pour Karen ICI, Pretty Books a adoré ICI, un énorme coup de coeur pour Kaecilia ICI, une claque monumentale pour Mademoiselle Bouquine ICI, et un coup de coeur pour Enjoybooks ICI.

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12 septembre 2016 1 12 /09 /septembre /2016 15:28

 

 

 

 

Résumé : Ils sont gardiens de la paix. Des flics en tenue, ceux que l’on croise tous les jours et dont on ne parle jamais, hommes et femmes invisibles sous l’uniforme. Un soir d’été caniculaire, Virginie, Érik et Aristide font équipe pour une mission inhabituelle : reconduire un étranger à la frontière. Mais Virginie, en pleine tempête personnelle, comprend que ce retour au pays est synonyme de mort. Au côté de leur passager tétanisé, toutes les certitudes explosent. Jusqu’à la confrontation finale, sur les pistes de Roissy-Charles-de-Gaulle, où ces quatre vies s’apprêtent à basculer. En quelques heures d’un huis clos tendu à l’extrême se déploie le suspense des plus grandes tragédies. Comment être soi, chaque jour, à chaque instant, dans le monde tel qu’il va ?

 

 

J'ai beaucoup aimé le portrait psychologique très fin de ces 4 personnages, 3 hommes et une femme, tous remplis de désillusions chacun à leur façon. J'ai trouvé que Virginie, cette policière, sonnait très juste sous les mots d'un auteur masculin : vie de couple, vie intime, vie professionnelle... tous les pans de sa vie sont on ne peut plus crédibles et loin de toute caricature. Quant au personnage de ce réfugié Tadjik dramatiquement mutique, waouh, quelle intensité derrière ce silence.

 

Aux côtés de ces trois flics, Hugo Boris nous plonge dans un huis clos intelligent, tout en non-dits, riche en émotions, en nous donnant l'impression d'être le cinquième passager de cette voiture de police sous tension. Virginie, Aristide et Érik font juste leur travail, mais leur conscience les titille, peut-être parce que leurs propres vies ne sont pas à la hauteur de leurs aspirations : ils vont alors se mettre à tergiverser et à douter...

 

Quant à la plume, je l'ai trouvée très élégante et fluide, un vrai plaisir de lecture durant ces 32 chapitres très courts.

 

Malgré toutes ces qualités certaines, j'ai terminé ce roman avec un sentiment d'incomplètude : on découvre les personnages, on s'attache vite à eux et on les quitte abruptement, avec l'impression de les avoir juste croisés le temps de quelques tours de gyrophare, ... et on reste là les bras ballants au bord de la route.

 

 

En bref, très bien fichu, très bien écrit, mais un goût de trop peu pour moi.

 

 

Ma note :

 

 

D'autres avis : coup de coeur pour Antigone ICI, un roman passionnant pour Alex ICI, et La Fée Lit totalement convaincue aussi ICI.

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26 août 2016 5 26 /08 /août /2016 03:22

 

 

 

 

Résumé : Nord de la Californie, fin des années 1960. Evie Boyd, quatorze ans, vit seule avec sa mère. Fille unique et mal dans sa peau, elle n'a que Connie, son amie d'enfance. Lorsqu'une dispute les sépare au début de l'été, Evie se tourne vers un groupe de filles dont la liberté, les tenues débraillées et l'atmosphère d'abandon qui les entoure la fascinent. Elle tombe sous la coupe de Suzanne, l'aînée de cette bande, et se laisse entraîner dans le cercle d'une secte et de son leader charismatique, Russell. Caché dans les collines, leur ranch est aussi étrange que délabré, mais, aux yeux de l'adolescente, il est exotique, électrique, et elle veut à tout prix s'y faire accepter. Tandis qu'elle passe de moins en moins de temps chez sa mère et que son obsession pour Suzanne va grandissant, Evie ne s'aperçoit pas qu'elle s'approche inéluctablement d'une violence impensable...

 

 

"The Girls" est le premier roman d'Emma Cline, et je pense qu'il va faire grand bruit dans cette rentrée littéraire tant il est souvent percutant, notamment en raison de son sujet. En effet, l'auteure a choisir de s'inspirer librement de la tristement célèbre secte de Charles Manson.

 

Ce roman psychologique nous propulse donc en 1969, près de San Francisco, dans cette vague de vie en communauté, où règnent amour et harmonie, sexe et drogues à gogo et liberté insolente. On y découvre Evie, une jeune fille sans éclat de 14 ans, mal dans sa peau, à la vie  morne, qui va croiser le chemin d'une bande de jeunes filles, nimbées d'une aura mystérieuse, presque surnaturelle et magnétique. Et Evie, flattée et grisée par cet intérêt, constitue une proie idéale et une cible enthousiaste pour Russel, gourou solaire, admiré et idolâtré.

 

Et cette histoire est servie par une plume très belle, tout aussi soignée que maîtrisée (bravo au traducteur), mais surtout très forte, car l'auteure réussit très rapidement à plonger le lecteur dans un état de malaise poisseux et collant (que j'ai beaucoup aimé), qui ne se dissipera pas avant d'avoir tourné la dernière page.

 

En effet, ce roman est tout sauf lisse : on est toujours dans l'avidité, le besoin, la pulsion, et l'excès. L'atmosphère est souvent malsaine et dérangeante, et certaines scènes sont dures, comme celle d'une adolescente offerte dans l'espoir d'un contrat, ou celle d'une fillette qui prend de l'acide. Un livre à ne pas mettre entre des mains innocentes.

 

Cependant pour que ce roman m'emporte, il m'a manqué un rythme plus resserré car j'ai trouvé que certaines parties tiraient un peu en longueur, perdant ainsi parfois un peu mon intérêt, et me donnant l'impression d'observer cette histoire en spectatrice plutôt que de la vivre comme je l'aurais souhaité.


En bref, un premier roman fort.

 

 

Ma note :

 

 

Pour Noukette, avec qui je partage cette lecture, c'est "féroce et brillant, à lire d'urgence !". Son avis complet ICI.

 

D'autres avis : Pretty Books a abandonné sa lecture à cause du malaise ressenti ICI, Léa Touch Book a apprécié ICI et un coup de coeur à lire d'urgence pour Tachas ICI.

 

 

 

"Pauvre Sasha. Pauvres filles. Le monde les engraisse

avec des promesses d'amour. Elles en ont terriblement

besoin et la plupart d'entre elles en auront si peu"

(p. 142)

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8 août 2016 1 08 /08 /août /2016 09:27

 

 

 

Résumé : Etats-Unis, 1959. Lorsque Paul est muté à Idaho Falls, sa femme, Natalie, et leurs deux petites filles s’installent avec lui dans une base militaire au milieu du désert. Au cœur de cette communauté isolée, il est difficile de se lier d’amitié et dangereux de se faire des ennemis. Dans un climat étouffant de secrets et de trahison, leur mariage résistera-t-il aux tensions qui montent inexorablement ?

 

 

Ce premier roman nous plonge dans l’Amérique de la fin des années 1950 et nous dessine le portrait d’un jeune couple, Paul et Nat Collier. Et comme le dit très justement la quatrième de couverture, cette histoire a une ambiance similaire à celle de « La fenêtre panoramique » de Richard Yates.

 

On croise entre ces pages des militaires et leurs épouses, ainsi que quelques habitants de ce petit bled d’Idaho Falls. Les épouses ne sont pas sans faire penser aux célèbres Desperate Housewives, sauf qu’elles sont beaucoup moins sympas : commérages, jalousies, secrets, pas facile pour la pétillante Nat de se faire une place au milieu de ce nid de vipères. Surtout que Nat est trop libre pour son époque (à l’image d’une des premières scènes du roman, magnifiquement illustrée sur la couverture) et elle a bien du mal à aller à contre-courant du conformisme de son mari, de toutes ces règles d’apparence et de bienséance, et du couple qui règne en maître sur ce groupe, Jeannie et Mitch Richards, tous deux aussi imbuvables qu’hypocrites.

 

L’autre thématique du roman est celle de la naissance de la recherche sur l’énergie nucléaire aux États-Unis, avec les balbutiements sécuritaires qui sont loin de prendre suffisamment au sérieux les risques liés à ce progrès. Très intéressant. Et pendant tout le roman, entre incompétences et inconscience, le danger couve, pesant de tout son poids sur cette communauté, et particulièrement sur la vie de Nat et de Paul.

 

Bien que j’aie apprécié cette lecture d’un bout à l’autre, j’ai trouvé que le rythme était trop inégal : 300 premières pages assez lentes, et un dernier quart tout à fait explosif. En outre, j’ai ressenti un goût de trop peu dans le développement des personnages : ils sont tous réussis mais j’ai trouvé que leur peinture n’était pas assez complète et était assez décousue.

 

En bref, un premier roman prometteur.

 

 

Ma note :

 

 

D'autres avis : Ingrid a adoré ICI.

 

 

Et pour vous mettre dans l'ambiance, quelques photos de Reese Whiterspoon incarnant June Carter, à qui est comparée l'héroïne, Nat.

 

 

 

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3 août 2016 3 03 /08 /août /2016 19:39

 

 

 

RésuméSi ce n’étaient ses cicatrices et les photos étranges qui tapissent les murs de son bureau, on pourrait dire d’Abigaël qu’elle est une femme comme les autres. Si ce n’étaient ces moments où elle chute au pays des rêves, on pourrait jurer qu’Abigaël dit vrai. Abigaël a beau être cette psychologue qu’on s’arrache sur les affaires criminelles difficiles, sa maladie survient toujours comme une invitée non désirée. Une narcolepsie sévère qui la coupe du monde plusieurs fois par jour et l’emmène dans une dimension où le rêve empiète sur la réalité. Pour les distinguer l’un de l’autre, elle n’a pas trouvé mieux que la douleur. Comment Abigaël est-elle sortie indemne de l’accident qui lui a ravi son père et sa fille ? Par quel miracle a-t-on pu la retrouver à côté de la voiture, véritable confetti de tôle, le visage à peine touché par quelques bris de verre ? Quel secret cachait son père qui tenait tant, ce matin de décembre, à s’exiler pour deux jours en famille ? Elle qui suait sang et eau sur une affaire de disparitions depuis quelques mois va devoir mener l’enquête la plus cruciale de sa vie. Dans cette enquête, il y a une proie et un prédateur : elle-même...

 

 

 

Une sacrée aventure de lecture que ce roman : en effet, dans "Rêver", Frank Thilliez ne laisse d'autre choix au lecteur que d'être attentif tout le temps et au moindre détail, notamment en raison de la narcolepsie dont souffre l'héroïne, qui l'empêche de distinguer rêve et réalité, mais également en raison de la narration faisant des aller-retour continuels entre décembre 2014 et juin 2015. Et forcément, le lecteur se perd en hypothèses et conjectures de toutes sortes. Une lecture 100 % participative donc.

 

Outre cette atmosphère à la sauce "Inception", les passages qui m'ont le plus intéressée sont ceux mettant en scène les épisodes de catalepsie et de narcolepsie d'Abigaël Durnan : très intéressants. Et tout aussi effrayants. Quant à l'enquête sur ce tueur en série, elle est également addictive.

 

Toutefois, la fin ne m'a pas convaincue : des motivations et un modus operandi un peu "too much" et olé-olé à mon goût... Un peu comme un cheveu sur la soupe. Je me demande également pourquoi les indices étaient si nombreux sur l'identité de la petite Cendrillon... c'est quand même dommage, au sein d'un roman aussi bien réfléchi et ficelé. J'aurais préféré me tromper à ce sujet.

 

Anyway, une histoire qui m'a étonnée par sa construction, laissant deviner un patient travail de fourmi de la part de son auteur.

 

 

En bref, une fin trop "isolée" du reste à mon goût mais un roman prenant.

 

 

Ma note :

 

 

D'autres avis : Un thriller captivant à lire absolument pour Karline ICI, un avis en demi-teinte pour Lucie ICI, Stéphanie-Plaisir de lire a un avis similaire au mien ICI, Lucy s'est profondément ennuyée ICI, et Scarlett a été bluffée ICI.

 

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15 juillet 2016 5 15 /07 /juillet /2016 07:00

 

 

 

 

Résumé : « Ce matin, je suis mort. J’ai mis un point final à cette vie. » Dans leur maison, une mère de famille et ses deux enfants viennent d’apprendre la mort accidentelle de leur mari et père. Tout à leur souffrance, comment pourraient-ils se douter qu’ils sont épiés jour et nuit, que des caméras et des micros enregistrent chacun de leurs gestes et chacune de leurs paroles ? Que celui qui les observe n’est autre que leur cher disparu ? Bien vivant, à quelques rues de là, il tient froidement un journal dont les mots se nourrissent de leurs larmes. Voyeur de la douleur des siens, manipulateur de leur détresse, celui dont l’existence se limite aux pages qu’il noircit jour après jour invite le lecteur à devenir complice de son jeu littéraire…

 

 

Je suis régulièrement les publications sur Twitter & Facebook de Monsieur Le Prof dont j'aime beaucoup l'humour, alors forcément, je n'ai pas résisté au pitch de son roman.

 

L'avant-propos nous explique comment est née cette histoire, sur un blog en 2010, où le narrateur, après avoir simulé sa propre mort, racontait au jour le jour à ses lecteurs comment il observait les réactions de Patricia, sa femme et de Thomas/Sophie, ses 2 enfants, à l'aide de caméras/micros déposées par ses soins dans toute sa maison.

 

Derrière cette mise en scène un peu morbide et cruelle, l'ensemble offre une réflexion sur la solitude de l'être humain, sur la vacuité du quotidien et sur le néant qui s'insinue partout. Chaque chapitre est très court et correspond à un billet de blog entre le 13 janvier et le 28 février 2010 : ça se lit d'une seule traite grâce à ce rythme très "2.0"

 

Mais pour que je sois convaincue, il m'a manqué une étincelle, et un ton réellement mordant ou cynique plutôt qu'un peu tiède. Je pense également que le format "papier" a fait perdre en tension dramatique par rapport à la parution en "épisodes" sur le blog, car EXIT l'attente et le suspense initiaux.

 

Sans être transcendant, le dernier chapitre "Rideau" est plaisant, comme un dernier pied de nez. Idem pour les dernières pages où l'auteur nous retranscrit quelques commentaires postés sur son blog, des plus naïfs aux plus agressifs.

 

De façon générale, même si l'idée de départ est très sympa, c'est trop gentiment philosophico-réflexico-introspectif ; pas assez caustique ; et le passage blog/papier est contreproductif.

 

En bref, la moyenne.

 

 

Ma note :

 

 

D'autres avis : un vrai coup de coeur pour AurélieBouquine ICI, BookPlaisir n'a pas du tout aimé ICI, 20/20 pour Des plumes et des livres ICI, et UnChocolatDansMonROman est plutôt mitigée ICI.

 

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13 juillet 2016 3 13 /07 /juillet /2016 18:08

 

 

 

 

Résumé : 1951. Tilly Dunnage est de retour. La petite bâtarde autrefois chassée de chez elle par les préjugés et l’hostilité des bien-pensants est devenue une jeune femme incroyablement élégante et provocante, pour qui le style et le chic de Paris n’ont plus aucun secret. Elle affole les hommes et suscite l’envie des femmes. Sa revanche, elle la tient : toutes celles qui aujourd’hui encore la méprisent veulent à tout prix ses conseils, et ses robes. Tilly coud. Tilly coupe. Mais, en fait, Tilly prépare en secret le grand finale qui vengera son enfance blessée et lui rendra sa dignité.

 

 

Ce roman a reçu "Le Prix du Meilleur Livre" en Australie l'année de sa parution, et le résumé m'a tout de suite charmée, tout comme le fait de trouver Kate Winslet sur la couverture.

 

Ça aurait pu être un roman parfait pour l'été, mais au bout du compte, je ressors de cette lecture tout à fait déçue, et j'ai vraiment du mal à croire que ce roman ait été élu "meilleur roman de l'année", arf. Alors, certes, le pitch est vraiment réussi, et la trame de l'histoire est très belle. Sauf que j'ai trouvé que ce roman était mal construit, empêchant ainsi la naissance de toute intensité dramatique et émotionnelle.

 

On peut parler par exemple des 30 premières pages où l'on nous présente à toute vitesse une trentaine de personnages, et où le lecteur a vraiment du mal à suivre qui est qui, tant tout est brouillon. Et justement, du côté de ces personnages, ils ne sont aucunement développés, ce sont souvent juste des stéréotypes du méchant, de la garce, de la gentille, de la prétentieuse, de l'idiote, etc. Sympas mais pas assez convaincants.

 

Au niveau du rythme, même problème de construction : ça traine parfois en longueur durant des pages pour pas grand chose et quand il se passe un événement intéressant, c'est survolé, comme l'histoire de Teddy et Tilly. Quant à la fin, euh, ça part dans tous les sens, et de la comédie de moeurs du début, on tombe dans une espèce de comédie burlesque (et WTF).

 

Heureusement, le fait de m'imaginer l'héroïne sous les traits de Kate Winslet et de visualiser toutes ces robes plus somptueuses les unes que les autres a sauvé ma lecture du fiasco.

 

En bref, j'ai hâte de regarder l'adaptation "The Dressmaker" (2015) qui a d'excellentes critiques, et en ce qui concerne ce roman, pas grand chose à en retenir.

 

Ma note :

 

 

D'autres avis : J'attends impatiemment que d'autres lectrices (PrettyBooks!) le lisent pour pouvoir échanger avec elles !

 

 

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Le petit grain de sel de Cajou

http://yelims1.free.fr/Animaux/Animaux23.gifPour chaque livre sur lequel j'écris un billet, j'attribue une note de plaisir (ou déplaisir) de lecture.


1_b_pn.jpg = J'ai détesté http://smileys.sur-la-toile.com/repository/M%E9chant/fache-censure.gif
 2_b_pn.jpg= Je n'aime pas http://smileys.sur-la-toile.com/repository/Triste/tristounet.gif
 3 b pn = J'ai apprécié mais... http://smileys.sur-la-toile.com/repository/Content/smile.png
4_b_pn.jpg = J'aime http://smileys.sur-la-toile.com/repository/Amour/0060.gif
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